Catégorie : Philosophie
-
Descartes: Seul l'entendement connaît
Dans la deuxième Méditation, Descartes observe un morceau de cire "qui vient d'être tiré de la ruche, il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait, il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs d'où il a été recueilli ; sa couleur, sa figure, sa grandeur sont apparentes : il est dur, il est froid, on le touche, et si vous le frappez, il rendra quelque son". Connaître un corps, c'est apparemment le connaître par les caractères que nous percevons : son odeur nous renseigne su...
-
Descartes, Cogito ergo sum : «Je
pense donc je suis »
PRESENTATION DE L'OUVRAGE "DISCOURS DE LA METHODE DE DESCARTES Premier texte philosophique paru en langue française, préfaçant les Essais scientifiques, le Discours de la méthode retrace le parcours intellectuel de son auteur, depuis l'incertitude de l'école et de ses livres jusqu'à la fondation inébranlable du cogito et des fruits qui en découlent. Descartes (1596-1650) prend ses distances avec le long héritage aristotélicien véhiculé par la philosophie scolastique : cela se lit aussi bien dans...
-
Montaigne: La nature humaine
Montaigne est le philosophe de la vie de tous les jours. Ce n'est pas un grand savant qui applique son savoir, c'est un homme qui essaie son jugement – d'où le titre de ses Essais. Son sujet favori est la nature humaine. 1. La sagesse des anciens A. Le scepticisme de Montaigne Il y a trois chemins du philosophe en quête de vérité : dire qu'il l'a trouvée, ou qu'on ne peut la trouver, ou qu'il la cherche encore. Le sceptique n'est pas le second, mais le troisième ; car, pour juger que l'homme ne...
-
Hume, La raison ne peut pas connaître
de relations de cause à effet
Indications générales David Hume (1711-1776) est l'un des grands représentants de l'empirisme anglais. Il en a poussé les conséquences très loin, allant jusqu'à nier l'existence de liens de cause à effet réels entre les choses. C'est cette célèbre analyse qui mènera Kant* à dire de lui «ce fut Hume qui me tira de mon sommeil dogmatique». Citation «La première fois qu'un homme vit le mouvement se communiquer par impulsion, par exemple par k choc de deux billes de billard, il ne put affirmer que l...
-
Hegel: La raison, une totalité qui exclut l'irrationnel
Thème 73 Hegel: La raison, une totalité qui exclut l'irrationnel Chez Hegel, la raison est plus qu'une faculté individuelle qui se trouverait tout entière en chacun, elle est absolue, c'est l'unité la plus haute de l'Esprit, et à ce titre, elle est divine. Dieu est Raison qui modèle la totalité du réel. La Raison gouverne le monde, si bien que l'histoire, dans la totalité de son déroulement, est intégralement rationnelle. Elle est la puissance infinie, à la fois matérielle et spirituelle de la...
-
Heidegger: Le dasein et le temps
LE DASEIN ET LE TEMPS Pour accéder à l'être, Heidegger choisit de s'intéresser au seul étant qui a la possibilité de s'interroger sur l'être. Cet étant singulier, c'est l'homme. Heidegger l'appelle Dasein. Ce terme allemand qui signifie habituellement existence (littéralement « être-là ») désigne ici le mode particulier d'existence de l'homme, qui consiste ù être le lieu unique où l'être s'apparaît comme tel ù lui-même. Pour la simplicité de la lecture, vous pouvez dans la fiche remplacer...
-
Kierkegaard, «S'introduire comme un rêve dans l'esprit d'une jeune fille est un art, en sortir est un chef d'oeuvre »
Explication Par rapport à l'oeuvre de Kierkegaard, l'esthète de la séduction qu'est Johannès représente, non pas l'idéal de Kierkegaard, mais le premier stade de l'existence : comme Don Juan, il cherche à vivre dans l'instant, en deçà de la question du bien et du mal. C'est une posture existentielle possible, mais pour Kierkegaard, elle n'est pas tenable indéfiniment. Elle précède le stade éthique, où sera posée la question du bien et du mal. Ce second stade est lui-même insuffisant, et c'est le...
-
Pascal: L'imagination, maîtresse d'erreur et de fausseté
L'imagination est la plus grande puissance d'erreur qui se puisse trouver en l'homme, et dont il ne peut se défaire. Si elle était toujours fausse, il suffirait d'en prendre le contrepied pour trouver la vérité, mais nous ne savons jamais si ce qu'elle nous représente est réel ou irréel. N'étant pas la règle infaillible du mensonge, elle ne peut l'être de la vérité. Elle représente le vrai et le faux avec la même indifférence. Sa puissance de persuasion est infinie, même auprès des hommes les pl...
-
-
Rousseau: De l'état de nature à l'état civil
PRESENTATION DU "DISCOURS SUR L'ORIGINE ET LES FONDEMENTS DE L'INEGALITE PARMI LES HOMMES" DE ROUSSEAU Ce texte constitue la réponse de Rousseau (1712-1778) à une question proposée par l'Académie de Dijon sur la source des inégalités. Rousseau y avance une critique radicale de tous les théoriciens du Droit Naturel et du Contrat en montrant que ces concepts ont été utilisés pour fonder en raison une imposture et un asservissement. La philosophie politique a, selon lui, toujours été de connivence...
-
Heidegger, « La science ne pense pas »
Thème 270 Heidegger, « La science ne pense pas » Indications générales Heidegger (1889-1976) fut l'assistant de Husserl* à l'université de Fribourg. Il prolonge, à sa manière, la nouvelle forme de philosophie fondée par celui-ci: la phénoménologie. Dans Être et temps (1927) il expose la différence fondamentale entre l'être et l'étant, et explique que toute la métaphysique occidentale s'est construite en privilégiant l'étant et en oubliant l'être. C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre la phr...
