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Dissertation: Peut-on en finir avec les préjugés?

Publié le 06/11/2022

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« Philosophie – tronc commun – Corrigé de dissertation Peut-on en finir avec les préjugés ? Rappel consigne : pour cette première dissertation, il s'agissait avant tout d'amorcer l'esprit de réflexion et d'analyse qui fait le propre de la discipline philosophique, et sans lequel aucune matière acquise dans l'année ne pourra être mise à profit.

Je n'ai donc pas sanctionné l'absence de références philosophiques.

Par contre, les travaux ultérieurs devront impérativement en comporter. Le principal défaut de la quasi totalité des dissertations a précisément été l'absence d'analyse conceptuelle.

Beaucoup de travaux développent des considérations simplement factuelles, des exemples (reproche de développements « anecdotiques »), posent des affirmations comme des évidences sans les interroger, ce qui prouve bien au passage qu'il est bien difficile d'en finir avec les préjugés...

parce que l'effort d'analyse des idées est lui-même peu évident ! Comme l'un des fondements de l'apprentissage est l'imitation, le mieux reste ici la lecture et relecture des dissertations qui mettent en œuvre l'esprit d'analyse, ce que je m'efforce de faire ci-après.

A mettre en regard de vos propres travaux, dans l'idée de comprendre vraiment ce qui leur manque. ֍ La formule « je pense » émaille la plupart de nos propos.

Combien de nos phrases, en effet, commencent ainsi ? Et pourtant, quand je dis « je pense que », jusqu'à quel point ce qui suit correspond-il vraiment à une chose que je pense ? Que j'ai fait l'effort de penser ? Combien de propos répétés, repris, empruntés, énoncés sans que moi-même ai pris aucune part réelle à leur élaboration conceptuelle ? Au fond, combien de préjugés dans ce que j'avance pourtant comme des jugements en première personne ? Et pourtant, le fait est que nous associons communément l'effort de réflexion, en particulier personnel, à la mise à distance de cet impensé, de cette pensée d'avant même la pensée en bonne et due forme, au fond de ce pré-pensé que constitue à proprement parler le préjugé.

Dès lors, identifier l'incurable persistance de ce préjugé au cœur même de ce que nous affichons pourtant comme notre pensée nous amène à poser la question suivante : peut-on en finir avec les préjugés ? Car puisque le préjugé, comme synonyme d'a priori, ou d'opinion, est une sorte de jugement qui précède toujours le jugement authentique, celui qui investit pleinement la capacité de réflexion, c'est-à-dire d'analyse des fondements d'une idée, il nous est impossible de nous en satisfaire au titre de la pensée.

De là, la condamnation courante du préjugé, de là le souhait probablement assez commun de s'en défaire, au moins dans ce que l'on affiche.

Qui pourrait en effet revendiquer et s'enorgueillir de ne disposer en son esprit que de « prêt-à-penser » ? Mais au-delà de ce souhait, il s'agit ici de s'interroger sur la capacité réelle de l'homme de se défaire des préjugés : les hommes en ont-ils communément les moyens, en sorte que cette ambition de se libérer du préjugé pour, au fond, penser réellement par soi-même, devienne réalité ? De plus, la question, qui comporte la formule « en finir », amène à envisager le terme non seulement complet mais également définitif d'une réalité dont on a souligné la nature sans cesse renaissante.

Aussi, le problème qui se pose au fond est de savoir si la volonté de se défaire des idées fausses, héritées, infondées, ne constitue pas un vœu pieux tout autant qu'irréaliste.

Et cela amène à nous interroger plus fondamentalement sur ce qui nous attache si profondément aux préjugés, en sorte que la vraie liberté de penser par soi-même n'est jamais donnée, mais constitue toujours une réelle conquête. Nous tenterons donc d'éclaircir ce problème en analysant d'abord ce qui confère leur puissance aux préjugés, puis en évaluant dans un second temps ce qui fonde l'espoir d'en venir peut-être à bout, c'est-àdire en analysant nos moyens de lutter contre ces préjugés.

Nous nous demanderons dans un troisième temps si, à la lumière d'une compréhension plus fine de ce que sont les préjugés, il ne faut pas précisément, pour les dépasser, renoncer à vouloir « en finir » avec eux. * Plan très détaillé (cela, évidemment, ne doit pas apparaître ainsi dans la copie rédigée qui ne comporte AUCUN TITRE !) : I/ Ce qui explique ou fonde la solidité ou résistance des préjugés. A.

Le préjugé tire sa force de son caractère commun. Le préjugé est par essence une « idée reçue » sans examen.

Elle n'est donc pas créée mais livrée, transmise.

Admettre un préjugé relève donc d'un conformisme plus ou moins conscient.

L'homme est un être sociable : le tendance est donc forte à se « conformer » à ce qui unifie le groupe.

Le préjugé en fait partie.

Ce conformisme prend racine dans le processus même de la transmission, fondateur du lien social. C'est ce qui fait du préjugé une réalité quasi incontournable : nous avons tous été d'abord enfants et immature dans la pensée, tout en ayant besoin de comprendre les choses.

Nous nous en sommes donc tous remis à des paroles d'autorité (parents, institutions...).

L'éducation, la transmission, la tradition, sont les ressorts essentiels du préjugés.

Non que les idées transmises soient nécessairement fausses ou erronées. Mais la force du lien social chez l'homme, et en particulier chez l'enfant immature au plan de la réflexion critique, engendre comme une tendance fondamentale à croire avant que de penser.

Le préjugé est avant tout croyance confiante dans ce que l'autre qui a autorité sur moi me livre comme vérité. B.

Le préjugé tire sa force de son caractère inconscient. Le préjugé est méconnu en tant que préjugé (caractère inconscient).

Nous ignorons souvent que nous ne savons pas (au contraire de Socrate).

Le pb n'est pas tant l'absence de connaissance que la méconnaissance de ce qui distingue une connaissance d'une approximation ou d'une franche erreur.

Le vraisemblable et le vrai sont parfois terriblement proches, leur distinction réclame examen.

La difficulté de cet examen est peut-être avant tout liée à sa temporalité : le temps de la pensée rigoureuse est un temps en rupture, suspendu, où l'on engage une attention que l'on retire ailleurs, où l'on se rend disponible pour autre chose que l'action.

C''est là le temps de la pensée qui est une forme d'oisiveté nécessaire.

Peu d'hommes ont en réalité le loisir de se consacrer durablement à cet effort d'examen.

L'existence est également action et interaction, dans lesquels nous engageons des avis sans avoir souvent eu le temps de les interroger.

Car ce temps de la pensée n'est pas donné, il est en général pris sur l'action elle-même, sur le divertissement, sur tout ce qui nous occupe, et tout ce à quoi nous souhaitons d'être occupés plutôt que d'examiner nos pensées... C.

Le préjugé tire sa force de son caractère confortable. Le préjugé a l'avantage de la rapidité, de l'immédiateté, il est « tout-prêt ».

Il est plus aisé à admettre qu'une pensée en première personne qui demande effort.

De même, revenir sur ce que l'on a pensé ou admis suppose un autre type d'inconfort : admettre, auprès des autres et, peut-être pire encore, auprès de soi-même, que l'on avait mal jugé (erreur) ou pas pensé du tout, quitte à en concevoir une forme de honte. Penser contre l'avis communément admis (la doxa ou opinion), c'est aussi aussi se condamner à l'inconfort de la solitude, de l'isolement.

Le penseur est souvent solitaire comme l'effort de pensée (voyez « le Penseur » de Rodin...).

Au contraire de ce caractère tâtonnant de la pensée rigoureuse qui doit se chercher, le préjugé affiche la force commune et l'assurance de l'absence de doute : un préjugé participe toujours d'une forme d'évidence collective à laquelle il est difficile car pénible de déroger.

Et s'approcher de la vérité en se détachant des évidences communes peut donner l'impression de moins savoir, ou de ne rien savoir du tout (ex : dans la caverne de Platon, le prisonnier lorsqu'il se tourne vers la lumière ne voit d'abord plus rien. Le philosophe prête dès lors à rire, parce qu'il semble déconnecté de la réalité la plus évidente, du « sens commun » ). II/Ce qui fonde notre espoir d'en venir un jour à bout.

Nos moyens humains de remettre en question les préjugés et de développer une pensée digne de ce nom, au fond, une authentique liberté de penser. A.

Universalité du bon sens. « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » (Descartes).

L'esprit humain est doté d'une capacité à discerner le vrai d'avec le faux, à examiner les idées et à repérer ce qui n'est qu'approximatif c'està-dire mal fondé.

Sans cela, il n'y aurait pas progrès de la connaissance au cours de l'histoire de l'homme.

Or l'homme n'a cessé de faire retour sur ce qui a été pensé avant lui : nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants qui nous ont précédés.

Et nous ne nous sommes hissés sur leurs épaules qu'en interrogeant leurs évidences à la façon de préjugés. B.

Progrès possible et nécessaire dans l'usage du bon sens. Le bon sens est un sens du vrai qui se cultive ; aussi universel soit-il, il est faillible (« Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien », Descartes).

Exemple des failles logiques (paralogismes) omniprésents dans les approximations mentales que sont les préjugés.

Un esprit entraîné discerne d'autant mieux les failles d'un discours, y compris et surtout le sien propre, puisqu'au fond la pensée est « un dialogue silencieux de l'âme avec elle-même » (Platon). C.

L'homme peut s'élever à une certaine liberté de penser, c'est-à-dire à.... »

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