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A quoi reconnaît-on la vérité ?

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« Ce sujet porte de prime abord sur l'existence de critères permettant de distinguer un énoncé vrai d'un énoncé faux : qu'est-ce qui m'indique que « deux plus deux égalent quatre » est un énoncé vrai, et qu'en revanche, « le soleil tourne autour de la Terre » est un énoncé faux? Ce critère est censé produire la conviction : le sujet pose donc le problème du lien pouvant relier la vérité, définie indépendamment du sujet humain, à l'adhésion du sujet à cette vérité. La vérité est, en effet, définie indépendamment du sujet, car cette notion implique de distinguer ce qui est vrai de ce qui est tenu pour vrai. Mais il nous faut recevoir en notre créance ce qui est vrai. Pourtant, un tel lien est difficile à expliquer. Les deux exemples précédents n'ont pas, en effet, été choisis au hasard : ils montrent le caractère problématique d'un critère unique valant pour tous les énoncés vrais, c'est-à-dire aussi bien pour les énoncés empiriques, comme le second énoncé, les énoncés non empiriques comme les énoncés mathématiques, les énoncés généraux, les énoncés particuliers... Mais il faut aller plus loin : c'est l'existence même d'un critère permettant de reconnaître toute vérité, quelle qu'elle soit, qui est discutable. Ce critère est censé être commun à l'ensemble des vérités, et donc distinct de chacune d'entre elles. Il sert à reconnaître un énoncé vrai. Mais s'il est distinct de l'énoncé lui-même, ne doit-il pas à son tour être reconnu ? Nous avons alors besoin d'un critère pour reconnaître le critère permettant de reconnaître la vérité. S'il n'y a pas de critères permettant de reconnaître la vérité, Peut-on soutenir que la vérité, ou au moins un certain type de vérités qu'il vous faut déterminer, est son propre signe? Et si cela n'est pas le cas, ne faut-il pas admettre qu'il n'y a pas à reconnaître des vérités définies indépendamment de toute reconnaissance par les sujets humains ? Introduction La vérité, c'est l'accord de la pensée et de la réalité. Si par exemple je pense que l'eau bout à 100° et que l'eau se trouve vraiment bouillir à 100°, je peux dire que je suis dans la vérité, tandis que si elle bout à 99° ou 50°, ma pensée n'étant pas conforme à la réalité, je suis dans l'erreur. Le critère qui nous permet de reconnaître la vérité semble donc être tout simplement la confrontation avec la réalité : il faudrait que je vérifie ce que je crois être vrai en faisant des observations ou des expérimentations. Pourtant, nous ne sommes pas toujours en mesure de faire cette vérification. Si quelqu'un nous dit qu'en altitude, l'eau bout à 90° et non à 100°, il n'est pas sûr que nous puissions aller à la montagne et procéder nousmême à cette vérification. Existe-t-il des critères de vérité indépendamment de l'expérience ? N'ai-je pas d'autres moyens de procéder à cette vérification que l'expérimentation ? On pourrait en effet considérer que si la pensée doit être conforme à la réalité pour être vraie, il n'en reste pas moins que l'on peut dire qu'à l'intérieur même de la pensée, il y a certains moyens de savoir si l'on pense vrai ou faux : la cohérence, la logique par exemple. Reconnaître la vérité suppose-t-il que je me tourne vers la réalité, ou est-ce qu'un critère de vérité peut être attribué à mes seules pensées ? I. la vérité comme évidence : l'intérêt de la méthode A. le problème de la certitude Comment être certain, comment ne pas douter qu'une théorie scientifique par exemple est vraie ? N'y a-t-il pas toujours un moyen de douter de tout ? Montaigne par exemple donne l'argument pyrrhonien par excellence : celui du rêve. Quand on rêve, on a aussi des sensations, des perceptions, et pourtant, ce n'est qu'un rêve, comment alors savoir qu'on ne rêve pas ? Ce cas ne détruit-il pas tout accès possible à la vérité ? B. Descartes et le cogito : la vérité première Descartes reprend ce problème dans les Méditations métaphysiques. Mais, même si je rêvais, ou si un malin génie me trompait, il n'en resterait pas moins que je suis. Je puis donc douter de tout, remettre toutes les vérités en question, mais pour douter, il faut être : « je pense, donc je suis », c'est cela la vérité première de Descartes, et c'est effectivement une vérité au sens le plus stricte qui soit : un accord entre la pensée et la réalité, puisque, la réalité qui est visée, c'est la pensée elle-même. C. une méthode pour trouver la vérité Pour trouver d'autres vérités, Descartes élabore ce qu'on appelle une méthode, c'est-à-dire un ensemble de règles qui permettent de trouver des vérités. La méthode consiste essentiellement à ne rien considérer comme vrai s'il existe le moindre doute : toutes les connaissances reconnues comme vraies doivent être claires et distinctes, c'est-à-dire qu'on ne doit pouvoir les confondre avec aucune autre chose. Transition : mais sur quoi repose cette évidence du vrai ? Pour la vérité première, le cogito, l'accord de la pensée avec la réalité est intrinsèque, mais pour toutes les autres vérités, il faut que quelque chose justifie cette évidence de la vérité. II. la vérité comme reconnaissance A. le paradoxe de la connaissance Paradoxe énoncé par Socrate dans le Ménon : on ne peut en fait chercher la vérité, car soit on sait ce que l'on »

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