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Faut-il se battre pour être reconnu par autrui ?

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« [Introduction] Au XXe siècle tout particulièrement, il semble bien que l'idéologie du struggle for life soit affirmée par certains. Si l'on prend l'expression au sérieux, elle indique que l'individu ne peut s'imposer dans l'existence que par le combat, aussi bien contre des circonstances adverses que contre les autres.

Sans doute s'agit-il dans cette conception de faire d'abord son chemin ou sa place dans la société et d'y trouver un statut satisfaisant.

Mais, de manière générale, faut-il admettre que l'on doit se battre pour être reconnu par les autres ? Précisons sans plus attendre que ce dont on attend ou exige la reconnaissance, concerne alors moins une importance sociale ou professionnelle que l'individualité, la singularité, une façon d'être soi-même en même temps qu'un représentant de l'humanité affirmant sa dignité. [Les autres ne reconnaissent pas spontanément notre valeur.

Il faut se battre pour s'imposer.

Le rapport à autrui se caractérise avant tout par le conflit et la compétition.

D'instinct, les autres ont tendance à nous nier.

La reconnaissance de soi par les autres n'est pas spontanée.] Le pouvoir obtient la reconnaissance Pour Hegel, l'essence du rapport entre les hommes est le conflit.

La conscience, pour Hegel, se pose en s'opposant.

Cette opposition s'effectue nécessairement par rapport à ce qui est différent d'elle : la nature et l'autre, autrement dit l'autre conscience et l'autre de toute conscience.

C'est pourquoi il est nécessaire de concevoir que, pour s'affirmer libre et être simultanément reconnue comme telle, toute conscience a besoin d'en passer par une lutte contre une autre.

C'est de cette lutte que la « dialectique du maître et de l'esclave » nous indique le schéma.

On n'en retiendra que ce qui produit, à strictement parler, le conflit entre les deux consciences (conflit d'où seront issus un « maître » et un « esclave ») : l'exigence, dans chacune d'elles, de faire reconnaître par l'autre son existence comme « pour-soi ».

Ce terme désigne la forme de la conscience affirmant son indépendance relativement à ce qui n'est pas elle, sa capacité à ne pas être déterminée, soit par le monde environnant (la nature) soit par l'autre conscience.

En d'autres termes : c'est simultanément que chaque conscience attend de celle qui lui fait face qu'elle renonce à vouloir l'influencer, et avoue ainsi son infériorité.

Une telle situation ne peut avoir d'autre aboutissement qu'une épreuve de force.

La conscience qui en sort « victorieuse » (et qui devient celle du « maître ») peut désormais imposer sa volonté à l'autre (elle remplace la volonté de l'autre par la sienne) et la faire travailler à son profit. Si la dialectique s'arrêtait là, elle confirmerait que je ne peux faire reconnaître ma liberté qu'en écrasant l'autre.

Mais elle continue, et se solde finalement par une défaite du maître, condamné à stagner au niveau du « pour-soi » (puisque c'est bien ce qu'il désire), et, ainsi, à ne pas connaître le stade final de la liberté, qui n'est plus exercice d'un pouvoir de négation à l'égard de l'altérité, mais qui se révèle au contraire transformation de celle-ci par le travail, et saisie de sa propre efficacité dans l'oeuvre, qui est la matière transformée.

Ce qui peut enfin se manifester, c'est une liberté agissante, qui humanise la nature et réconcilie le subjectif et l'objectif, l'intérieur et l'extérieur. Il est donc à retenir que la lutte ne mène qu'à une fausse reconnaissance, ou à une reconnaissance temporaire, par l'autre.

Pour marquer sa présence, c'est davantage contre le monde extérieur qu'il faut se battre que contre les autres. Le regard chez Sartre Sartre prolonge les analyses de Hegel.

Le regard que les autres portent sur nous n'est pas un regard bienveillant et amical.

Chez Sartre comme chez Hegel, les relations intersubjectives sont de l'ordre du conflit, de la lutte pour la domination.

Par son regard, autrui tend à me ravir ma liberté, à me transformer en chose. Pour ne pas être aliéné par le regard d'autrui, je dois affirmer ma liberté et mes choix.

Ainsi, Sartre, issu d'une famille bourgeoise, a-t-il choisi la voie de l'intellectuel révolutionnaire, s'opposant au destin que les siens lui réservaient.. »

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