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La loi est-il la force des faibles ?

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« La loi désigne tout d'abord (c'est le sens du "droit positif") l'ensemble des règles qui organisent les rapports des membres d'une même communauté politique. Montrez ainsi que, contrairement à ce qui se produit dans la nature, tous sont alors égaux devant la loi et l'on abolit ainsi le règne du droit du plus fort. En ce sens, le droit semble donc bien ce qui protège les faibles, ce sur quoi ces derniers peuvent s'appuyer et donc ce qui constitue leur force. Montrez cependant qu'une telle figure du droit n'est qu'un idéal, un idéal de justice. Demandez-vous alors si dans les faits un tel principe est nécessairement respecté. Demandez-vous en particulier comment s'établit le droit , n'est-il pas le plus souvent le résultat d'un rapport de forces ? Montrez alors, en vous appuyant sur les analyses de Marx, que le droit pourrait bien être injuste et constituer en fait un moyen pour les plus forts de dominer les faibles. Selon Calliclès, la loi est un artifice au service des faibles En règle générale, la loi et la nature se contredisent. D'un point de vue naturel, le plus grand des maux est de subir l'injustice et non pas de la commettre. Pour la loi, il ne faut pas commettre l'injustice. Les lois sont ainsi établies par les faibles - et pour eux - en vue de se protéger des débordements de force des plus puissants. C'est du point de vue des faibles que la loi décrète ce qui est digne d'éloge ou au contraire blâmable. La notion d'égalité dans la justice obéit au même principe : la même loi pour tous, en établissant une égalité par le bas. Quiconque n'agit pas comme le fait et le veut la multitude est puni par la loi. Au contraire, la nature montre qu'il est juste que le supérieur l'emporte sur l'inférieur, et le plus capable sur le moins capable. La nature est le siège d'une lutte de forces, où la plus puissante est destinée à l'emporter et à dominer. Les bâtisseurs d'Empires n'ont pas autrement agi, en pillant, massacrant, pour s'approprier et dominer. La soumission à la justice égalitaire est donc le fait des faibles, qui craignent les puissants et sont incapables de dominer. Dans le Gorgias de Platon, Calliclès affirme que la loi est un artifice arbitraire. Elle traduit une morale d'hommes faibles qui préfèrent la mort à la vie ; elle est faite par la multitude des faibles, dans leur propre intérêt, contre les forts ; elle ne prône l'égalité que pour abaisser les forts au même niveau que les faibles. Le droit véritable devrait se fonder sur la loi réelle et immuable de la nature, qui est la loi des hommes libres et forts. Telle est la vue du sophiste Calliclès qui se plaît alors à imaginer un homme suffisamment doué pour secouer, briser, rejeter toutes les chaînes de la loi positive et fouler au pied les textes écrits. Cet homme-là, dit-il, qui agirait au nom du « droit de nature » assimilable à sa force et qui briserait le joug de la loi, serait une espèce de surhomme, un être exceptionnel, s'il en est. Il réaliserait la domination du puissant sur le faible. L'histoire montre que c'est le plus fort qui impose sa loi. Lorsqu'une révolution réussit, de nouvelles lois sont instaurées par les vainqueurs. Dès lors, on peut se demander si la loi ne se fonde pas sur la force des puissants dont elle constitue une justification. C'est cette thèse que Marx soutient. Selon lui, le droit est l'expression de la puissance de la classe dominante. Il traduit ses intérêts particuliers et, en même temps, tente de les légitimer et de les occulter en les faisant passer comme l'intérêt de tous les membres de la société. Sartre reprend cette analyse à sa manière. Constatant que le droit est toujours lié à des rapports de force parce qu'il est fait pour régler des conflits, il affirme que c'est le plus fort qui impose sa loi. Mais ce dernier ne pouvant supporter que sa victoire soit un « pur fait », il désire la justifier. Le droit est donc issu de la force mais il est autre chose que la force car « il est sa justification par après ». Le vainqueur reconnaît le vaincu comme son égal et comme un être libre afin que sa propre loi puisse être acceptée comme juste. Le discours de Calliclès. "Certes, ce sont les faibles, la masse des gens, qui établissent les lois, j'en suis sûr. C'est donc en fonction d'eux- »

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