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Berkeley: le libre et entier usage de la raison.

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BERKELEY: Si nous prenons la peine de plonger et de pénétrer au fond des choses, d'analyser les opinions jusqu'à leurs premiers principes, nous trouverons que les opinions qui passent pour avoir le plus d'importance sont des plus ténues à l'origine. Elles dérivent soit des usages qui se trouvent régner au pays où nous vivons, soit des premières notions qu'on a insinuées dans notre esprit encore tendre avant que nous fussions capables de discerner le bien et le mal, le vrai et le faux. Le vulgaire (j'entends par là tous ceux qui ne font pas un libre usage de leur raison) est porté à prendre ces préjugés pour des choses sacrées et indiscutables. Il croit qu'elles ont été imprimées au coeur de l'homme par Dieu lui-même, ou apportées du ciel par la Révélation, ou qu'elles portent en elles assez de lumière et d'évidence pour forcer l'assentiment sans recherche et sans examen. Ainsi la multitude bornée des hommes ont la tête farcie d'un ramassis de conceptions, de principes et de doctrines en religion, en morale et en politique, qu'ils soutiennent avec un zèle proportionné à leur manque de raison. Au contraire, ceux qui emploient comme il faut leurs talents à la recherche de la vérité, prennent spécialement soin de sarcler leur esprit, et d'en arracher toutes les notions et tous les préjugés qu'on a pu y planter avant qu'ils fussent parvenus au libre et entier usage de leur raison.

• Définitions : leurs premiers principes : leurs origines un libre usage de leur raison : un usage critique. • Il conviendrait de rapprocher ce texte de la pensée de Descartes qui se fonde sur une défiance générale à l'égard de tout ce qui lui a été enseigné : cf. Discours de la méthode, lre partie. Cf. aussi, Règles pour la direction de l'esprit : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment telle. »

« PRESENTATION DE LA "LETTRE A MENECEE" D'EPICURE La Lettre à Ménécée est l'un des rares écrits qui nous restent de l'oeuvre immense d'Épicure (vers 341-270 av.

J.C.), que nous connaissons surtout à travers son disciple Lucrèce.

Le projet du fondateur de l'École du Jardin, à une époque où la Grèce traverse une grave crise politique, économique et sociale, est de fonder une sagesse sur une physique matérialiste.

Souvent mal compris et caricaturé, Épicure ne cessera d'inspirer les philosophes athées cherchant à penser le bonheur de l'homme ici et maintenant. Il s'agit de méditer sur les causes du malheur humain et de montrer quels en sont les remèdes afin d'atteindre l'ataraxie* : la philosophie d'Épicure est une médecine de l'âme, qui nous enseigne la conduite à adopter à l'égard de nos craintes et de nos désirs. Plaisir et ataraxie Les hommes et les animaux, dès leur naissance, cherchent le plaisir et fuient la douleur.

Le plaisir dont il est ici question n'a rien d'intellectuel.

Le plaisir épicurien est celui du corps uniquement, plaisir de la chair, plaisir du ventre : « Je ne peux imaginer le bien si je supprime les plaisirs du goût, ceux de l'amour, ceux des sons, ceux des formes visibles.

» Tous les plaisirs peuvent être rapportés au corps.

Même le plaisir de l'amitié est lié au corps puisque, pour Épicure, l'ami est celui qui peut, en cas de danger, protéger notre corps et lui éviter ainsi la souffrance.

De même - et c'est pour cela que la morale est chez Épicure prédominante sur tous les autres domaines de la philosophie - la connaissance intellectuelle du monde, qui explique que tout corps est une réunion passagère d'atomes, a pour but d'écarter ainsi la peur de la mort, qui concerne le corps.

Pourvu de cette connaissance, le sage épicurien obtient ainsi un plaisir, car il s'épargne la souffrance qui naît de cette angoisse de la mort. Mais quelle est la nature de ce plaisir ? Il n'est pas une poursuite incessante, comme chez les cyrénaïques.

Il est la recherche du moment où le désir est satisfait.

Car un désir non satisfait est une souffrance, tandis qu'un désir satisfait est un plaisir.

Entre les deux, plaisir et douleur, il n'existe pas d'état intermédiaire qui serait l'absence de plaisir et de douleur et c'est ce qui permet donc à la doctrine d'Épicure de s'appeler elle-même doctrine du plaisir, même si elle repose en fait sur la définition négative du plaisir, qui est le plus souvent considéré comme une absence de douleur. Aussi l'idéal du sage n'est-il pas de se livrer à toutes sortes de débauches pour satisfaire ses sens mais de parvenir à une situation sans trouble aucun, où les désirs sont réduits à presque rien, de façon à ne pas engendrer, par le manque de satisfaction, la souffrance, et où les craintes sont apaisées par la connaissance.

Cet état du sage est l'ataraxie. Le plaisir est notre bien principal et inné (Épicure). Une des constances de la philosophie d'Épicure est de vanter le plaisir.

On retrouve la formule « Le plaisir est notre bien principal et inné » dans la « Lettre à Ménécée ».

Mais l'épicurisme ne correspond guère à l'image populaire que l'on en garde : celle du « bon vivant ».

Dans cette lettre, on lit : « Tout plaisir est de par sa nature propre un bien, mais tout plaisir ne doit pas être recherché ».

C'est à une compréhension véritable du plaisir, et à une gestion rationnelle des désirs que la philosophie d'Epicure nous invite, philosophie des « sombres temps », de l'époque troublée, violente, des successeurs d'Alexandre le Grand. La « Lettre à Ménécée » est une description de la méthode apte à nous procurer le bonheur.

Car si tous les hommes cherchent le bonheur, ils sont, selon le mot d'Aristote, comme des archers qui ne savent pas où est la cible, incapables de la définir et de l'atteindre. Epicure commence par expliquer que nous n'avons rien à redouter des dieux, vivants bienheureux qui ne se soucient pas des hommes, et que la mort n'est rien pour nous.

Débarrassés du souci du jugement divin et de la survie de l'âme, nous sommes alors aptes à bien vivre notre vie présente.

Bien vivre notre existence veut dire parvenir au bonheur ici-bas, et cela n'est possible que par un bon usage des plaisirs et des désirs. L'homme est un être de désir, et selon qu'il parvient ou échoue à satisfaire ses désirs, il est heureux ou misérable. Or, le bonheur est d'abord l'absence de souffrance physique ou psychologique.

C'est pourquoi Epicure déclare : « Une théorie non erronée des désirs sait rapporter tout choix à la santé du corps et à la tranquillité de l'âme puisque c'est là la perfection même de la vie heureuse.

Car tous nos actes visent à écarter la souffrance et la peur.

». »

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