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Se peut-il qu'un homme échappe a son temps ?

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« Lorsque l'on affirme qu'on vit avec son temps, ou encore que les temps changent, on n'emploie pas le terme « temps » dans le même sens que quand on dit que l'horloge permet de mesurer le temps.

Ainsi, dans l'expression « échapper à son temps », c'est au premier sens du terme que l'on pense.

Le temps est alors compris comme l'ensemble des circonstances (étymologiquement, ce qui se tient autour)- sociales et historiques- dans lesquelles un homme vit.

Echapper à son temps, cela signifierait donc soit se soustraire activement à ce qu'on peut appeler son conditionnement, soit en être éloigné sans l'avoir choisi (homme né loin de tout et de tous, dans une contrée déserte). Ce même homme pris en exemple n'est-il pas un être mythique ? Se peut-il qu'un homme échappe à son temps ? L'intitulé nous invite à penser que l'homme subirait son temps, c'est-à-dire qu'il ne pourrait pas choisir de ne pas vivre là où il vit, au coeur d'une époque, dans un cadre social et économique déterminé.

On doit dés lors se demander si l'homme peut se libérer de tout conditionnement, c'est-à-dire s'il en a la capacité, et comment il l'acquiert. Proposition de plan. I- Dans quelle mesure l'homme est conditionné par les circonstances extérieures (spatio-temporelles, économiques, sociales, politiques) ? 1- Qu'est-ce qu'être conditionné ? N'est-ce pas être tout simplement, pour un être humain, être ce qu'il est, si l'on pense qu'il n'y a pas de nature humaine indépendante de celle que l'homme se crée avec ce qui l'entoure ? Texte de Sartre sur la nature humaine. "L'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et [...] il se conçoit après.

L'homme, tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien.

Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait.

Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir.

L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.

Tel est le premier principe de l'existentialisme.

C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité, et que l'on nous reproche sous ce nom même.

Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l'homme existe d'abord, c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l'avenir.

L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n'existe préalablement à ce projet ; rien n'est au ciel intelligible, et l'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être.

Non pas ce qu'il voudra être.

Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c'est une décision consciente, et qui est pour la plupart d'entre nous postérieure à ce qu'il s'est fait lui-même.

Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n'est qu'une manifestation d'un choix plus originel, plus spontané que ce qu'on appelle volonté.

Mais si vraiment l'existence précède l'essence, l'homme est responsable de ce qu'il est.

Ainsi, la première démarche de l'existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence." 2- Comment définir plus précisément ces circonstances extérieures ? Elles correspondent au fait de vivre en un lieu (le France par exemple) et à un moment précis ( début du XXIéme siècle), mais aussi dans un régime républicain dans le cas de notre exemple, capitaliste, etc. Texte de Marx "Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de leur propre mouvement, ni dans des conditions choisies par eux seuls, mais bien dans les conditions qu'ils trouvent directement et qui leur sont données et transmises.

La tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c'est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu'ils appellent craintivement les esprits du passé à leur rescousse, qu'ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d'ordre, leurs costumes, pour jouer une nouvelle scène de l'Histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage d'emprunt.

C'est ainsi que la Révolution de 1789 à 1814 se drapa successivement dans le costume de la République romaine, puis dans celui de l'Empire romain.

C'est ainsi que le débutant, qui a appris une nouvelle langue, la retraduit toujours dans sa langue maternelle, mais il ne se sera approprié l'esprit de cette nouvelle langue et ne sera en mesure de s'en servir pour créer librement, que lorsqu'il saura se mouvoir dans celle-ci en oubliant en elle sa langue d'origine." Transition : L'homme est un être qui être formé plus qu'il ne se forme.

Il reste qu'il est cependant capable de s'en libérer en pensant, acte qui ne semble pas pouvoir s'expliquer par le fait d'être de son temps. II- Dans quelle mesure l'homme peut se libérer de son temps ? 1- Qu'est-ce que penser ? En quoi cet acte permet à l'homme d'échapper à son temps ? Pensée et langage. Texte de Descartes. »

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