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Analyse linéaire n°1 : Préambule + articles 1 et 2.

Publié le 03/01/2026

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« Analyse linéaire n°1 : Préambule + articles 1 et 2. Amorce : À la fin du XVIIIᵉ siècle, alors que la Révolution française redéfinit les droits civils et politiques, les femmes restent exclues des avancées proclamées par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

C’est dans ce contexte que la révolutionnaire Olympe de Gouges rédige en 1791 La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, un texte fondateur du combat féministe. Présentation de l’extrait : L’extrait que je vais étudier ce constitue du préambule ainsi que des deux premiers articles de La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, placés après la dédicace à la Reine.

Il en expose les fondements politiques et les ambitions féministes. Lecture + premières impressions : Dès les premières lignes, le texte se distingue par un ton solennel, volontairement officiel.

L’autrice y affirme une prise de parole engagée, au nom de toutes les femmes, avec un discours à la fois politique et personnel.

On ressent un parti pris assumé en faveur de l’égalité des sexes, nourri par les idéaux des Lumières, mais aussi par une motivation profondément intime. Problématique : Dans quelle mesure cette entrée en matière annonce-t-elle un combat à la fois collectif et personnel ? Mouvement 1 : Thèse de l’auteur + enjeux Dans le préambule de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges affirme une prise de parole forte, à la fois personnelle et collective, en se présentant comme la porte-parole des femmes.

L’énumération « mères, filles, sœurs » souligne l’universalité de son discours, tout en insistant sur le lien de filiation et de solidarité entre les femmes.

Par une périphrase subtile, elle fait basculer les femmes du domaine privé au domaine politique, affirmant qu’elles sont elles aussi représentantes de la nation.

Dès la première phrase, formulée au présent d’énonciation, l’autrice annonce son intention révolutionnaire : refaire la Révolution, mais cette fois en incluant les femmes.

Elle reprend le modèle du serment du Jeu de Paume, en appelant à une Assemblée nationale féminine, et accuse la société d’avoir exclu la moitié de ses membres.

La gradation « ignorance, oubli, mépris » traduit un reproche fort adressé aux hommes et aux institutions.

L’oubli des femmes est, selon elle, la cause de la corruption et des malheurs sociaux.

En changeant l’intitulé de la Déclaration originelle, elle insiste sur la nécessité d’un texte spécifique aux femmes, pour réparer l’injustice fondatrice de la société.

Il ne s’agit pas d’une simple protestation, mais d’une proposition politique concrète, visant à institutionnaliser l’égalité à travers une « déclaration solennelle » inscrite dans la Constitution. Mouvement 2 :Buts de la ddfc La seconde partie du préambule prend la forme d’une période oratoire, rythmée par trois occurrences de « afin que », qui structurent les objectifs de l’autrice.

Le premier but est de rendre éternels les droits et devoirs de tous les citoyens, hommes et femmes.

L’utilisation des adverbes « constamment » et « sans cesse » souligne cette volonté de pérennité.

Olympe de Gouges ne se contente pas de réclamer des droits : elle insiste sur la nécessité d’un équilibre entre droits et devoirs, pour ne pas sombrer dans l’excès ou le privilège.

Le deuxième objectif est la définition d’une démocratie véritable, où le pouvoir repose sur le peuple dans son ensemble.

À travers un jeu de dérivations sur le mot « pouvoir », elle rappelle que l’autorité doit émaner également des hommes et des femmes, et que « toute institution politique » doit refléter cette égalité.

Enfin, le troisième but est d’ancrer cette égalité dans les mœurs et l’éducation, en insistant sur le rôle fondamental des femmes dans la transmission des valeurs.

L’autrice revendique une tonalité polémique, notamment en parlant de « réclamations » : elle conteste l’ordre établi pour le transformer.

En vulgarisant ces principes « simples et incontestables », elle s’adresse à toutes et à tous, espérant ainsi garantir durablement une société juste et heureuse.

Son projet s’inscrit dans la continuité des Lumières, poursuivant la quête du bonheur collectif par l’égalité et la raison. Mouvement 3 : 1ers droits revendiqués La troisième partie du texte marque le début de la Déclaration proprement dite, et commence par une réécriture directe de l’article 1er de la Déclaration de 1789.

En affirmant que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits », Olympe de Gouges corrige l’oubli fondateur du texte original.

Le passage du masculin pluriel au féminin singulier, l’inversion de l’ordre (« femme » avant « homme »), ainsi que l’utilisation de la majuscule à "Femme", placent l’égalité au cœur du texte, mais aussi l’identité féminine comme centrale dans le projet social. Cette affirmation est renforcée par le recours au présent de vérité générale, qui confère une valeur universelle et intemporelle à ses propositions.

L’article suivant renforce cette logique, en rappelant que les droits naturels de la femme doivent être défendus au même titre que ceux de l’homme, et que la priorité absolue doit être donnée à la résistance à l’oppression, en l’occurrence celle exercée par les hommes.

Enfin, la formule finale du préambule, introduite par « en conséquence », annonce le lancement du corps du texte, tout en mettant en valeur les femmes à travers des périphrases valorisantes : « sexe supérieur », « fonctions maternelles ».

Ce vocabulaire flatteur propose une hiérarchie nouvelle, fondée non sur le privilège, mais sur les capacités naturelles.

Loin de réduire la femme à la maternité, De Gouges affirme que cette fonction essentielle lui donne une place centrale dans l’ordre social. Conclusion : Un combat à la fois collectif et personnel, fondé sur la justice et la raison : Olympe de Gouges livre ici un discours révolutionnaire au sens plein, où sa voix personnelle, en tant que femme, rejoint celle d’une communauté invisibilisée.

En se proclamant porte-parole des femmes, elle affirme que l’égalité réelle est non seulement une affaire de justice mais aussi de bonheur collectif.

Le texte défend l’instauration d’une démocratie véritable, durable, inclusive.

Il ne s’agit pas seulement de revendiquer, mais de proposer une nouvelle vision politique, fondée sur l’éducation, la transmission et l’intégration des femmes à la vie publique. Ouverture possible : Ce projet de société fait écho à Orou, personnage du Supplément au Voyage de Bougainville de Diderot, qui défend l’idée que les lois de la nature doivent garantir liberté, égalité et bonheur.

De Gouges, comme les philosophes des Lumières, place la nature, la raison et la justice au cœur de son combat 1 Analyse linéaire n°2 : Articles 4 à 10 - La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1792, O de Gouges. Amorce : À la fin du XVIIIᵉ siècle, alors que la Révolution française redéfinit les droits civils et politiques, les femmes restent exclues des avancées proclamées par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

C’est dans ce contexte que la révolutionnaire Olympe de Gouges rédige en 1791 La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, un texte fondateur du combat féministe. Présentation de l’extrait : L’extrait étudié regroupe les articles 4 à 10, placés au cœur de la Déclaration.

Après avoir posé les principes d’égalité dans les premiers articles, l’autrice développe ici les implications concrètes de cette égalité dans la société. Lecture + premières impressions : Derrière un ton juridique et solennel, ces articles visent une transformation profonde de la société.

Olympe de Gouges y défend des valeurs universelles : la liberté, la justice, la responsabilité morale.

Le texte dépasse la seule cause féminine pour proposer un modèle de société plus juste. Problématique : Dans quelle mesure ces articles cherchent-ils à améliorer la société toute entière ? Mouvement 1 : Libération des oppressions et des interdits Dans les articles 4 à 6 de sa Déclaration, Olympe de Gouges exprime avec force la volonté d’émancipation des femmes face à l’oppression masculine.

Elle dénonce l’homme comme unique obstacle à la liberté des femmes, qualifiant sa domination de « tyrannie perpétuelle », une métaphore politique forte qui assimile les hommes aux anciens rois despotes.

Cette critique directe du pouvoir masculin est renforcée par la répétition du mot "borne", qui symbolise l’enfermement, les limites imposées aux femmes.

L’objectif est clair : briser ces chaînes, sortir du cadre patriarcal et permettre aux femmes d’exercer leurs droits naturels.

La revendication d’égalité s’exprime aussi à travers la formule « toutes les citoyennes et citoyens », qui brise la règle grammaticale masculine au pluriel et affirme une égalité de statut dans la sphère publique.

De Gouges inscrit son texte dans la pensée des Lumières, en s’appuyant sur « les lois de la nature et de la raison » – une épanadiplose qui confère aux principes d’égalité une légitimité sacrée et universelle.

En déclarant que « la loi doit être la même pour tous », elle invoque une véritable démocratie, participative et égalitaire, où les femmes ont toute leur place.

Enfin, l’ouverture vers une constitution évolutive se manifeste à travers des.... »

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