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Dissertation Duras - Dissertation – Le ravissement de Lol V. Stein et Le Vice-Consul C’est très bien dans l’ensemble. Les fautes d’orthographe et les négligences, quel dommage… 15

Publié le 27/12/2023

Extrait du document

« Elfried Lanoire LSH L3 Dissertation – Le ravissement de Lol V.

Stein et Le Vice-Consul C’est très bien dans l’ensemble.

Les fautes d’orthographe et les négligences, quel dommage… 15 « Il faut se perdre ».

Cette injonction qu’on trouve au début du Vice-consul pourrait bien être le principe de tout, dans ce roman comme dans Le Ravissement de Lol V.

Stein. En effet, la perte est l’élément qui semble caractériser et se poser en principe structurant de l’œuvre de Duras.

Dans les deux romans étudiés, l’auteure présente une intrigue dont la narration et les repères sont désenchaînés, faisant délibérément de la lecture une expérience de désorientation.

Cette injonction qui ouvre le roman Le Vice-Consul semble d’emblée signifier au lecteur la nature du récit, tout en soulignant la nécessité de l’égarement : si la perte semble brouiller les repères, elle est cependant clef de lecture.

Le Ravissement de Lol V. Stein.

et Le Vice-Consul s’inscrivent dans une poétique du vertige et de la perte de repères. Marguerite Duras travaille à désarticuler le récit, sa narration et sa chronologie, présente des personnages dont on sait peu des choses, et réussit à coucher sur le papier la substance même du manque, du doute et de l’éternelle interrogation.

Elle fait ainsi des failles le centre même de son œuvre.

Bien « Il faut se perdre » : plus qu’une invitation, cette injonction est la condition même à laquelle le lecteur doit se plier.

L’incompréhension est moteur du récit : la vérité est secondaire, et peu à peu les jalons du récits sont défaits.

La plongée dans la perte est ainsi le cœur de l’expérience de lecture proposée par Marguerite Duras, et nous allons analyser à quoi tient cette perte. Nous pouvons nous demander : comment l’auteure opère-t-elle une désorientation totale dans les différents plans du roman, et à quelle nouvelle expérience romanesque ces pertes de repères aboutissent-elles ?Bien Dans un premier temps, nous étudierons l’égarement produit par la narration désenchaînée, et le caractère lacunaire des références.

Ensuite, nous travaillerons à analyser la perte de repères opérée par une chronologie délinéarisée et fragmentaire, ainsi que le brouillage de la fiction et du réel.

Enfin, nous analyserons dans les deux romans le caractère énigmatique du récit à travers l’écriture lacunaire de certains personnages, et le thème prédominant du manque, pour faire apparaître comment ces porosités contribuent à une expérience de désorientation.Bien L’injonction thématique que l’on retrouve au début du Vice-Consul est appel à se perdre, comme une règle d’écriture que l’auteure réclame comme sienne.

A contre-courant, Marguerite Duras se défait de toutes les règles de narration classique et présente des romans dont la composition déroutante plonge le récit dans une indétermination structurante. L’auteure donne donne de manière progressive et retardée les informations du récit, entraînant un effet de découverte graduelle qui brouille les repères de la narration.

C’est ainsi que dans Le ravissement de Lol V.

Stein, le narrateur, présenté par le déictique vide « je » n’est pas présenté immédiatement aux lecteurs, qui ne connaissent que peu d’informations sur lui.

Ce Commenté [Claude MI1]: le texte insiste sur le fait que c'est un propos de scripteur narrateur présente d’emblée son projet de restituer les raisons de la folie du personnages de Lol.

L’identité de Jacques Hold, sorte de narrateur-enquêteur, est dévoilée à la fin du premiers tiers du récit: ce procédé de retardement contribue à la fragmentation du récit, car la révélation de l’identité du narrateur pose la fin de l’enquête mené par celui-ci, l’action se concentrant ensuite sur la relation entre Jacques Hold et Lol.

V.

Stein.

L’enquête de Jacques Hold participe également au brouillage chronologique, car son enquête entraîne des retours en arrière en revenant sur différents moments de la vie de Lol, faisant s’intriquer dans le récit des fragments du passé.

La narration du Vice-Consul entraîne également une perte de repère par l’emboîtement de différents niveaux narratifs.

Dès l’ouverture du récit, il est dit que l’histoire de la mendiante est écrite par Pierre Morgan.

Rien sur son identité n’est divulgué.

Le récit de la mendiante et la réalité de Pierre Morgan se rencontrent quelques pages après, lorsque celuici sort et observe la mendiante, objet de son récit, devant la résidence de l’ex vice-consul.

La narration se fait donc sur plusieurs plans indépendants qui se mêlent au fur et à mesure du récit.

Ces procédés de perte de repères permettent le brouillage des instances narratives et du récit. Nous pouvons souligner que, bien que le titre crée une attente sur le personnage du viceconsul, celui-ci apparaît relativement tard dans le romanoui.

En effet, la mendiante occupe la première partie du roman.

Si elle occupe le centre du récit durant les 69 premières pages, elle disparaît presque complètement durant 75 pages, dans lesquelles elle n’apparaît que par allusions.

Comme encastré au milieu de la scène de la réception, un paragraphe lui est consacré, comme sorti de son contexte, puis la narration effectue un retour direct à la réception, sans lien ni pause : le changement de scène est effectué par un simple retour à la ligne, sans blanc de séparation.

Cette incision dans le récit produit un effet d’étrangeté, qui amène à poser la question du rôle de cette interruption brutale dans le récit.

Un passage consacré à la mendiante interrompt une nouvelle fois le récit, page 145.

Le changement d’objet de la narration déroute la lecture.

Dans les deux romans, Marguerite Duras emmène le lecteur, sans que celui-ci sache où le récit mène : elle installe une tonalité policière dans Le Vice-Consul, en multipliant les énigmes autour de ce personnage et de son étrange comportement criminel à Lahore.

Cependant, ces éléments ne connaissent pas de véritable dénouement et restent au stade d’ébauche.

Marguerite Duras esquisse une autre intrigue qu’elle ne résout pas, faisant croire à une histoire d’amour potentielle entre le vice-consul et Anne-Marie Stretter, mais il ne se produira entre eux qu’une conversation évasive. Ces dispositifs permettant l’égarement du lecteur sont propres à l’écriture Durassienne . L’auteure présente une chronologie délinéarisée avec de nombreux retours en arrière et répétitions.

Certaines phrases où scènes reviennent à la surface à plusieurs reprises jusqu’à l’obsession.

Dans Le Ravissement de Lol V.

Stein, l’événement décisif du bal de T.

Beach se répète dans le récit à plusieurs reprises dans toute sa violence.

Ce dispositif de répétition opère un retour perpétuel à cet événement, interrompant le récit comme un souvenir-écran, et mélange les frontières entre le présent et le passé, le réel et l’imaginé : le temps est ainsi distordu, ce qui donne un effet de déréalisation.

Lol revit au présent la scène tragique du bal « […] elle recommence le passé, elle l’ordonne, sa véritable demeure, elle la range.

» La répétition de la scène martèle le texte et brouille la chronologie et la réalité.

« Et cela recommence […] Et cela recommence : les fenêtre scellées, fermées, le bal muré dans sa lumière nocturne les aurait contenu tous les trois et eux seuls.

» Cette scène du bal, véritable image revisitée à l’infini est déclinée par différents locuteurs.

La perte de repères s’opère donc à travers cette délinéarisation de la chronologie, qui vient placer au centre la scène du bal, comme noyau diégétique.

Duras abandonne la chronologie linéaire pour un système de Commenté [Claude MI2]: pas vraiment, d'autant qu'on sait très vite que l'ambassade a décidé de couvrir le v-c. Commenté [Claude MI3]: Bien références fragmentés.

L’auteure souligne la récurrence d’images et de pensées chez Lol.

V. Stein au début du roman, lorsque celle-ci se promène.

« Pensées naissantes et renaissantes, quotidiennes, toujours les mêmes qui viennent dans la bousculade, prennent vie et respirent dans un univers disponible, aux confins vides et dont une, une seule arrive avec le temps, à la fin, à se lire et à se voir un peu mieux que les autres, à presser Lol un peu plus que les autres de la retenir enfin.

» L’auteure souligne la récurrence incessante de ces pensées à travers le syntagme « naissantes et renaissantes », pour signifier l’incessant retour de cellesci qui hantent le personnage de Lol.

V.

Stein. Ce système de récit fragmenté destiné à perdre le lecteur et à rendre la lecture cryptique et onirique fonctionne sur diverses images.

Un véritable système d’images hante la lecture, apparaissant par fragments pour ensuite disparaître, et viennent hanter les différents personnages.

L’image de la jeune femme allongée dans le champs de seigle reparaît dans le texte, se répétant dans l’action ainsi que dans le souvenir, comme une image clé qui s’attache à Jacques Hold.

« Limage du champs de seigle me revient, brutale [...] » Dans le récit du ViceConsul, l’image qu’invente Charles Rossett sur Anne-Marie Stretter revient, tantôt claire puis brouillée, à plusieurs reprises, page 161 et 181, comme une image exotique, énigmatique et fantasmée de la rencontre de celle-ci avec son mari.

Ces échos qui transpercent le texte dérangent la chronologie et opèrent un distorsion du temps.

Ce dispositif de répétition éloigne le texte d’un réalisme romanesque strict, et rendent la chronologie.... »

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