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Y a-t-il des progrès dans l'histoire ?

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« L'idée de progrès suggère celle d'un état final. La fin de l'histoire, ce serait la fin des guerres, des violences. On constate qu'il y a des progrès scientifiques et techniques, des progrès du droit, de la liberté. Mais qu'il n'y a pas de progrès moraux de l'espèce humaine. En témoignent, au XXième siècle, les guerres, les violences et surtout la barbarie nazie. si, en s'appuyant sur l'expérience, on ne peut pas prouver que l'histoire a un sens - celui du progrès moral de l'espèce humaine - , on peut le penser comme possible et c'est même un devoir d'adopter cette idée. Kant souligne que la Raison pratique (la morale) commande absolument aux hommes de mettre fin aux guerres. Peu importe que cette idée puisse paraître chimérique. Le devoir nous impose d'agir et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le monde soit en accord avec ce que notre raison exige. A. La question d'un sens de l'histoire • À la fin du XVIIIe siècle, apparaissent les philosophies de l'histoire qui font du temps l'élément constitutif de la réalité humaine. Leur point commun est de considérer la réalité du devenir humain comme un tout ou une unité. Elles proposent une interprétation non seulement du passé mais du futur possible de l'humanité. Les religions monothéistes proposaient déjà une interprétation globale. • Ces philosophies de l'histoire veulent démontrer qu'au-delà de l'incohérence, du chaos que semble nous montrer le cours des événements, se cache un ordre et une finalité qu'il s'agit de trouver. La plupart de ces philosophies, mais pas toutes – Rousseau, par exemple, n'adhère pas à l'idéologie du progrès même s'il partage l'idée de la possibilité du bonheur –, reposent sur une vision optimiste de l'homme capable de se perfectionner. Telle est la vision de Condorcet qui envisage l'humanité en marche vers la perfection. Hegel discerne dans le devenir historique la réalisation de la raison, et Marx, l'avènement d'une société sans classes. B. La vision hégélienne • Hegel est le premier philosophe à fonder véritablement une philosophie de l'histoire. Il distingue trois manières d'écrire l'histoire : — l'histoire originale ou chronique, celle des témoins directs tels Hérodote ou Thucydide ; — l'histoire réfléchissante ou réfléchie, celle des historiens qui veulent rendre vivant le passé et qui adoptent une attitude critique ; — l'histoire philosophique, histoire qui se situe dans l'universel, l'intemporel, celle de l'Esprit qui se réalise à travers elle. La clé de la compréhension de l'histoire se trouve dans la philosophie. • Pour Hegel, c'est la raison qui gouverne le monde suivant un ordre logique, rationnel. L'histoire est faite de moments nécessaires, niés puis surmontés par l'homme. Le devenir historique n'est donc pas linéaire mais dialectique, c'est-à-dire qu'il progresse par ruptures, contradictions dépassées. C'est ainsi que se réalise la raison. Derrière les passions des individus, les conflits d'intérêts particuliers, c'est la raison qui gouverne le monde. Sans le savoir, les hommes servent donc le grand dessein de l'Esprit. C'est ce que Hegel appelle la « ruse de la raison ». La fin poursuivie dans le processus historique est la « réalisation de l'Esprit universel », et de cette façon peut se réaliser l'idée de liberté. L'histoire n'est que la réalisation de l'idée de liberté (Hegel). La formule exacte qui figure dans les « Leçons sur la philosophie de l'histoire » (1837) est : « L'histoire universelle présente le développement de la conscience qu'a l'esprit de la liberté, et de la réalisation produite par une telle conscience. » Dans ce texte formé de notes de cours, Hegel signe la première grande philosophie de l'histoire, en prétendant montrer que l'ensemble du passé humain n'est pas livré au hasard, mais présente une rationalité et une nécessité que l'on peut ressaisir. Progressant dans la voie ouverte par Kant, Hegel propose une sorte de révolution en faisant de l'histoire un des objets centraux de la philosophie. Aristote affirmait dans la « Poétique » : « La poésie est plus philosophique et plus noble que la chronique. » En effet, selon lui, alors que l'auteur dramatique construit une intrigue cohérente et logique, l'historien décrit ce qui se passe effectivement, et qui semble livré à la contingence. Contre cette vision traditionnelle, Hegel, plus encore que Kant, tente de saisir l'histoire comme digne de l'étude philosophique, c'est-à-dire comme rationnelle. Hegel affirme d'entrée de jeu : « La seule idée qu'apporte la philosophie est cette simple idée que la raison gouverne le monde, et que par suite l'histoire universelle est rationnelle. » La scène du monde ne présente pas un chaos d'événements livrés au hasard et au caprice ; elle est rationnelle, ce qui signifie aussi que les événements, les guerres, etc. sont gouvernés par la nécessité. « De l'étude de l'histoire universelle même doit résulter que tout s'y est passé rationnellement, qu'elle a été la marche rationnelle, nécessaire de l'esprit universel. » Cette nécessité est pour Hegel le développement de la conscience de la liberté et sa réalisation au sein de l'Etat. »

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