Aide en Philo

Pourquoi devons-nous nous méfier de nos désirs?

Extrait du document

« Le désir est considéré comme l'essence de la nature humaine par beaucoup de philosophes tel Spinoza ou Schopenhauer et pourtant a longtemps été dévalorisé comme niant ce qu'il y a de plus noble chez l'homme, attachement au sensible aux dépens du spirituel.

Le désir se caractérise par la recherche d'un objet dont on sait ou on imagine qu'il est source de satisfaction.

Platon le définit comme absence de plénitude, en effet s'il n'y avait pas de manque, il n'y aurait pas de désir.

Le désir est dès lors synonyme de souffrance et si le désir renaît dès qu'il est assouvi, écouter ses désirs, c'est se vouer à une vie de souffrance.

De plus les désirs ne masquent-ils pas la réalité de leur objet? Ne nous font-ils pas faire des folies? Cependant tout est-il négatif dans le désir? Les désirs entraînent manque et souffrance - Étymologiquement, désirer vient du latin desiderare( de marque la négation et sidus signifie astre) : désirer c'est donc manquer d'un astre, souffrir de l'absence d'un objet idéal.

D'où son impossibilité à satisfaire.

L'homme désirant semble en fait manquer d'absolu. Platon, dans Le gorgias, compare le désir au tonneau percé des Danaïdes, impossible à remplir, or pour le philosophe grec, le bonheur se caractérise par la sagesse et la sérénité, incompatible avec les perturbations que font naître les désirs. - Pour Leibniz, le désir trouble l'esprit : "l'inquiétude qu'un homme ressent en lui-même par l'absence d'une chose qui lui donnerait du plaisir si elle était présente, c'est ce qu'on nomme désir." Le désir est donc synonyme de souffrance pour l'être humain. Pour Schopenhauer, l'existence humaine, comme manifestation de la Volonté, n'est que désir.

Or "Tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu'il n'est pas satisfait.

Or, nulle satisfaction n'est de durée ; elle n'est que le point de départ d'un désir nouveau.

"Schopenhauer, Le monde comme représentation et comme volonté Donc le désir tant qu'il n'est pas assouvi fait souffrir et n'apporte aucun plaisir durable une fois satisfait. " Entre les désirs et leurs réalisations s'écoule toute la vie humaine.

Le désir, par nature, est souffrance ; la satisfaction engendre rapidement la satiété : le but étant illusoire, la possession lui ôte son attrait ; sous une forme nouvelle renaît le désir, et avec lui le besoin : sans quoi, c'est le dégoût, le vide, l'ennui, adversaires plus rudes encore que le besoin. Quand le désir et sa satisfaction se succèdent à des intervalles qui ne sont ni trop longs, ni trop courts, la souffrance, produit commun de l'un et de l'autre, baisse à son niveau le plus bas : et c'est là la plus heureuse vie." SCHOPENHAUER Schopenhauer qui, plus que tout autre, a voué sa vie à la philosophie, est l'homme d'une intuition unique, d'un seul livre fondamental : « Le monde comme volonté et comme représentation ». Schopenhauer affirme lui-même que son « système philosophique se forma dans sa tête, en quelque sorte sans sa volonté, comme un cristal dont tous les rayons convergent vers le centre ». La célébrité tardive et posthume de Schopenhauer est due, non à l'armature théorique de son système philosophique, mais à son fameux pessimisme qui s'exprime, en particulier, au livre IV du « Monde » à travers ses propos sur la morale et qu'on ne saurait mieux caractériser que par cette phrase : « La vie n'admet point de félicité vraie, elle est foncièrement une souffrance aux aspects divers, un état de malheur radical.

» MODÈLE. Dans ce texte extrait du livre Iv du « Monde », Schopenhauer affirme que la vie oscille sans cesse de la souffrance à l'ennui et qu'il n'y a point de vrai bonheur. 1) Le désir est présenté comme un effort continu, sans but, sans satisfaction dernière. 2) La vie heureuse est définie négativement comme étant celle qui comporte le moins de souffrance. 1) Le premier terme qui nous dirige immédiatement vers le centre de l'analyse de la pensée de Schopenhauer est celui de « désir ».

Comme l'avait déjà montré Platon dans « Le Banquet », tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu'il n'est pas satisfait.

Avoir ce que l'on désire est-il, dès lors, la formule du bonheur ? Non, car si on ne peut désirer que ce qu'on n'a pas, il est évident qu'on ne peut jamais avoir ce qu'on désire.

Si bien qu'on est jamais heureux.

Tantôt nous désirons ce que nous n'avons pas et nous souffrons, tantôt nous avons ce que dès nous ne désirons plus, puisque le désir est manque.

Il n'y a pas de mesure, de terme à la souffrance.

C'est effort incessant, jamais satisfait, qui fait toute l'existence de l'homme.

Jamais de but vrai, jamais de satisfaction finale, nulle part un lieu de repos. Cet effort est-il propre à l'homme ? Non.

On peut le reconnaître partout, y compris dans la nature dépourvue d'intelligence.

Dans la pesanteur, par exemple, « effort interminable, et qui tend vers un point central sans étendue, qu'il ne pourrait atteindre sans s'anéantir et la matière avec ».

Chez la plante qui , par un effort poursuivi à travers des formes de plus en plus nobles, aboutit enfin à la graine, « qui est un point de départ à son tour : et cela répété. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles