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Kant, Leçons d'éthique

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L'éthique peut proposer des lois de moralité qui sont indulgentes et qui s'ordonnent aux faiblesses de la nature humaine, et ainsi elle s'accommode à cette nature en ne demandant rien de plus à l'homme que ce qu'il est en mesure d'accomplir. Mais l'éthique peut aussi être rigoureuse et réclamer la plus haute perfection morale. En fait, la loi morale doit elle-même être rigoureuse. Une telle loi, que l'homme soit en mesure ou non de l'accomplir, ne doit pas être indulgente et s'accommoder aux faiblesses humaines, car elle contient la norme de la perfection morale, laquelle doit être stricte et exacte. La géométrie donne par exemple des règles strictes, sans se demander si l'homme peut ou non les appliquer et les observer : le point qu'on dessine au centre d'un cercle a beau ne jamais être assez petit pour correspondre au point mathématique, la définition de ce dernier n'en conserve pas moins toute sa rigueur. De même, l'éthique présente des règles qui doivent être les règles de conduite de nos actions ; ces règles ne sont pas ordonnées au pouvoir de l'homme, mais indiquent ce qui est moralement nécessaire. L'éthique indulgente est la corruption de la mesure de perfection morale de l'humanité. La loi morale doit être pure. Kant, Leçons d'éthique

Les Leçons d'éthique de Kant sont des cours qui furent prononcés notamment entre 1775 et 1780. Dès cette période, comme on le constate, sont mis en place les thèses et les thèmes qui, quelques années plus tard, figureront dans les Fondements de la métaphysique des moeurs (1785). Ce texte peut donc se comprendre comme une propédeutique. Mais plus essentiellement ce qui fait l’originalité de ce texte c’est bien la distinction qu’il établit entre une éthique indulgente, que Kant critique et réfute, et une éthique rigoureuse ou rigoriste, développant le propre point de vue kantien et nous fournissant une première approche de la loi morale. En effet, à travers cette distinction, Kant nous montre que la morale est a priori voire pure, qu’elle implique un devoir-être et qu’elle se fonde comme science morale.

Et c’est bien ce que l’on pourra percevoir à travers trois moments de ce texte : la distinction initiale entre les deux types d’éthique (1ère partie ; lignes 1 à 5 : « L’éthique peut proposer des lois de moralité… à … la loi morale doit elle-même être rigoureuse »), l’analogie mathématique avec la géométrie (2nd partie ; lignes 5 à 10 : « Une telle loi, que l’homme… à … la définition de ce dernier n’en conserve pas moins toute sa rigueur. » et enfin la nécessité du respect de la loi morale comme respect de la dignité de l’humanité en la personne devant nous conduire à notre perfection en tant qu’homme et en tant qu’espèce (3ème partie ; lignes 11 à la fin : « De même, l’éthique présente des règles » à la fin de l’extrait »

 

« Kant Leçons d'Ethique Sujet : « L'éthique peut proposer des lois de moralité qui sont indulgentes et qui s'ordonnent aux faiblesses de la nature humaine, et ainsi elle s'accommode à cette nature en ne demandant rien de plus à l'homme que ce qu'il est en mesure d'accomplir.

Mais l'éthique peut aussi être rigoureuse et réclamer la plus haute perfection morale.

En fait, la loi morale doit elle-même être rigoureuse.

Une telle loi, que l'homme soit en mesure ou non de l'accomplir, ne doit pas être indulgente et s'accommoder aux faiblesses humaines, car elle contient la norme de la perfection morale, laquelle doit être stricte et exacte.

La géométrie donne par exemple des règles strictes, sans se demander si l'homme peut ou non les appliquer et les observer : le point qu'on dessine au centre d'un cercle a beau ne jamais être assez petit pour correspondre au point mathématique, la définition de ce dernier n'en conserve pas moins toute sa rigueur.

De même, l'éthique présente des règles qui doivent être les règles de conduite de nos actions ; ces règles ne sont pas ordonnées au pouvoir de l'homme, mais indiquent ce qui est moralement nécessaire.

L'éthique indulgente est la corruption de la mesure de perfection morale de l'humanité.

La loi morale doit être pure.

» Introduction : Les Leçons d'éthique de Kant sont des cours qui furent prononcés notamment entre 1775 et 1780.

Dès cette période, comme on le constate, sont mis en place les thèses et les thèmes qui, quelques années plus tard, figureront dans les Fondements de la métaphysique des moeurs (1785).

