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La science dit-elle la vérité ?

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« La science dit-elle la vérité ? La vérité désigne l'accord parfait entre le discours et son objet ou la correspondance exacte entre l'être et la pensée. La science désigne de façon unitaire, l'ensemble des disciplines chargées de dire la vérité, chacune dans leur domaine propre, respectif, de manière rigoureuse. Mais comment s'assurer qu'elle dise bien la vérité ? C'est le diallèle de la vérité, problème logique insoluble, qui consiste à supposer ce qu'il s'agit précisément d'établir de manière assurée, fondée sur des preuves. En mathématiques, l'esprit s'entretient uniquement avec lui-même. Les vérités mathématiques sont absolument sûres et certaines dans la mesure où elles ne dépendent que de la cohérence des systèmes axiomatiques. Mais n'est-ce pas confondre vérité et cohérence logique ou certitude, laissant entière la question de la réalité des objets mathématiques (nombres, figures) ? En ce qui concerne les autres sciences, elles s'appuient toutes sur l'expérience soit que cette dernière soit provoquée comme dans le cadre des sciences de la nature (sciences physiques, de la vie et de la terre) soit qu'elles en constituent l'analyse critique comme en histoire. Ici, la cohérence logique ne suffit plus. L'esprit doit "sortir" de lui-même pour entrer en rapport avec le réel, de manière attestée par des preuves. Mais comment l'esprit pourrait-il "sortir" de lui-même ? Et comment ce qui en est à l'extérieur (le réel) peut-il y entrer pour être saisi de manière correcte ? Il ne faut sans doute pas aborder la vérité en science de manière dogmatique, mais problématique et critique. La vérité en science n'est probablement (selon toute vraisemblance) qu'un "idéal régulateur" de la raison scientifique, partant de l'idée qu'elle est continuellement présupposée par sa recherche et que c'est elle qui donne sens à la science chargée de la dire de la façon la plus rigoureuse. Pour Descartes les mathématiques constituent un modèle de pensée rigoureuse, qui doit être suivi par toutes les sciences, y compris la philosophie. Dans ses Règles pour la direction de l’esprit, deuxième partie (1619), Descartes commence par relever ce fait : « l’arithmétique et la géométrie sont beaucoup plus certaines que les autres sciences. » Il l’explique par la clarté et la rigueur de la démarche qu’elles suivent : la méthode démonstrative ; ainsi que la « pureté » et la « simplicité » de leurs objets (nombres, figures). Une démonstration consiste à partir de premières propositions considérées comme justes ou exactes à suivre un raisonnement rigoureux permettant d’aboutir à une conclusion nécessaire : la proposition à démontrer et qui ainsi se trouve l’être. Les objets mathématiques sont « purs » en ce qu’ils ne dépendent que de l’esprit : les nombres et les figures sont de pures constructions abstraites, de purs jeux de l’esprit où celui-ci s’entretient uniquement de lui-même. Ils sont également « simples » au sens où ils ne résultent pas de « mélanges » qui les rendraient complexes, tendanciellement confus : l’arithmétique ne s’occupe que des nombres, la géométrie que des figures. Point. Chaque objet est parfaitement distinct. Le modèle de raisonnement rigoureux que proposent de suivre les mathématiques est le modèle démonstratif. C’est lui qui rend certaines les vérités mathématiques qui apparaissent comme telles dans la mesure où elles apparaissent incontestables. Cependant, l’erreur est possible en mathématiques : elle vient de l’inattention et de la précipitation du jugement. Néanmoins, si les mathématiques sont si faciles et si claires que le prétend l’auteur, on peut s’interroger sur la préférence souvent accordée à des sciences qui paraissent bien moins sûres telle que la philosophie . 1 »

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