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Faut-il libérer le désir ou se libérer du désir?

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« Introduction : Bien définir les termes du sujet : - "Désir" : vulgairement, c'est avoir envie de quelque chose, en souhaiter sa possession pour avoir du plaisir.

C'est ce que l'on ressent lorsqu 'un besoin spontané s'est transformé en une tendance consciente orientée vers un but conçu ou imaginé.

Le terme ici au singulier, laisse supposer que le désir est considéré comme une sorte d'entité avec des caractéristiques et des lois propres.

Il s'agit du désir en général, de la possibilité de désirer qui est en nous, et non pas du désir de telle chose en particulier que tel individu aurait en lui. - "Libérer le désir" : C'est décider de ne plus exercer aucune contrainte sur le désir qui est en nous, laisser libre cours à son expression, le dégager de ce qui le lie, le retient, et gêne son accomplissement. - "Se libérer du désir" : C'est se délivrer d'un asservissement, faire de manière à ne plus être sous l'emprise du désir. Construction de la problématique : Le sujet propose une alternative, deux choix extrêmes seulement sont possibles : se défaire complètement de notre capacité à désirer, ou lui laisser libre cours.

La question "faut-il" semble marquer la nécessité, qu'elle soit morale ou plus simplement pratique (= possibilité de vivre effectivement ou non avec le désir) d'adopter l'une ou l'autre des positions.

Ce choix ne vaut pas pour lui-même, mais pour ce qu'il, permet.

En effet, le but recherché ici semble de trouver la position adopter face au désir pour parvenir à une certaine sagesse ou à un certain bonheur ou vie agréable. Il s'agit donc maintenant de voir en quoi consiste chacune des deux positions, quelles sont ses conséquences, ce à quoi elles permettent de parvenir, pour décider laquelle il est bon d'adopter face au désir. Autrement dit, quel rapport l'homme doit-il entretenir avec le désir pour parvenir à une vie équilibrée ? Plan : I/ Libérer le désir, l'illusion de la liberté et du bonheur : En général, parler de "libérer le désir" donne l'impression d'une grande liberté, voire même d'une licence absolue, que généralement on rapproche du bonheur.

En effet, étant naturellement portés à désirer les choses que nous nous représentons comme pouvant être obtenues, laisser libre cours au désir impliquerait que nous pourrions désirer n'importe quel objet ou personne, et ainsi l'obtenir. Désirer quelque chose, c'est donc avoir l'illusion que cette chose pourrait nous appartenir, et croire qu'elle nous est accessible.

Mais ceci est une illusion, car tout n'est pas en notre pouvoir.

C'est ce qu'explique Épictète dans Le Manuel : nous sommes amenés à désirer deux types de choses, celles qui dépendent de nous, et celles qui ne dépendent pas de nous.

Libérer le désir implique que nous le portions indifféremment sur ces deux catégories. Laisser ainsi aller le désir mène forcément au malheur et à l'esclavage.

Si je désire quelque chose qui ne dépend pas de moi en croyant pouvoir l'obtenir, je vais me rendre esclave de l'objet, c'est-à-dire passif, puisque je ne pourrai pas agir en vue de le posséder (puisqu'il ne dépend pas de moi).

Je vais rencontrer des obstacles, et être malheureux. Libérer le désir, c'est-à-dire le laisser porter sur n'importe quel objet avec l'illusion de l'obtenir mène forcément au malheur et à l'esclavage puisqu'il faut au contraire désirer que ce que je suis sûr de pouvoir posséder pour ne jamais être déçu et toujours satisfait. I/ Se libérer du désir, un ascétisme qui nie la nature de l'homme : Étant donné que le désir nous fait courir le risque d'être malheureux, peut-être faudrait-il travailler à s'en libérer complètement pour ne plus être esclave de quoi que ce soit.

Cela nous est possible parce que nous nous caractérisons comme des êtres raisonnables, capables de maîtriser nos désirs et passions. C'est ce qu'explique Kant dans L'introduction à la Métaphysique des mœurs.

Nous sommes selon lui, à la fois des êtres sensibles – ayant des passions et des désirs - et des êtres intelligibles - doué de raison qui nous permet de nous extraire de l'expérience pour nous situer au niveau de l'universel.

Notre volonté peut donc être déterminée de 2 façons : soit par une détermination extérieure (agir selon ses penchants et désirs, et suit ainsi les lois de la nature) soit par un principe interne (agir selon sa raison et donc selon l'universel en nous).

à La volonté n'étant pas en soi pleinement conforme à la raison, elle peut être déterminée par des penchants, (=hétéronomie de la volonté), et dans ce cas, je peux décider de ne pas agir selon ma raison et mon coté intelligible, mais selon mes penchants et ma nature sensible.. »

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