LA VERITE DANS LA PHILOSOPHIE ANTIQUE ET MEDIEVALE PARMENIDE ET HERACLITE
Publié le 30/03/2026
Extrait du document
«
LA VERITE DANS LA PHILOSOPHIE ANTIQUE ET MEDIEVALE
PARMENIDE ET HERACLITE
Selon l'historien de la philosophie Edouard Zeller, on peut distinguer deux périodes dans la
philosophie présocratique : pour les premiers ioniens (Thales, Anaximandre,...), les
pythagoriciens et pour Parménide, la question fondamentale est celle de la substance des
choses : de quoi sont faites les choses? À partir d'Héraclite, "la question fondamentale est
celle des principes du devenir et du changement".
De Parménide, il nous reste des fragments
de son poème De la Nature, dans lequel il oppose nettement deux voies de recherche : l'une
est "le chemin de la certitude qui accompagne la vérité", l'autre est "ce qui se pense selon les
opinions humaines".
La première voie dit que « l’Être est et qu'il n'est pas possible qu'il ne
soit pas".
L'autre dit que "l'Être n'est pas et nécessairement le non-être est".Comment
comprendre cette notion parménidienne de l'Être"? Sébastien Charles oppose ceux qui font
de Parménide le fondateur de la métaphysique : Hegel, Nietzsche et Heidegger (qui a consacré
tout un cours à Parménide), et ceux qui à la suite de Burnet (Luc Brisson ou Yvon Lafrance),
considèrent que l'Être parménidien ne désigne rien d'autre que le monde matériel dans sa
globalité[34].
Toujours est-il que la pensée de Parménide s'oppose à celle d'Héraclite.
"Pour
Parménide, l'unité de l'être rend impossible la déduction du devenir et de la multiplicité ; pour
Héraclite, au contraire, l'être est éternellement en devenir."
SCEPTICISME
Selon André Verdan, "les sceptiques ne disent pas que la vérité est insaisissable, ils disent
qu'ils ne l'ont pas trouvée et qu'elle leur paraît introuvable, sans exclure l'éventualité d'une
telle découverte".
Le scepticisme commence avec les grecs.
Pyrrhon a vécu au ive siècle av.
J.C.Devant la diversité des doctrines philosophiques, il est amené à prôner "l'époché" : la
suspension du jugement et l'"aphasie" : le refus de se prononcer[37].
Au xvie siècle, Montaigne
a repris et prolongé la pensée de Pyrrhon dans les Essais, notamment au chapitre "Apologie
de Raymond Sebond" : selon lui, ni les sens ni la raison ne nous permettent d'atteindre la
vérité.
D'où sa fameuse devise : " Que sais-je" gravée en 1576 sur une médaille, avec l'image
d'une balance en équilibre.
Au xviiie siècle, David Hume va critiquer la métaphysique en
montrant l'inaptitude de l'homme à atteindre la vérité absolue.
Il défendra un scepticisme
mitigé "consistant à limiter nos recherches à des sujets qui sont mieux adaptés à l'étroite
capacité de l'entendement humain".
L’HERITAGE DE PLATON ET D’ARISTOTE
Platon s'oppose fondamentalement aux sophistes, leur reprochant de promouvoir une
conception relativiste de la vérité (cf Protagoras et sa fameuse devise : "l'homme est la
mesure de toutes choses") dans le but de manipuler le langage, la sophistique étant l'art de
convaincre et de plaire.
Contre cet usage du langage, il pose la question du "discours vrai" [39],
ce qui le conduit à formuler sa théorie des Idées, censées contenir toute vérité intelligible: les
Idées (ou formes =eidos) sont des réalités parfaites, éternelles et immuables, dont les objets
sensibles ne sont que des copies imparfaites.
Pour trouver la vérité notre esprit doit donc se
détourner de l'étude du réel sensible (allégorie de la caverne) pour se tourner vers ce réel
seulement intelligible.
©wikipedia
Page 1 sur 4
C'est sur ce point qu'Aristote se sépare de son maître Platon.
L'essentiel de sa critique se
trouve dans Métaphysique I, 9; XIII et XIV.
Pour lui, l'idée (ou forme) étant l'essence d'une
chose ne peut être séparée de cette chose : "Comment donc les Idées qui sont substance des
choses, seraient-elles séparées des choses"? C'est la théorie de l'hylémorphisme selon
laquelle tout être est composé d'une matière et d'une forme.
