cours guerre hggsp
Publié le 18/08/2026
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Thème 2.
Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
Chapitre introductif
Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel
Les violences et les guerres entre groupes sociaux, que l’on peut généraliser avec le terme
“conflits”, existent probablement depuis le début de l’humanité.
Cela dit, elles ont beaucoup évolué
avec les “progrès” techniques (pour le coup progrès négatifs ?) mais aussi au niveau de leurs
acteurs ou de la “manière” de faire la guerre.
De même on ne peut parler de véritable guerre sans
l’avènement d’une autorité la préparant et la menant, donc pas de guerre avant l’avènement des
premières civilisations du néolithique.
Problématiques :
Qu’est-ce que la guerre ?
Quelles sont les évolutions récentes des formes de conflits et de leur résolution depuis 30 ans?
1.
Qu’est-ce que la guerre ?
1.1.
La guerre, le propre de l’homme
1.2.
La guerre, un fait social
1.2.
Petite ou grande guerre? L’intensité des conflits
1.4.
Où commence et où finit la guerre ?
2.
Évolution et forme des conflits actuels
2.1.
Plus ou moins de conflits depuis 30 ans ?
2.2.
Des guerres oui, mais où et avec quelle létalité ?
2.3.
L’évolution des formes et des acteurs de la guerre
2.4.
Un nouveau modèle ?
1
1.
Qu’est-ce que la guerre ?
1.1.
La guerre, le propre de l’homme
Diapo : Général Desportes.
Diapo : définitions : violence/ conflit/guerre.
L’idée qui est posée est que la guerre est constitutive de la nature humaine et que l’on ne peut
donc l’éviter.
La thèse pose problème en elle-même et est réversible car l’assimilation biologique
(contre laquelle toute argumentation serait vaine) est un argument d’autorité trop facile et donc
non-recevable.
Le raisonnement assimile et confond sous le vocable de guerre des termes comme agression,
violence ou conflit.
Effectivement, Aron a pu affirmer : « À travers toute son histoire, l’homme a
combattu l’homme avec autant de constance qu’il a lutté contre la nature.
» Mais combattre ne
signifie pas guerre.
Violence : il existerait une pulsion d’agressivité qui aurait été rejetée par le christianisme et les
Lumières, cela constituant d’ailleurs l’exceptionnalité de l’homme.
Hobbes affirme que si l’homme est menacé, c’est la fameuse guerre de tous contre tous à l’état de
nature.
Erich Fromm, lui, pose deux formes de violence humaine, la normale ou la pathologique,
prétendant que l’homme est le seul primate capable de tuer et de torturer par plaisir des
semblables.
Mais, même si l’on admet la pulsion d’agressivité, la guerre est une activité bien trop complexe
pour relever uniquement de l’instinct.
De même, si l’on reprend l’éthologue K.
Lorenz, l’humain
combat l’homme (donc sa propre espèce) avec des stratégies élaborées, donc la guerre n’est pas
comparable à la chasse et n’existe que dans l’espèce humaine.
Donc, pour que l’agressivité existante se transforme en hostilité guerrière, il faut une série de
conditions, une autorité le formulant, un ennemi désigné et un temps particulier, surtout au
niveau juridique.
Dès lors, si l’on a des épisodes de violence depuis la nuit des temps, la guerre en
tant que telle n’apparaît qu’avec l’arrivée du néolithique comme on le voit dans la stèle de Sargon
ou le premier champ de bataille européen daté de 1200 av.J.-C.
dans le Mecklembourg.
Donc la violence est liée à l’homme, qu’il en jouisse ou la subisse, mais ce n’est pas forcément
la guerre, même si on parle de violence collective.
On parle alors de conflit.
Conflit.
Selon Julian Freund, dans sa Sociologie du conflit, c’est une « confrontation délibérée entre
eux groupes d’une même espèce, qui manifestent l’un à l’égard de l’autre une intention hostile,
en général à propos d’un droit, et qui essaient de convaincre ou de contraindre l’adversaire,
éventuellement par le recours à la force, lequel peut le cas échéant tendre à la destruction
physique de l’adversaire.
»
Clairement, la guerre est une forme de conflit, celui-ci étant réglé par le recours aux armes.
Guerre:
La guerre est un conflit armé opposant au moins deux groupes humains (alliances militaires,
États, régions, villes, tribus, groupes sociaux ou ethniques…) limité dans le temps et dans l’espace
et provoquant des pertes humaines (pertes militaires et civiles, victimes dites “collatérales”.)
Dès lors, qu’en penser ? Hew Strachan définirait la guerre comme : « Activité de groupe avec une
dimension sociale faisant intervenir la violence ».
