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Rousseau et l’homme de la nature

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du XIXe siècle ; ce qui importe alors, c’est le rapport établi entre ces thèmes et ceux de la critique rationnelle et de l’universalité de la connaissance. Les Lumières françaises sont riches d’une diversité irréductible à un modèle unique. Que Rousseau étende le libre et public examen au développement des sciences, des lettres et des arts peut être considéré comme un paradoxe, mais ce paradoxe ne fait pas de lui un adversaire de la rationalité critique, bien au contraire. Que toute l’œuvre de Rousseau exalte l’équivalence de la vérité, de la vertu et du bonheur, ne le rattache certainement pas à un romantisme caractérisé plutôt par le goût du mystère, du malheur, du démoniaque. Comme l’avait bien vu un critique comme l’abbé Bergier {Le Déisme réfuté par lui-même, 1765), sa « profession de foi » représente une forme du rationalisme des Lumières, comme tout le programme pédagogique d’Emile, ou la politique du Contrat social Faut-il objecter les écrits autobiographiques ? Les Confessions, les dialogues Rousseau juge de Jean-Jacques, les Rêveries du promeneur solitaire, admirables chefs-d’œuvre littéraires, peuvent être situés, entre les Essais de Montaigne et les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, en attendant les Souvenirs d’égotisme et la Vie d’Henry Brulard de Stendhal, parmi les précurseurs de l’autobiographie moderne. Le dessein est clair : «Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. » La Nouvelle Héloïse, roman sentimental, avec ses paysages (le Valais, les vendanges à Clarens), sera source d’inspiration littéraire encore pendant une bonne partie du xixe siècle. Goethe disait : « Avec Voltaire, c’est un monde qui finit, avec Rousseau, c’est un monde qui commence » — ce qui n’a de vérité qu’en tenant compte du mythe, pour ne pas dire du culte qui s’est constitué très tôt autour de la figure de Rousseau. Il serait facile de montrer qu’il y a plus d’éléments de modernité dans les aspirations d’un Voltaire, si à l’aise dans la société « libérale » de Londres, que dans celles d’un Rousseau, à la vie frugale dans une société rurale de petits propriétaires. Toute biographie de Rousseau n’est d’abord qu’un commentaire critique des Confessions. Il est né à Genève en 1712 d’une famille calviniste. Le père est horloger. Sans doute Jean-Jacques Rousseau n’appartient-il ni à la noblesse de robe, comme Montesquieu ou Buffon, ni à la bourgeoisie aisée, comme Voltaire et Diderot. Mais il n’est pas, comme on l’a dit, un « déclassé ». Placé comme apprenti chez un maître graveur, il quitte Genève

« Rousseau et l'homme de la nature La pensée de Rousseau se rattache-t-elle vraiment à la philo­ sophie des Lumières? Une longue tradition de notre histoire littéraire voit plutôt dans l'auteur des Confessions un précurseur du romantisme. Mais ne trouve-t-on pas du préromantisme dans I' œuvre de Diderot et faudrait-il pour autant exclure le directeur de 1 'Encyclopédie du rationalisme des Lumières?Les thèmes de la nature, du sentiment, du génie lui appartiennent tout autant qu'à la pensée et à la littérature romantique apparues au début »

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