Pour trouver la vérité, il faut
donc étudier le monde sensible, dans le but de découvrir les causes des phénomènes car
"connaître, c'est connaître les causes".
C'est ainsi par exemple que Aristote a décrit des
centaines d'animaux : il ne perdait jamais une occasion d'aller observer les poissons du lagon
de Pyrrha dans l'île de Lesbos; ou encore il s'est attaché à décrire les diverses constitutions
des cités grecques[43].
La théorie aristotélicienne de la causalité distinguera quatre causes : la
cause matérielle, la cause motrice, la cause finale et la cause formelle, qui désigne l'essence
ou ce que Platon appelait "Idée".
Mais pour trouver les causes, il faut non seulement étudier les phénomènes, mais aussi savoir
raisonner pour ordonner les éléments recueillis par l'observation.
La connaissance scientifique
suppose la démonstration[44].
C'est pourquoi Aristote consacrera de nombreux traités à
l'étude de la logique de la pensée et du discours (logos, "parole", "discours", "raison")[45],
traités qui seront regroupés plusieurs siècles plus tard sous le titre d'"Organon" c'est-à-dire
"instrument, outil" (de la science).
Dans l'Organon Aristote distingue trois niveaux du discours
auxquels correspondent trois opérations de l'intellect : le premier niveau est celui des mots
dans lesquels nous pensons le concept ("homme"; "animal", "mortel") et dont s'occupe le
premier traité : les catégories; le second niveau est celui des propositions qui relient les
termes entre eux ("l'homme est un animal"; "l'animal est mortel"), grâce à l'acte du jugement,
opération par laquelle nous affirmons ou nions un concept d'un autre concept.
Comme le
montre le second livre de l'Organon, De l'interprétation, c'est à ce niveau que nous avons des
parties du discours susceptibles d'être vraies ou fausses, selon qu'elles correspondent ou non
avec un fait réel.
Enfin, au troisième niveau, nous trouvons l'étude du raisonnement qui relie
les propositions entre elles pour construire des démonstrations.
Dans les Premiers
Analytiques, Aristote propose sa célèbre théorie du syllogisme dont le prototype traditionnel
est : "Tout homme est mortel, Socrate est un homme, donc Socrate est mortel".
Comme le
fait remarquer Robert Blanché en reprenant l'étude de ce syllogisme : "La validité de ce
raisonnement ne dépend pas des concepts qui y figurent"[46].
Le raisonnement reste valide
même si on en change les termes, ou même si on remplace les termes par des lettres (des
"variables") : Tout f est g ; x est f ; Donc x est g.
La logique se définit alors comme "la science
des inférences valides"[48], indépendamment de la vérité matérielle des propositions.
Quant à
la validité de l'inférence, elle repose à son tour sur le principe de contradiction, énoncé
maintes fois par Aristote : "Il est impossible que le même attribut appartienne et
n'appartienne pas en même temps, au même sujet et sous le même rapport".
Aristote a systématisé et codifié des modes de raisonnement qui étaient souvent demeurés
très vagues ou implicites chez ses devanciers[50].
La logique d'Aristote chercha d'abord à
dégager les conditions nécessaires de la vérité, qui résident dans la forme.
Ainsi, un énoncé
tel que « le mur bleu est rouge » n'a besoin d'aucun référent extérieur pour être déclaré
faux[51].
La logique fournit l’instrument de la pensée correcte, pas la matière.
En
termes kantiens, elle est la condition formelle de la vérité, mais non pas matérielle.
Aristote porte surtout son attention sur les syllogismes tels que « tout A est B », « quelque A
est B », où le sujet A et le prédicat B remplacent des concepts ; « tout A est un B » signifie que
©wikipedia
Page 2 sur 4
le concept B est attribuable à tout objet auquel on peut attribuer le concept A.
Aristote était
conscient que les syllogismes ne pouvaient rendre compte de toutes les applications de
la logique mais ils lui permettaient de poser des règles claires pour former la négation des
énoncés, et aussi pour distinguer les rôles respectifs des universelles du genre «....
»
↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓
Liens utiles
- Notions de philosophie: Les Repères de TL
- Philosophie : Conscience/ Inconscient
- MÉTHODOLOGIE DU COMMENTAIRE DE PHILOSOPHIE
- [Affinités de l'art et de la philosophie] Bergson
- La philosophie contemporaine (cours)