-
Heidegger: Le rapport de l'art et de la vérité
Heidegger: Le rapport de l'art et de la vérité Heidegger a posé la question de l'origine de l'oeuvre d'art : celle-ci est avant tout une chose. Une peinture est avant tout un tableau, présenté d'exposition en exposition, ou siégeant dans un musée. Mais Heidegger distingue trois types de choses : la chose naturelle, l'outil (défini par son utilité) et l'oeuvre. Aristote a montré qu'une chose se compose d'une matière (hylè) qui reçoit une forme (morphé, eidos). Par sa matière, l'oeuvre d'art est...
-
Rousseau: La nature comme maître
Les enfants, grands imitateurs, essayent de tout dessiner : je voudrais que le mien cultivât cet art, non précisément pour l'art même, mais pour se rendre l'œil juste et la main flexible ; et, en général, il importe fort peu qu'il sache tel ou tel exercice, pourvu qu'il acquière la perspicacité du sens et la bonne habitude du corps qu'on gagne par cet exercice. Je me garderai donc bien de lui donner un maître à dessiner, qui ne lui donnerait à imiter que des imitations, et ne le ferait dessiner...
-
Sartre: Le statut absurde de l'existence humaine
Thème 74 Sartre: Le statut absurde de l'existence humaine VOCABULAIRE SARTRIEN: Responsabilité : découle de la liberté humaine et est aussi radicale que celle-ci. Satire prend le mot au sens courant de « conscience d'être l'auteur incontestable d'un événement ou d'un objet » (EN, p. 612), à condition d'ajouter que nous sommes toujours, quoi qu'il nous arrive, responsables de nous-mêmes en tant que manière d'être et du sens que nous donnons au monde par nos choix. Contingence : le fait que ce qu...
-
Augustin, « Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais, mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus »
Indications générales Avec la fin de l'Antiquité et la diffusion du christianisme en Europe, la philosophie perd son autonomie par rapport à la religion: elle devient «servante de la théologie» (et réciproquement, la religion prend la forme d'une «théologie», c'està-dire d'un discours en partie rationnel). C'est pourquoi saint Augustin (354-430), qui fut évêque et Père de l'Église, est aussi considéré comme un grand philosophe, réalisant le rencontre entre le platonisme et le christianisme. Dans...
-
Pascal, L'imagination «maîtresse
d'erreur et de fausseté»
Indications générales Blaise Pascal (1623-1662) est un auteur paradoxal, à la fois grand scientifique et grand mystique proche du jansénisme (courant réformateur du catholicisme). Il est l'auteur, d'un côté, de traités de mathématiques ou de physique, et de l'autre, d'une réflexion sur la religion chrétienne qu'il n'a jamais terminée et qui nous reste sous la forme de ses Pensées. C'est pourquoi on trouve chez lui des mises en oeuvre de la raison qui visent souvent à critiquer les prétentions ra...
-
Marx: La science du capitalisme
1. L'histoire et la lutte des classes Cependant, l'organisation sociale se transforme au cours de l'histoire. Les modes de production changent (techniques et ressources utilisées), ainsi que les rapports entre les hommes qui en résultent, les classes qu'ils forment : maîtres et esclaves dans l'Antiquité, seigneurs et serfs au Moyen Âge, enfin bourgeois et prolétaires au XIXe siècle. Les luttes pour le pouvoir politique expriment un antagonisme fondamental entre ceux qui possèdent les moyens de p...
-
-
Hegel: Les trois types d'histoire
Les trois types d'histoire Hegel a distingué trois formes de l'histoire : l'histoire originale, l'histoire réfléchie et l'histoire philosophique. L'histoire originale, dont les fondateurs sont Hérodote et Thucydide, est une description des actions, des événements et des situations par ceux qui les ont vécus et qui y ont pris part. C ette histoire est non réflexive du fait de la communauté de culture entre l'historien et les événements qu'il raconte. Habité par l'esprit même de l'événement, il n'...
-
Kant: Conscience et raison
Tout homme a une conscience et se trouve observé, menacé, de manière générale tenu en respect (respect lié à la crainte) par un juge intérieur et cette puissance qui veille en lui sur les lois n'est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même, mais elle est inhérente à son être. Elle le suit comme son ombre quand il pense lui échapper. Il peut sans doute par des plaisirs ou des distractions s'étourdir ou s'endormir, mais il ne saurait éviter parfois de revenir à soi ou de se réveill...
-
Bachelard: L'erreur comme condition nécessaire de la vérité
Thème 84 Bachelard: L'erreur comme condition nécessaire de la vérité Une hypothèse scientifique qui ne se heurterait à aucune contradiction est une hypothèse inutile. De même, une expérience scientifique qui ne rectifie aucune erreur ne sert à rien. Une expérience ne peut être scientifique que si elle contredit l'expérience commune. La pensée scientifique se caractérise par une succession d'erreurs rectifiées, à la différence de l'expérience commune, qui ne se contredit jamais, mais se contente...
-
Comte: La religion est un modèle idéal de l'individu et de la société
Thème 94 Comte: La religion est un modèle idéal de l'individu et de la société La religion désigne un état de complète unité de notre existence individuelle et sociale, quand toutes ses parties, tant morales que physiques, convergent vers un seul but. Elle est un état de synthèse universelle qui, en ralliant toutes les individualités, détermine la place de chacun. L'état d'harmonie ou de réconciliation parfaite ne pouvant jamais être objectivement atteint, du fait de la complexité de la nature...