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Le devoir est-il une loi de la raison ?

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• La notion de devoir nous renvoie à celle de commandement: il y a devoir parce que quelqu'un nous ordonne quelque chose. La religion, quelle qu'elle soit, énonce de tels commandements, «Tu ne tueras point», ou «Aimez-vous les uns les autres», par exemple. • Le fondement du devoir est ici extérieur au sujet: le commandement est transcendant, il vient de Dieu lui-même, et l'homme doit s'y plier sous peine de châtiment. Le prophète ou le saint servent d'exemples extérieurs aux hommes, sur lesquels ils puissent régler leur conduite. Pour le chrétien, il faut imiter le Christ, tâcher de lui ressembler («comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez... »), pour appartenir à l'Église et mériter la vie éternelle.      

« «Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres.» Parole de Jésus-Christ, Évangile selon saint jean, (Ier siècle ap.

J.C.). • La notion de devoir nous renvoie à celle de commandement: il y a devoir parce que quelqu'un nous ordonne quelque chose.

La religion, quelle qu'elle soit, énonce de tels commandements, «Tu ne tueras point», ou «Aimezvous les uns les autres», par exemple. • Le fondement du devoir est ici extérieur au sujet: le commandement est transcendant, il vient de Dieu lui-même, et l'homme doit s'y plier sous peine de châtiment.

Le prophète ou le saint servent d'exemples extérieurs aux hommes, sur lesquels ils puissent régler leur conduite.

Pour le chrétien, il faut imiter le Christ, tâcher de lui ressembler («comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez...

»), pour appartenir à l'Église et mériter la vie éternelle. Le devoir est une loi de la raison. «Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen.» Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs (1785). Kant, comme tous les grands penseurs du «siècle des lumières », est un humaniste.

Il ne saurait admettre que la morale se réduise à l'obéissance à un principe extérieur à la personne humaine, que ce principe soit un Dieu transcendant qui nous donnerait des ordres sans les justifier ou qu'il soit un État autoritaire qui opprimerait ses sujets sous prétexte de les diriger.

La morale kantienne exclut l'idée que nous puissions être régis par un autre que nous-même.

Elle exclut l'hétéronomie.

C'est la personne humaine elle-même qui est la mesure et la source du devoir.

L'homme est le créateur des valeurs morales, il dirige lui-même sa conduite sans quoi l'agent moral n'agirait pas mais serait agi.

Telle est l'exigence kantienne d'autonomie. Mais Kant n'est pas seulement un philosophe humaniste du XVIIIe siècle.

Il est aussi le fils d'une mère piétiste (le piétisme est un luthéranisme fervent et très austère).

Élevé dans l'idée que la nature humaine est corrompue par le péché, Kant se méfie des passions, de la sensibilité, des tendances spontanées.

La morale du sentiment telle qu'il l'a découverte chez les moralistes anglais de son époque et chez Rousseau l'inquiète.

La morale de l'intérêt lui eût fait horreur.

D'un mot, s'il se refuse à fonder les valeurs sur un principe extérieur à la personne humaine, il ne veut pas davantage les subordonner à la nature, aux tendances, à la sensibilité.

Le principe du devoir sera pour Kant la pure raison.

Comme chez Rousseau (qu'il a lu attentivement), c'est la conscience qui sera pour Kant la source des valeurs.

Mais il ne s'agit plus d'une conscience instinctive et sentimentale, la conscience morale selon Kant n'est rien d'autre que la raison elle-même. 1° LE FORMALISME DE KANT Le bien pour Kant n'est jamais un objet.

Ni la santé, ni la richesse, ni l'intelligence ne sont indiscutablement des biens car tout dépend de l'usage bon ou mauvais que je déciderai d'en faire.

Une seule chose est bonne inconditionnellement (toutes les consciences sincères l'accordent), c'est la bonne volonté, autrement dit l'intention morale.

Voici deux commerçants qui ont établi un prix fixe, le même pour tout le monde si bien qu'un enfant achète chez eux à tout aussi bon compte que n'importe qui.

Ces deux commerçants agissent identiquement.

La matière de leur acte est la même.

Mais la forme de l'acte peut différer.

L'un d'eux par exemple n'agit conformément au devoir que par intérêt pour conserver une nombreuse clientèle.

L'autre ne se contente pas d'agir conformément au devoir, il agit par pur respect pour la loi morale.

C'est ce dernier seul qui agit moralement, c'est-à-dire dans une bonne intention.

Pour Kant le contenu matériel de l'acte n'est pas ce qui détermine le jugement moral.

Ainsi «ce qui fait que la bonne volonté est telle ce ne sont pas ses oeuvres ou ses succès».

Il n'y a que l'intention qui compte, et alors même que la bonne intention «dans son plus grand effort n'aboutirait à rien, elle n'en brillerait pas moins, ainsi qu'un joyau, de son éclat à elle comme quelque chose qui a en soi sa valeur tout entière». 2° LE RIGORISME DE L'IMPÉRATIF CATÉGORIQUE A partir de là nous comprenons qu'un impératif hypothétique (celui qui est soumis à une condition) n'est pas un impératif moral (par exemple : ne vole pas si tu ne veux pas aller en prison).

L'impératif moral est toujours catégorique, c'est-à-dire sans condition (ne mens pas, aime ton prochain comme toi-même !) Par là l'impératif catégorique est universel et ne saurait changer avec les circonstances. Il reste à se demander comment il se fait que la conscience morale qui se confond avec notre raison s'exprime sous la forme d'un impératif, d'un ordre brutal.

C'est que l'homme n'est pas seulement un être raisonnable.

II est un être. »

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