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Recueil de textes intéressants pour le thème "existence"

Publié le 10/01/2026

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« Venir au monde, et le quitter Corpus pour concours blanc - Spécialité Philosophie VANITÉ & CONSCIENCE DE LA MORT Ecclésiaste (Ancien Testament, 1.2) « Vanitas vanitatum, et omnia vanitas » : Vanité des vanités, tout est vanité.

La vie humaine est futile, éphémère, dérisoire.

Les générations passent, la terre demeure.

Concepts : vanité, finitude, éphémérité. Les Mille et une Nuits Les hommes sont comme des « voyageurs qui ont laissé leurs bagages » et se sont « évanouis ». Métaphore de la mort subite et imprévisible.

Concepts : disparition, impermanence. Shakespeare (Macbeth, V, 5) « La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur / Qui s'agite [...] puis on ne l'entend plus.

C'est un récit / Plein de fureur, qu'un idiot raconte / Et qui n'a pas de sens.

» Vision nihiliste : l'existence est absurde, théâtrale, sans signification.

Concepts : absurde, théâtralité de l'existence, vanité. Exemple littéraire : Albert Camus, L'Étranger (1942) — Meursault incarne cette conscience de l'absurde : « J'ai compris que j'avais été heureux, et que je l'étais encore.

» Face à l'absurdité, seule l'acceptation lucide demeure. Exemple anthropologique : Les rites funéraires balinais étudiés par Clifford Geertz (The Interpretation of Cultures, 1973) montrent comment la crémation spectaculaire vise à transformer la mort en spectacle social pour désamorcer son caractère tragique — mais aussi pour souligner son caractère éphémère et illusoire. Delamarre (L'existence et le temps) Paradoxe de la mort : ●​ D'un côté, elle rend tout dérisoire (« À quoi bon ? ») ●​ De l'autre, elle donne son sérieux à la vie : « On ne vit qu'une fois ».

La mort transforme l'existence en événement unique et irremplaçable.

Concepts : unicité, sérieux existentiel, passion d'exister. Référence croisée : Rejoint Heidegger (Être et temps, 1927) sur l'être-pour-la-mort comme structure fondamentale du Dasein qui donne sens à l'existence. TEMPS, IRRÉVERSIBILITÉ, MÉMOIRE Sartre (L'existentialisme est un humanisme, 1946) Pas d'essence universelle mais une condition humaine : limites a priori (être-au-monde, être-au-travail, être-parmi-les-autres, être mortel).

Concepts : condition vs nature, finitude, facticité. Exemple anthropologique : Margaret Mead, Coming of Age in Samoa (1928) — Démontre la variabilité des « natures » humaines (adolescence paisible vs crise en Occident), validant la thèse sartrienne : seule la condition (mortalité, présence au monde) est universelle. Lagneau (Cours sur la perception) « L'étendue est la marque de ma puissance.

Le temps est la marque de mon impuissance.

» Dans l'espace, je me déplace librement ; dans le temps, je suis emporté sans recours.

Concepts : puissance spatiale vs impuissance temporelle. Jankélévitch (L'Irréversible et la nostalgie) L'irréversibilité Elle EST la temporalité même (sens ontologique).

« L'aller-retour dans l'espace est un aller sans retour dans le temps.

» Le temps est une « puissance toute-puissante » : insaisissable, indomptable. Même la volonté stoïcienne (Épictète), invincible face à la torture, cède devant le temps.

Concepts : irréversibilité ontologique, destinée, finitude radicale. Référence au poème de Lamartine : « Ô temps, suspends ton vol ! » (Le Lac, 1820) — Mais le temps « fait la sourde oreille » et poursuit sa course inexorable. La semel-factivité Tout instant est « semel-factif » : il arrive une seule fois dans l'éternité (« never more »).

Un événement unique devient-il douteux, « équivoque » ? Paradoxe : ce qui n'arrive qu'une fois « sera comme s'il n'était jamais advenu ».

Concepts : unicité, équivocité de l'événement unique. Exemple littéraire : Marcel Proust, À la recherche du temps perdu (1913-1927) — La madeleine de Proust incarne la semel-factivité : cet instant unique de l'enfance à Combray, perdu à jamais, ne peut être que ressaisi par bribes dans la mémoire involontaire. Ulysse et l'irréversibilité Le voyageur revient à Ithaque au même lieu mais à une autre date.

« Ulysse est maintenant un autre Ulysse, qui retrouve une autre Pénélope [...] une patrie d'un autre temps.

» Concepts : nostalgie, altérité temporelle. Nostalgie vs Déception d'Ulysse ●​ Nostalgie : désir du nostos (retour), réduction progressive de la distance. ●​ Déception : Une fois rentré, Ulysse s'ennuie, rêve à Calypso, Circé.

« Le lendemain même du retour, la déception a supplanté la nostalgie.

» L'objet du désir, une fois atteint, se révèle insuffisant.

Concepts : nostalgie, déception, désir insatiable. Référence croisée : Rejoint Pascal (divertissement) et Schopenhauer (volonté insatiable). Exemple littéraire : André Gide, Le Retour de l'enfant prodigue (1907) — Le fils prodigue, de retour, est déjà « un étranger dans la maison du Père », préfigurant un nouveau départ. Remords vs Regret ●​ Regret : vouloir revivre le passé (mélancolie douce, nostalgie passéiste). ●​ Remords : vouloir « dévivre » le passé, l'anéantir.

