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Percevoir, est-ce seulement recevoir ?

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« VOCABULAIRE: SEULEMENT: * Sans rien ou personne de plus que ceux qui sont indiqués : Il est resté deux jours seulement. * À l'exclusion de toute autre chose : J'ai fait cela seulement pour lui rendre service. * Marque l'opposition, la restriction : Je voudrais bien y aller, seulement je n'ai pas le temps. Introduction La question posée reprend à son compte la thèse classique qui fait de la perception une pure passivité, et nous incite à remettre en cause cette thèse classique. Il s'agit de savoir si la perception peut être réduite (est-elle « seulement » ?) à la passivité ou bien si elle peut être autre chose, par exemple au contraire un pouvoir actif. Si la perception est passive, c'est que sa matière lui est donnée ; si au contraire elle ne l'est plus, c'est qu'elle peut en quelque manière participer à la construction de ce sur quoi elle porte. La perception est-elle donnée ou construite ? Lignes directrices I. La perception est seulement passive, et ne peut donc constituer une source de vérité ni revêtir une quelconque stabilité. Le rationalisme définira ainsi la perception comme pure passivité, définition qui se retrouve jusque chez Kant ; c'est l'entendement comme faculté des règles qui donne sa part active à la connaissance. 2. C'est parce que la perception est passive qu'elle doit être complétée. Kant montre que des intuitions sensibles sans concepts sont vides : il faut ajouter un concept à la perception pour donner naissance à un jugement. Mais le complément de la perception vient peut-être déjà de la perception elle-même. Dans sa théorie phénoménologique, Husserl montre que les données de la perception ne se suffisent pas à elles-mêmes et qu'elles sont complétées par des co-données . Kant: Si nous appelons sensibilité la réceptivité de notre esprit, le pouvoir qu'il a de recevoir des représentations en tant qu'il est affecté d'une manière quelconque, nous devrons en revanche nommer entendement le pouvoir de produire nous-mêmes des représentations ou la spontanéité de la connaissance. Notre nature est ainsi faite que l'intuition ne peut jamais être que sensible, c'est-à-dire ne contient que la manière dont nous sommes affectés par des objets, tandis que le pouvoir de penser l'objet de l'intuition sensible est l'entendement. Aucune de ces deux propriétés n'est préférable à l'autre. Sans la sensibilité, nul objet ne nous serait donné et sans l'entendement nul objet ne serait pensé. Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles. Il est donc aussi nécessaire de rendre ses concepts sensibles (c'est-à-dire d'y ajouter l'objet dans l'intuition) que de se faire intelligibles ses intuitions (c'est-à-dire de les soumettre à des concepts). Ces deux pouvoirs ou capacités ne peuvent pas échanger leurs fonctions. L'entendement ne peut rien intuitionner, ni les sens rien penser. De leur union seule peut sortir la connaissance. Cela n'autorise cependant pas à confondre leurs attributions ; c'est, au contraire, une grande raison pour les séparer et les distinguer soigneusement l'un de l'autre. Ainsi distinguons-nous la science des règles de la sensibilité en général, c'est-à-dire l'Esthétique, de la science des règles de l'entendement en général, c'est-à-dire de la Logique. Avez-vous compris l'essentiel ? 1 L'esprit est-il seulement un récepteur passif ? 2 Y a-t-il une logique des sensations ? 3 Les lois de la logique sont-elles suffisantes pour produire une connaissance ? Réponses: 1 - Non, puisqu'il organise les données de la sensation. 2 - Non, elles sont en elles-mêmes sans logique, sans lien rationnel. C'est l'entendement qui doit introduire une logique en elles. 3 - Non, car l'entendement seul ne fournit que des formes vides, sans contenu, qui ne peuvent donc être un savoir réel. Des pensées sans matière sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles. (Critique de la Raison pure) Cette phrase résume la théorie de la connaissance chez Kant. Des pensées sans matière ce sont des concepts qui ne se réfèrent à aucune intuition. La connaissance nécessite l'action conjointe de la faculté d'entendement qui procède au moyen de concepts et de la sensibilité qui procède au moyen d'intuitions. C'est dire aussi que l'on ne peut connaître que ce qui est donné dans l'intuition. »

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