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La conscience peut-elle être appelée, comme le dit Rousseau, un juge infaillible du bien et du mal ?

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« La conscience peut-elle être appelée, comme le dit Rousseau, un juge infaillible du bien et du mal ? Introduction.

— Les philosophes se sont souvent demandé quelle méthode il convient d'appliquer à la morale.

Les partisans d'une morale intuitive font appel à la conscience.

C'est le cas de J.-J.

Rousseau, dont l'optimisme se révèle en cette affirmation, que la conscience est un Juge infaillible du bien et du mal. 1e partie.

— Le texte de Rousseau Rousseau: "Conscience ! Conscience ! Juge infaillible du bien et du mal" Cette formule de Rousseau, que l'on peut lire dans l'Emile, aborde la question de la conscience dans sa dimension morale.

En effet, si comme nous l'avons montré dans l'analyse de la citation de Pascal, la conscience signifie au sens premier « accompagné de savoir », elle prend également un sens moral, et les expressions que nous venons d'évoquer montrent qu'elle apparaît comme ce sentiment qui pourrait nous permettre de distinguer le bien du mal. Tel est le sens de la formule de Rousseau puisqu'il la qualifie de « juge infaillible ». Ainsi, la conscience morale serait ce sentiment moral inné que tout homme possèderait.

Il suffit alors d'écouter « la voix de sa conscience » pour savoir qu'on a mal agi, ou, pour bien juger, de juger « en son âme et conscience ».

Si on peut alors définir l'homme par la conscience, c'est donc aussi en tant qu'être moral ou, en tout cas, en tant qu'être pour qui la question morale se pose.

Pourtant, faire reposer la morale sur un sentiment n'est pas sans poser problème.

En effet, n'est-il pas possible de faire le mal en toute bonne conscience ? Comment dans ces conditions Rousseau peut-il soutenir l'infaillibilité de ce sentiment ? Parce qu'un sentiment anime le cœur des hommes et caractérise l'humanité : la pitié, sentiment qui le conduit à souffrir au spectacle de la souffrance de l'autre.

Pourtant, de nombreux événements dans la vie courante et dans l'histoire nous montrent que ce sentiment n'est pas toujours présent chez les hommes.

En effet, si on affirme que l'homme est animé par ce sentiment, que sa conscience le guide, comment, une fois encore, comprendre la barbarie, la violence, la cruauté dont les hommes peuvent être capables ? L'argumentation de Rousseau est double : - si les hommes sont capables de cruauté, c'est parce que la société les a pervertis en faisant naître le vice, la comparaison et la rivalité ; - l'existence de ce sentiment est avérée par la réalité.

En effet, si la morale ne reposait que sur la raison, cela ferait bien longtemps que l'humanité aurait disparu. "Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable à Dieu, c'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions ; sans toi je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer d'erreurs en erreurs à l'aide d'un entendement sans règle et d'une raison sans principe. Grâce au ciel, nous voilà délivrés de tout cet effrayant appareil de philosophie : nous pouvons être hommes sans être savants ; dispensés de consumer notre vie à l'étude de la morale, nous avons à moindres frais un guide plus assuré dans ce dédale immense des opinions humaines.

Mais ce n'est pas assez que ce guide existe, il faut savoir le reconnaître et le suivre.

S'il parle à tous les coeurs, pourquoi donc y en a-t-il si peu qui l'entendent ? Eh ! c'est qu'il parle la langue de la nature que tout nous a fait oublier.

La conscience est timide, elle aime la retraite et la paix ; le monde et le bruit l'épouvantent ; les préjugés dont on l'a fait naître sont ses plus cruels ennemis [...], le fanatisme ose la contrefaire et dicter le crime en son nom." ROUSSEAU • Le problème posé par le texte Il est facile de constater la diversité historique et géographique des moeurs ("dédale immense des opinions humaines").

Peut-elle constituer un argument contre l'idée qu'il existe des principes moraux universels, susceptibles de guider tous les hommes de la même façon ? Autrement dit, la diversité des moeurs peut-elle justifier un relativisme qui rendrait incertaine l'idée même de moralité ? Par le terme de « conscience », le texte désigne donc exclusivement la conscience morale. • Le raisonnement Il est un fait que chacun entend en lui-même la voix de sa conscience qui lui dicte son devoir.. »

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