Ce texte peut donc se comprendre comme une propédeutique.

Mais plus essentiellement ce qui fait l'originalité de ce texte c'est bien la distinction qu'il établit entre une éthique indulgente, que Kant critique et réfute, et une éthique rigoureuse ou rigoriste, développant le propre point de vue kantien et nous fournissant une première approche de la loi morale.

En effet, à travers cette distinction, Kant nous montre que la morale est a priori voire pure, qu'elle implique un devoir-être et qu'elle se fonde comme science morale. Et c'est bien ce que l'on pourra percevoir à travers trois moments de ce texte : la distinction initiale entre les deux types d'éthique (1ère partie ; lignes 1 à 5 : « L'éthique peut proposer des lois de moralité… à … la loi morale doit elle-même être rigoureuse »), l'analogie mathématique avec la géométrie (2nd partie ; lignes 5 à 10 : « Une telle loi, que l'homme… à … la définition de ce dernier n'en conserve pas moins toute sa rigueur.

» et enfin la nécessité du respect de la loi morale comme respect de la dignité de l'humanité en la personne devant nous conduire à notre perfection en tant qu'homme et en tant qu'espèce (3 ème partie ; lignes 11 à la fin : « De même, l'éthique présente des règles » à la fin de l'extrait » I – Ethique indulgente et éthique rigoriste a) Le texte de Kant s'ouvre en effet une distinction particulière entre deux formes de l'éthique : indulgente et rigoriste.

Dès lors, l'ensemble du texte de Kant peut s'entendre comme une critique et une réfutation de l'éthique indulgente, lui-même prônant tout au long du texte une éthique rigoriste.

L'éthique chez Kant est ce qui relève de la législation interne de la raison pratique et c'est en ce sens que nous nous trouvons proprement dans le champ de la morale.

L'opposition est révélatrice de l'emprise kantienne qui prend forme lors de ces cours et que l'on retrouvera dans un texte postérieur, c'est-à-dire dans la Fondation de la métaphysique des mœurs.

Mais il ne s'agit pas ici de faire un anachronisme historique ou de produire une illusion rétrograde du mouvement vrai.

Si Kant critique l'éthique indulgente c'est parce qu'elle prend le problème moral à l'envers.

Elle ne se pose pas la question de savoir comment l'homme « doit » agir, en insistant sur la notion de devoir, mais bien en vertu de la nature humain qu'est-ce que l'on peut faire.

Il y a donc un déplacement de point de vue, un changement de perspective qui ruine alors toute entreprise morale et c'est en ce sens que Kant interprète principalement le développement jusqu'à présent de l'éthique mais aussi les réflexions de ses contemporains notamment dans la philosophie anglaise.

Le rigorisme s'oppose donc à l'indulgence.

Et l'utilisation de ce terme « d'indulgence » n'est pas innocent chez Kant et renvoie effectivement aux indulgences dans la tradition catholique que le luthéranisme a notamment combattu.

Plus simplement, derrière le terme d'éthique indulgente il n'y a pas de philosophies strictes identifiées mais un courant, une influence dont le paradigme serait peut-être la casuistique jésuite qui fait référence à nombres de règles pour s'accommoder du pêché tout en cherchant à sauvegarder la moral.

D'où d'ailleurs la référence au pluriel « des lois morales » qui s'opposera à la fin de cette première partie au singulier de « le loi morale ». b) L'éthique rigoriste elle ne s'accommode pas des faiblesses de l'homme, c'est-à-dire de la faiblesse de la volonté qui définit proprement l'hétéronomie, et notre penchant pathologique aux désirs.

L'éthique vise la « perfection morale » et non notre nature actuelle.

Le point est essentiel.

Cette perfection fait référence à la sainteté de la perfection morale bien que notre nature soit marquée, en raison des tâtonnements de la liberté par le mal ; un mal qui est radical.

Et c'est bien pour cela qu'elle ne contente pas de ce que l'on pourrait accomplir.

Le problème est alors que l'exigence de la morale est supérieure à la possibilité de l'homme et qu'il n'est pas certain qu'aucune action morale n'ait été un jour accomplie moralement.

Dans la mesure où la loi morale exige que le devoir soit fait pour le devoir lui-même.

est-ce rendre alors la morale impossible.

Non mais cela indique que le rigorisme éthique est en fait établie comme une science rationnelle a priori ce qui nous renverra à la pureté du fin du texte.

Dès lors l'éthique. »

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