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Autrui peut-il m'aider ?

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« L'énoncé du sujet est quelque peu déroutant.

Pris au sens littéral, il est en effet évident qu'autrui peut m'aider et on ne voit pas où est le problème.

Il convient donc de « problématiser » cette question, de lui donner un sens philosophique.

On peut par exemple le faire en se demandant si je puis considérer autrui en tant qu'autrui, c'est-à-dire en tant que personne, comme une aide, c'est-à-dire faire de lui un moyen au service de mes fin (ou bien voir en lui un obstacle s'opposant à ces fins). Introduction Un constat : Constamment, pour des choses de petite comme de grande importance, nous demandons aux autres (nous exigeons d'eux parfois), qu'ils nous aident.

Il nous semble ainsi évident qu'autrui peut nous aider, voire qu'il le doive. Toutefois, on peut s'interroger sur la légitimité d'une telle vue.

Car lorsque je vois en autrui une aide possible pour moi, autrui reste-il encore pour moi une personne ou ne vois-je plus en lui que cette aide précisément que je désire qu'il m'apporte ? Autrui n'est-il pas alors pour moi un simple moyen, un instrument, pour parvenir à mes fins, un peu comme un marteau est pour moi un instrument et un moyen pour enfoncer un clou ? Bref ne ravalè-je point, ce faisant, autrui au rang d'une chose ? Le problème : La question se pose donc de savoir si autrui, en tant qu'autrui, peut m'aider (ou me nuire), c'est-àdire si je puis réduire autrui à n'être pour moi autre chose qu'un obstacle ou un moyen. 1.

Autrui, obstacle et moyen pour moi Les échanges concrets avec autrui La vie sociale offre de nombreux exemples de situations dans lesquelles autrui apparaît comme un obstacle à mes fins (concurrent, rival, adversaire...) ou au contraire comme une aide, un moyen (allié, partenaire, associé, aide, complice...). Si l'opinion commune met aisément l'accent sur l'obstacle que peut représenter autrui, plutôt que sur l'aide qu'il peut apporter, les philosophes rappellent avec force tout ce que le moi lui doit, au-delà des échanges les plus évidents mais pas toujours les plus essentiels. Hegel : la conscience doit être reconnue par autrui L'individu solitaire ne peut accéder à la plénitude de la conscience de soi. Sans la rencontre d'autrui, le moi resterait enfoncé dans l'être de la vie, dit Hegel, un peu à la façon d'un animal : le moi réduit à une conscience immédiate est incomplet. Mais le moi ne désire pas seulement s'approprier des objets qui lui permettent de subsister (par la satisfaction des besoins) ; il a en effet désir d'être reconnu par autrui comme un être qui n'est pas prisonnier de son attachement à la vie. D'où l'idée d'une lutte des consciences, dit Hegel.

Au cours de cette lutte, celui qui met sa vie en jeu est reconnu comme le maître par celui qui reste esclave (esclave de la vie d'abord, du maître par conséquent).

Cette mise en scène ne décrit pas une situation historique, elle vise à nous faire comprendre que la conscience de soi est plus que la conscience d'exister : elle inclut la conscience d'être libre, dont le maître est ici la figure. Autrui n'est pas, dans cette problématique, un simple obstacle s'opposant à la réalisation de soi ou la retardant, il n'est pas une aide non plus en ce sens qu'il ne veut pas m'aider ; il est médiation nécessaire, moyen essentiel entre un moi immédiat et le moi qui accède à la conscience vraie de lui-même. Sartre : autrui, médiateur entre moi et moi S'inspirant des analyses de Hegel, Sartre oppose la conscience solitaire et la conscience devant autrui.. »

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