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Peut-on tout attendre de l'Etat

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« Analyse du sujet. • Peut-on indique de manière très générale la possibilité, et plus précisément la permission (est-il permis), ou la légitimité (est-il juste). • Le pronom tout nous invite à mettre en relation les diverses attentes des citoyens avec les possibilités et les devoirs de l'État. • Attendre de, c'est non seulement être disposé à recevoir (ce qui implique un besoin ou une aspiration préalable), mais aussi se considérer comme créancier de. Identification de la problématique. Dans un régime démocratique, chaque individu a non seulement des devoirs, mais des droits vis-à-vis de l'État.

S'il peut exiger des pouvoirs publics la sécurité de sa personne et de ses biens, peut-il pour autant se tourner vers eux pour réclamer un logement, un travail, des amis ? Tel est le problème posé par l'alternative du libéralisme et du socialisme.

Toujours est-il que l'État doit s'en tenir à la sphère « publique » et ne pas s'immiscer dans celle du « privé », sous peine de sombrer dans la tyrannie et le totalitarisme. L'Etat est envisagé comme une instance supérieure, garante du droit des individus et de leur liberté, on peut être tenté à partir de là de vouloir donner à l'Etat un rôle omnipotent.

Et pourtant ce n'est pas uniquement celui qui protège, il punit, contraint et oblige.

Nietzsche parlait d'ailleurs de cette institution ainsi : « L'Etat c'est le plus froid de tous les monstres froids.

Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe dans sa bouche : « moi l'Etat, je suis le peuple ».

C'est un mensonge ! (…) Ce sont des destructeurs ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un Etat : ils suspendent au dessus d'eux une glaive et cents appétits.

», Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

Vouloir tout attendre de l'Etat apparaît dés lors problématique, puisque il n'est pas évident que l'Etat serve nécessairement nos intérêts.

Nous verrons en premier lieu, que en ce sens l'Etat doit être relégué à une fonction de sécurité, et assurer la protection des individus et ne pas intervenir dans leur existence.

Seulement, comme nous le verrons en deuxième lieu, cette définition donne un rôle trop faible à l'Etat pour que puisse être garantie la liberté des individus.

L'Etat doit donc assurer une fonction morale et sociale envers les individus.

Pour autant, il ne s'agit pas de tout attendre de l'Etat car cela ôterait à l'homme la peine de penser et la peine de vivre, et donc toute responsabilité qui incombe à tout citoyen. L'Etat doit assurer seulement la sécurité Hobbes considère que les hommes sont égaux entre eux, et cette égalité se manifeste dés l'état de nature.

Seulement cette égalité est porteuse selon l'auteur de conflit, car si ils sont égaux ils sont tous et de la même manière animés par le désir de posséder pouvoir après pouvoir.

Ainsi, écrit Hobbes : « Je mets au premier rang une inclination générale de toute l'humanité, un désir perpétuel et sans répit d'acquérir pouvoir après pouvoir », Léviathan, chapitre 11.

Il en résulte une concurrence entre les individus, qui dans l'état de nature, c'est-à-dire dans l'état où les hommes vivent en l'absence d'un pouvoir coercitif institué, conduit chacun à être l'ennemi de chacun.

L'état de nature est en d'autres termes animé par une « guerre de chacun contre chacun ».

En ce sens l'Etat qui doit naître doit prendre en charge le monopole de la violence, et être sans pitié en usant d'un pouvoir absolu.

Car sans cet état de nature les hommes mènent une existence précaire et misérable, comme l'expose d'ailleurs le chapitre 13 du Léviathan. Le droit mis en place par l'artifice du souverain a pour tâche de rendre leur existence tout simplement viable.

Le souverain assure, en effet, protection et sécurité à tous les individus qui en contrepartie ont délégué au souverain toute la force et la violence dont ils ne peuvent plus faire usage.

En d'autres termes ils n'ont plus le droit de se faire justice eux-mêmes.

Le Léviathan réduit « toutes leurs volontés par pluralité de voix, en une seule volonté », il aura tous les droits et tous les pouvoirs et en contrepartie il assurera l'ordre, la paix et la sécurité.

Si ici l'Etat peut tout, c'est que les hommes sont incapables de mener une existence en dehors d'un Etat suffisamment fort pour les tenir en respect. Même si l'Etat est tout puissant, qu'il est souverain les individus sont déliés de leur devoir d'obéissance dés que l'Etat n'assure plus leur sécurité.

C'est en réalité la seule chose qu'ils attendent de l'Etat. En dehors de l'Etat, les hommes jouissent d'une liberté absolue.

Mais chacun disposant de la même liberté absolue, tous sont exposés à subir des autres ce qui leur plaît.

La constitution d'une société civile et d'un État oblige à une nécessaire limitation de la liberté : il n'en reste que ce qu'il faut pour vivre bien et vivre en paix.

Chacun perd de sa liberté cette part qui pouvait le rendre redoutable pour autrui.

Dans l'état de nature, chacun jouissait d'un droit illimité sur toutes choses, mais tous disposant du même droit, nul n'était assuré de ne rien posséder durablement. L'État garantira la sécurité d'un droit de propriété limité.

Enfin, dans l'état de nature, chacun était exposé à la menace d'autrui : il pouvait être à tout instant dépouillé de ses biens et tué.

Dans une société civile, seul le pouvoir de l'État s'arroge ce droit.

Un Etat capable de protéger tous les citoyens de la violence des uns et des autres, de garantir la sécurité de leurs corps et de leurs biens, de leur assurer la jouissance des fruits de leur travail, de faire. »

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