Aide en Philo

L'opinion peut-elle subsister à côté de la science ?

Extrait du document

« Sujet : L'opinion peut-elle subsister à côté de la science ? Analyse du sujet : - L'opinion et la science s'opposent traditionnellement en cela que l'opinion est une connaissance qui ne porte pas sur la vérité mais sur ce qui semble être, alors que la science est censée pénétrer la vérité des objets qu'elle étudie. De la sorte, la tradition considère généralement que la science chasse l'opinion des domaines qu'elle étudie, et ainsi science et opinion ne pourraient s'accorder ensemble. Considérer que la science et l'opinion pourraient subsister l'une à côté de l'autre, cela reviendrait à penser que la science ne serait pas capable d'obtenir la vérité sur certains pans du réel, et qu'il faudrait donc les laisser à l'opinion. Cela nous amènerait à nous interroger sur la portée de la science : est-elle capable de rendre raison de tout ou est-elle limitée ? On pourrait imaginer par ailleurs qu'il ne s'agisse pas d'un aveu d'impuissance de la science, mais d'un domaine qu'elle n'a pas encore eu le temps de conquérir et qu'elle laisse donc à l'opinion en attendant mieux. L'opinion pourrait aussi constituer les premiers pas de la science, elle pourrait être justement ce qui mettrait en avant un questionnement appelant la science après elle. Problématisation : Pour que la science et l'opinion subsistent l'une à côté de l'autre, il faudrait que la science renonce à sa volonté de connaissance dans certains domaines qu'elle laisserait à l'opinion.

Car là où la science passe, elle est censée détruire l'opinion sur son passage pour amener la certitude.

Mais pourquoi la science renoncerait-elle à sa soif de connaissance ? Pourquoi respecterait-elle l'opinion, qu'elle a l'habitude de combattre, et dont elle sait les effets nocifs ? Proposition de plan : 1.

L'opposition de la science et de l'opinion chez Platon. a) Si l'on suit Platon, on considérera avec lui que l'opinion constitue une connaissance qui porte sur le monde sensible, et la science une connaissance qui porte sur le monde intelligible.

Le sensible consiste en ce qui est perçu par les sens, c'est-à-dire un monde d'apparences, un flux changeant et indéterminé.

L'intelligible représente par contre le monde dans lequel se tiennent les formes intelligibles, qui sont des essences universelles et immuables, qui tiennent le rôle de causes et de modèles des choses sensibles. b) Socrate soutient ceci à Cratyle dans le Cratyle de Platon : « De connaissance il ne saurait être probablement question, Cratyle, si tout change de forme et rien ne demeure » (Cratyle, 440a) Socrate est ici le porte-parole de Platon, et il nous montre donc qu'il ne peut y avoir de connaissance portant sur le sensible.

C'est pourquoi nous pouvons en inférer que d'après Platon, l'opinion consiste en une connaissance approximative, qui se donne pour un jugement sur ce que semblent être les choses, et qui est susceptible d'être vrai ou faux sans jamais pouvoir rendre raison de sa vérité ou de sa fausseté.

La science, par contre, permettrait la connaissance vraie et stable de l'objet qu'elle étudie puisqu'elle porte sur l'intelligible, c'est-à-dire les choses qui « ont elles-mêmes une certaine réalité qui leur appartient et qui n'est pas relative à nous.

» (Cratyle, 386d-e) c) Pour Platon, c'est le philosophe qui parvient à la science véritable par le biais de la dialectique grâce à laquelle il contemple les vérités intelligibles.

Le philosophe ne peut ensuite que renoncer à l'opinion car l'âme du vrai philosophe, ainsi que Platon l'écrit : « ne croirait pas que la philosophie doive délier l'âme pour qu'une fois déliée, elle se relivre elle-même aux plaisirs et aux peines » (Phédon, 84a).

Il va donc toujours chercher à s'élever vers la science par la dialectique.

Il y a certes des gens dont l'âme est incapable de s'élever à la science, et l'opinion subsistera dans leurs âmes même si ils côtoient un philosophe.

Mais pour ce qu'il en est du philosophe, il ne saura plus jamais se contenter de l'opinion et cherchera à s'en extraire par la science.

De la sorte, l'on peut considérer que l'opinion est pour Platon l'opposée de la science, et que celle-ci ne saurait subsister réellement à ses côtés, même si le philosophe peut pour sa part subsister aux côtés de ceux qui restent dans la fausse connaissance de l'opinion. Transition : Le point de vue platonicien consiste en un pari basé sur la conviction qu'une connaissance absolue est possible.

Mais n'y a-t-il pas des champs de la connaissance qui échappent à la science ? 2.

L'opinion nécessaire dans certains domaines. a) Platon croyait à la possibilité d'une science de toute chose et d'une unité de la science.

Mais Aristote a souligné le fait que la. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles