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La création artistique est-elle une production technique comme les autres?

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« Il s'agit de se demander si le travail opéré dans la création artistique peut ressembler à celui qui est réalisé dans le travail technique, est-ce que les mêmes procédés sont à l'œuvre, est-ce les mêmes matériaux ? Qu'est-ce qui différencie un tailleur de pierre d'un sculpteur ? Parfois le travail technique peut être inclus dans une œuvre d'art, ces mêmes tailleurs de pierre peuvent participer à la construction d'une cathédrale.

Les corps de métiers de l'artisanat peuvent participer ensemble à la construction d'un objet d'art.

Pour réaliser un meuble, il faut plusieurs corps de métier : marqueterie, ébénisterie, ferronnerie d'art etc.

Aussi les métiers techniques sont sollicités pour la création artistique.

On voit que la part de création peut apparaître diminuée à la vue de toutes les aides techniques. Bien sûr, cela apparaît comme une évidence dans l'architecture, les arts décoratifs, la sculpture, cela apparaît moins clair pour la peinture et complètement différent pour la littérature, la musique qui ne produisent pas quelque chose de matériel, qui ne font pas appel à des savoir-faire artisanaux.

La question aura plus de sens en interrogeant les arts où il y a ambiguïté. 1) L'art emploie d'autres procédés que la technique, elle ne produit pas. On reconnaîtra l'art du reste des objets par les procédés qui ont été mis en place pour réaliser cet objet.

Il y a aura une création à l'origine de cet objet, une intention artistique visant à créer une émotion.

L'objet artistique sera bien souvent en dehors du circuit d'utilité des objets ordinaires.

On reconnaîtra une certaine facture, un savoirfaire, une certaine patine que ne possèdent pas les objets ordinaires.

L'art a une visée plus haute que la simple satisfaction des désirs, il a un but qui intéresse l'esprit.

Pour Hegel dans son Esthétique, L'art dégage la vérité des apparences et la doté d'une réalité plus haute crée par l'esprit lui-même.

L'objet existe pour lui-même.

La contemplation esthétique ne satisfait que des intérêts spirituels.

L'art est au milieu du sensible immédiat et de la pensée pure.

Le sensible de l'art n'intéresse que nos sens intellectuels. Dans des notes de cours qui ont reçu le titre d' « Esthétique » (posthume), Hegel (1770-1831) écrit: «L'art occupe le milieu entre le sensible pur et la pensée pure.

» Une formule plus rigoureuse précise: «Le contenu d'une œuvre d'art est tel que, tout en étant d'ordre spirituel, il ne peut être représenté que sous une forme naturelle.

» Il s'agit, pour l'auteur de la « Phénoménologie de l'esprit » et de la « Logique », de montrer la haute valeur spirituelle de l'art, de souligner ses affinités avec la religion et la philosophie, mais aussi- d'en assigner les limites: « L'art reste pour nous, quant à sa suprême destination, une chose du passé. » Contre tous ceux qui font de l'art une activité opposée à la pensée et au concept, que ce soit au nom de l'enthousiasme, du génie, de l'inspiration, Hegel réaffirme la valeur spirituelle de l'art.

L'art ne s'oppose pas à la philosophie, à la science, à la religion.

Il ne se réduit pas à l'exaltation du sentiment, au jeu, à l'expression personnelle.

Si l'œuvre d'art s'offre aux sens, agit sur notre sensibilité, elle n'en présente pas moins, bien au contraire, une valeur intellectuelle.

« L'art occupe le milieu entre le sensible pur et la pensée pure » signifie d'abord que si l'œuvre d'art se présente comme un objet, offert aux sens, elle vise la pensée et possède un contenu spirituel de la plus haute importance.

Si: «L'homme s'est toujours servi de l'art comme d'un moyen de prendre conscience des idées et des Intérêts les plus élevés de son esprit, les peuples ont déposé leurs conceptions les plus hautes dans les productions de l'art, les ont exprimées et en ont pris conscience par le moyen de l'art.

» C'est que: « la plus haute destination de l'art est celle qui lui est commune avec la religion et la philosophie ». Il suffirait pour s'en convaincre de se souvenir de ce que furent la tragédie grecque ou l'architecture médiévale. Formidable moyen d'éducation, l'art religieux manifeste l'expansion du christianisme comme il permet d'apprendre à la population illettrée l'histoire sainte.

La tragédie grecque, véritable institution politique (la totalité des citoyens assistait aux concours tragiques), représente un moyen pour la cité de s'interroger sur elle-même, sur ses mythes, sur ses valeurs, sur la place respective des dieux et des hommes, sur la responsabilité humaine, etc. Dans l'art véritable n'apparaît pas seulement l'expression personnelle du génie de l'artiste, mais aussi toutes les interrogations et les conceptions d'une époque qui se donnent une forme objective (celle de l'œuvre); l'œuvre est moyen pour l'esprit de se contempler lui-même. Le génie d'un peuple, « ses idées et ses intérêts les plus hauts » sont extériorisés par le moyen de l'œuvre d'art. Les pensées s'y donnent une forme objective, sensible, qui permet à nos conceptions de devenir lisibles, accessibles. Hegel y voit la source du besoin d'art.

Toutes les sociétés humaines, aussi « primitives » qu'elles paraissent, ont toujours connu une activité artistique, parce que: « l'œuvre d'art est un moyen à l'aide duquel l'homme extériorise ce qu'il est », c'est-à-dire prend conscience de ce qu'il est.

Ainsi, quelle que soit la part d'apparence et d'emprunt au sensible qui se manifeste dans l'œuvre: « ces. »

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