Point cours- L’IMPACT DE LA CRISE DE 1929 : DÉSÉQUILIBRES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX
Publié le 27/02/2026
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Point cours- L’IMPACT DE LA CRISE DE 1929 : DÉSÉQUILIBRES ÉCONOMIQUES ET
SOCIAUX Introduction :
• Le jeudi 24 octobre 1929, à la bourse de Wall Street à New York, se produit le «
Jeudi noir ».
• Avec ce krach boursier, l’économie mondiale connaît une violente crise
(événement ponctuel marqué par un ralentissement de l’activité économique)
entraînant une longue dépression (phénomène de longue durée qui suit la crise
qui se manifeste par un repli de l’activité économique et un maintien du
chômage à un niveau élevé).
La crise, née aux États-Unis, se diffuse rapidement
au reste du monde.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la plupart des
pays n’en sont pas remis.
Les démocraties occidentales hésitent sur les solutions
à apporter : politique libérales traditionnelles ou renforcement de l’intervention
de l’État ? Mais l’échec de la concertation internationale et le repli des pays
accentuent la dépression : le monde des années 1930 est marqué par la montée
de régimes
autoritaires et totalitaires, dont certains (comme l’URSS et
l’Allemagne) semblent s’en sortir.
• Problématique : En quoi la crise de 1929 provoque-t-elle des
déséquilibres économiques et sociaux profonds aux États-Unis puis dans
le reste du monde ?
I.
D’une crise états-unienne à une crise mondiale
A.
Une crise due à des déséquilibres
• Aux États-Unis, les dangers des crédits à la consommation et de la spéculation
(achat d’actions pour obtenir un gain rapide en les revendant à un cours plus
élevé) sont pointés dès 1927.
En Europe, au contraire, l’importance de l’épargne
et la faiblesse du pouvoir d’achat maintiennent la consommation des ménages à
un niveau faible.
De ce fait, les stocks industriels s’accumulent dans les pays
industrialisés et la surproduction agricole apparaît en Amérique latine dès 1927.
• Le Royaume-Uni et la France connaissent des déséquilibres financiers, quand ils
rétablissent la convertibilité de leur monnaie en or (en 1925 pour la livre sterling
et en 1928 pour le franc).
La surévaluation monétaire dessert leurs exportations.
L’Allemagne dépend des capitaux étrangers après
l’inflation (très forte
augmentation des prix) qui l’a frappée dès 1923.
Quand les États-Unis retirent
leurs capitaux en 1929, l’Allemagne est obligée de pratiquer une déflation
(réduction des revenus pour
rétablir l’équilibre budgétaire et soutenir la
monnaie) très sévère.
B.
Une crise qui apparaît aux États-Unis
• Le 24 octobre 1929 est le « jeudi noir » à la bourse de New York : 13 millions
d’actions sont mises sur le marché sans trouver d’acheteurs.
La valeur des
actions s’effondre : c’est le krach boursier de Wall Street.
Un krach désigne
l’effondrement brutal du cours des actions à la bourse.
Depuis 1926, il était
possible d’acheter des actions en empruntant 90% de leur valeur.
Mais, en août
1929, la hausse des taux d’intérêt provoque l’éclatement d’une bulle spéculative
(hausse démesurée du cours d’une action, sans lien avec la croissance réelle de
l’économie).
• La crise boursière ne touche directement qu’un million d’Américains.
Mais elle
s’étend aux banques, dont les plus fragiles font faillite (comme la Bank of United
States en 1930) parce que les spéculateurs ruinés ne peuvent plus rembourser
leurs dettes et parce que les épargnants paniqués retirent leurs capitaux.
Alors
que les crédits se tarissent, l’investissement s’effondre et la consommation
diminue.
De 1929 à 1932, la production industrielle des États-Unis recule de
50%.
Les entreprises, dont les stocks
Professeure Kenza Bensouda
s’accumulent, déposent le bilan, ce qui engendre une forte hausse du chômage et
un net ralentissement de la consommation des ménages.
C.
Une crise qui se diffuse dans le monde
• L’interdépendance des économies et la place des États-Unis causent l’extension
rapide de la crise en Europe.
Les détenteurs de capitaux américains réduisent
leurs investissements à l’étranger et rapatrient leurs placements.
En mai 1931,
se produit la faillite de la Kreditanstakt, principale banque autrichienne, ainsi que
quatre banques allemandes.
La crise part du secteur financier et gagne tous les
autres secteurs de l’activité.
La France, moins dépendante du commerce
international, est atteinte plus tardivement mais durablement.
• Hors d’Europe, les pays d’Amérique latine sont rapidement touchés du fait de la
contraction du marché aux États-Unis et de la baisse des prix des produits
agricoles que les pays latino-américains exportent en masse (le prix du café
baisse de 45%).
Seule l’URSS semble échapper à la crise, au moment où Staline
lance la collectivisation (appropriation des moyens de production par l’État).
Mais
la contraction du commerce mondial est d’autant plus forte que de nombreux
pays choisissent de
protéger leur production nationale en renforçant le
protectionnisme (mise en place de barrières
douanières pour limiter les
importations étrangères).
Entre 1929 et 1933, la valeur du commerce mondiale
diminue de plus des deux tiers.
II.
Des déséquilibres économiques et sociaux
A.
L’explosion du chômage de masse
• L’effondrement de la production touche d’abord les secteurs issus de l’Âge
industriel (automobile…), entraînant la destruction massive d’emplois d’ouvriers.
Dans les pays industrialisés, plus de 30 millions de personnes sont au chômage
(situation caractérisant des personnes privées d’emploi et en cherchant un) en
1932, contre 10 millions en 1920.
Les États Unis concentrent à eux seuls 13
millions de chômeurs.
L’ampleur des chiffres traduit le chômage de masse
(situation où le chômage augmente fortement et atteinte un taux très élevé).
• Excepté au Royaume-Uni, qui a créé une allocation chômage en 1911, les
chômeurs ne bénéficient d’aucune aide et sont plongés dans la misère.
Beaucoup
perdent leur logement, sont réduits à la mendicité et survivent grâce à la soupe
populaire.
Des bidonvilles apparaissent dans les villes américaines.
Les mariages
et les natalités régressent tant les perspectives d’avenir sont sombres.
Des
cortèges de déshérités se multiplient pour alerter les pouvoirs publics : en
France, les chômeurs organisent des « marches de la faim » pour exiger « du
travail et du pain ».
B.
Un fort malaise dans les campagnes
• Contrairement à l’industrie, l’offre de produits agricoles se maintient voire
augmente.
La chute des prix des matières premières incite les agriculteurs à
produire plus pour compenser la perte de revenus.
Mais la surproduction
accentue la chute des cours agricoles.
Certains agriculteurs refusent de vendre
leur production à un prix dérisoire et préfèrent la détruire alors même que des
millions de personnes manquent de nourriture.
• Endettés pour moderniser leur exploitation, certains farmers américains sont
contraints de céder leur terre à bas prix et de migrer vers la Californie, qu’ils
perçoivent comme un paradis où ils pourront trouver la prospérité.
La situation
des Okies, les habitants de l’Oklahoma qui prennent la Route 66, a
été
immortalisée par les célèbres photographies de Dorothea Lange, chargée....
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