2
David Cumin dans son Histoire de la guerre tente : « Mise en œuvre collective et coercitive de
l’hostilité, par l’emploi réglé de la force armée se traduisant par des combats durables portant
atteinte aux personnes et aux biens, donc causant des victimes.
»
La guerre, à la différence de l’agression violente, est donc spécifique à l’homme et c’est lui qui
la construit.
La guerre est une construction humaine, donc un fait social, or tout ce qui a été
construit peut être déconstruit !
1.2.
La guerre, un fait social
Fait Social : « Toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte
extérieure, et qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence propre,
indépendante de ses diverses manifestations au niveau individuel ».
Émile Durkheim, Règles de la méthode sociologique, 1895
Émile Durkheim, dans les Règles de la méthode sociologique de 1895, intitule son premier chapitre
“Qu’est-ce qu’un fait social ?” et définit ainsi ce qui est l’objet d’étude principal de la sociologie : quels
phénomènes s’imposent aux individus comme déterminants sociaux pouvant être codifiés et
sanctionnés par la société ?
Or la guerre elle est extérieure à l’individu car elle s’impose à lui.
On peut même aller plus loin et voir
en elle, avec le disciple de Durkheim Marcel Mauss, un fait social total dans lequel s’expriment à la
fois et d’un coup toutes les institutions, c’est à dire que l’objet d’étude, pour être pris en compte,
doit inclure toutes les facettes de celui-ci : religieux, politique, esthétique, historique etc…
Donc, là, clairement, la guerre n’est pas un invariant anthropologique ni un phénomène naturel
mais un fait social qui varie selon les époques et les sociétés, ce qui détermine en grande partie la
supériorité militaire (ou l’infériorité) et donc la victoire ou la défaite.
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Comment expliquer alors, du XVIe au XIXe s., la supériorité européenne ?
a) L’exemple de la victoire des Espagnols sur les Aztèques au XVIe s.
En 1521, 500 soldats, 16 chevaux et quelques mauvais canons viennent à bout d’un empire de 25 millions
d’âmes.
Supériorité en armement : armes à feu et chevaux terrorisant l’adversaire (supériorité technologique),
hésitations de Moctezuma II et intelligence militaire et politique de Cortès, impact des épidémies, tout cela a joué.
Une des raisons est celle de la façon de faire la guerre.
- Pour les Aztèques, la grande crainte est de voir le soleil s’éteindre et il faut le fournir en énergie vitale, le tonalli,
contenu dans chaque être humain et qu’exprime au maximum le sacrifice qui nourrit le soleil (Tonatiuh) tandis
que le sang nourrit la Terre (Tlaltecuhtli.) Or, plus le temps passe, plus le soleil est faible et nécessite de
sacrifices, Moctezuma I qui règne de 1440 à 1460 crée ce que l’on nomme les guerres fleuries (xochiyaoyotl)
dans lesquelles les armées de la triple alliance, donc Mexico, Texcoco et Tlacopan, affrontent celles des cités
unies de Cholula, Tlaxcala y huexotzinco.
Le but est de s’affronter rituellement, sans morts ou le moins
possible mais en capturant le plus de prisonniers pour les sacrifier.
Dès lors, la guerre est codifiée et le
but n’est pas de tuer.
On imagine la suite face aux conquistadors.
Autrement dit, les Aztèques étaient-ils
stupides ? Pas du tout, simplement, ils ne faisaient pas la guerre pour la même chose et donc pas de la même
façon.
→ Donc il existe plusieurs façons de faire la guerre et, manifestement, certaines façons sont plus efficaces
que les autres et la supériorité à la guerre repose surtout sur le fait d’imposer son type de guerre… (et sa
supériorité technique !)
b) La guerre des Boers de 1899
En 1899 éclate ce que l’on appelle la deuxième guerre des Boers.
Les Boers (= les «paysans» en néerlandais),
d’origine surtout hollandaise (les Afrikaners), ont colonisé ce qui est actuellement l’Afrique du Sud et les Anglais
cherchent à prendre possession de ce territoire qui est vital pour eux et particulièrement intéressant pour des
raisons stratégiques : Le Cap (passage maritime) et les mines d’or.
De fait, ils ont déjà pris le contrôle de la
colonie hollandaise du Cap en profitant des guerres napoléoniennes mais les occupants d’origine hollandaise
quittent le territoire pour s’établir hors des griffes anglaises, c’est le grand Trek de 1835-1840 fondant l’état Libre
d’Orange et le Transvaal où se trouvent justement les mines d’or.
Donc, les Britanniques sont particulièrement intéressés et veulent éviter une mainmise de l’Allemagne en Afrique
australe, car cette nouvelle puissance industrielle courtise beaucoup les Boers…Cette intervention va provoquer
la 2º guerre des Boers de 1899 à 1902.
En fait, la guerre devait durer trois mois selon les Anglais....
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