Obsession morbide.

« Le tragique du remords réside en ce que j'ai, de mes propres mains, fabriqué l'impossible.

» Concepts : remords, culpabilité, irrévocable. Exemple littéraire : Dostoïevski, Crime et Châtiment (1866) — Raskolnikov est hanté par le remords du meurtre : « L'homme du passé irrévocable dans son cachot scellé est un emmuré vivant.

» Exemple artistique : Henri Vidal, Caïn venant de tuer son frère Abel (1896, Jardin des Tuileries) — Le corps tordu de Caïn exprime le poids physique du remords. Saint Augustin (Confessions, Livre XI) « Le présent, s'il était toujours présent [...] ne serait pas du temps, il serait l'éternité.

[...] Ce qui nous autorise à affirmer que le temps est, c'est qu'il tend à n'être plus.

» Le temps n'existe que dans son évanouissement.

Concepts : présent évanescent, temporalité paradoxale. Référence croisée : Dialogue avec Jankélévitch sur la fuite du temps. Jankélévitch (L'Irréversible et la nostalgie) — La mémoire Le souvenir, loin de compenser la perte, « aiguise la nostalgie et confirme l'irréversible ».

Il nous rend « sensible tout ce que nous avons perdu : l'odeur irremplaçable du présent [...] la tangibilité du réel en chair et en os ».

Les souvenirs sont des « fantômes [...] qui n'ont plus ni os ni chair ».

Concepts : mémoire fantomatique, nostalgie, insuffisance du souvenir. Exemple anthropologique : Maurice Halbwachs, Les Cadres sociaux de la mémoire (1925) — La mémoire individuelle est toujours reconstruite socialement, jamais « pure » : elle est donc doublement spectrale (temps perdu + reconstruction sociale). ARENDT — PARDON, PROMESSE, ACTION Arendt (Condition de l'homme moderne, 1958) Face à l'irréversibilité (on ne peut défaire ce qui est fait) → pardon.​ Face à l'imprévisibilité (incertitude de l'avenir) → promesse. « Le pardon [...] tente l'impossible — à savoir défaire ce qui a été fait — et réussit à inaugurer un nouveau commencement.

» Sans pardon, « nous resterions à jamais victimes » de nos actes (comme l'apprenti sorcier).

Sans promesse, « nous serions incapables de conserver nos identités ».

Concepts : pardon, promesse, natalité, liberté, pluralité. Important : Pardon et promesse sont intersubjectifs : « Nul ne peut se pardonner à soi-même.

» Exemple historique : Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud (1995-1998, présidée par Desmond Tutu) — Dispositif politique de pardon collectif post-apartheid, incarnant la pensée arendtienne : le pardon comme condition de la vie publique. Référence croisée : Arendt dialogue avec Jankélévitch sur l'irréversible, mais propose une issue politique là où Jankélévitch reste dans la méditation mélancolique. DÉSIR D'ÉTERNITÉ, MÉTAPHYSIQUE, RELIGION Alquié (Le désir d'éternité) Les religions évoluées promettent de retrouver les morts et d'être soustraits au devenir.

Elles consolent en déniant la durée : « le temps que nous vivons n'est qu'un mauvais rêve » qui sera dissipé par « le lumineux réveil de la vie éternelle ».

Concepts : consolation religieuse, négation du temps, éternité. Schopenhauer (Le Monde comme volonté et représentation, Supplément XVII) La mort et la souffrance donnent « la plus forte impulsion à la pensée philosophique ».

L'immortalité est la « grande affaire » des religions.

Si on leur prouvait son impossibilité, elles perdraient tout intérêt.

Les religions sacrifieraient même les dieux à l'immortalité ! Concepts : besoin métaphysique, immortalité comme moteur, athéisme potentiel. Référence croisée : Rejoint Nietzsche (critique des arrière-mondes) mais sans le ton polémique. PLATON — DUALISME & PHILOSOPHIE COMME EXERCICE DE MORT Platon (République, Livre VII) — Allégorie de la caverne Les hommes sont comme des prisonniers enchaînés ne voyant que des ombres projetées.

Le philosophe se libère et accède au monde intelligible (les Idées).

Socrate : « Ils nous ressemblent.

» Concepts : illusion, ignorance, libération philosophique, monde sensible vs intelligible. Exemple anthropologique : Platon des tropiques : Lévi-Strauss (Tristes Tropiques, 1955) compare les mythes Bororo à la caverne platonicienne — les Indiens vivent dans un monde de représentations symboliques structurantes dont ils ne perçoivent pas l'arbitraire. Platon (Phédon) — Le philosophe et le corps « L'âme envoie poliment promener le corps » L'âme saisit la vérité en raisonnant seule, sans les sens qui la « trompent ».

Le philosophe « accorde le moins d'importance au corps », cherche à s'en séparer.

Concepts : dualisme, raison pure, dévalorisation du corps. Interdiction du suicide « Nous, les humains, sommes comme assignés à résidence » : nous sommes la propriété des dieux. Se suicider = désobéir à nos « gardiens ».

Il faut attendre.... »

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