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L'imagination comme malheur de l'homme ?

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« 1. L'imagination comme malheur de l'homme A. L'imagination comme source d'illusions Comme le montre Pascal dans ses Pensées, l'imagination est bien cette « maîtresse d'erreur et de fausseté », la source des illusions qui marque la condition humaine : « cette faculté trompeuse qui semble nous être donnée exprès pour nous induire à une erreur nécessaire » détermine en effet toutes les actions humaines : guerres d'ambition, amours, etc. Elle nous donne une vision faussée de la réalité et de nous-mêmes en nous déterminant à juger d'après nos propres impressions. Si bien que « l'imagination dispose de tout », tout en étant au service d'une illusion généralisée. De plus l'imagination a deux grands torts aux yeux de Pascal : d'une part, elle dissimule sa propre fausseté : elle se révèle parfois vraie, lorsque par exemple nous imaginons un événement qui se produit réellement. Si bien qu'en imaginant, nous ignorons si nous nous trompons. D'autre part, il n'est pas possible de se débarrasser de l'imagination : elle persiste, même lorsque l'on s'est rendu compte de sa propre erreur. L'imagination est donc illusion plus qu'erreur. L'imagination est la plus grande puissance d'erreur qui se puisse trouver en l'homme, et dont il ne peut se défaire. Si elle était toujours fausse, il suffirait d'en prendre le contre-pied pour trouver la vérité, mais nous ne savons jamais si ce qu'elle nous représente est réel ou irréel. N'étant pas la règle infaillible du mensonge, elle ne peut l'être de la vérité. Elle représente le vrai et le faux avec la même indifférence. Sa puissance de persuasion est infinie, même auprès des hommes les plus sages et les plus raisonnables. Elle emporte l'assentiment par surprise et sans difficulté. Les plus beaux discours de la rhétorique ne sont pas ceux qui parlent à notre raison mais à notre coeur. La raison calcule, soupèse, compare, mesure, établit des rapports, mais elle est incapable de "mettre le prix aux choses". C'est l'imagination qui nous fait estimer, blâmer, aimer ou détester, et non pas la raison dont elle se joue sans efforts. L'imagination a produit en l'homme une seconde nature : "Elle remplit ses hôtes d'une satisfaction bien autrement pleine et entière que la raison." B. L'imagination et le pouvoir D'après Pascal, l'imagination est aussi la source de toute domination politique et sociale. Elle fonde ainsi la soumission du peuple aux « grands ». Elle exerce une très forte contrainte sociale : elle fait croire qu'un signe extérieur de noblesse (le port d'une perruque, d'une épée) renvoie à un caractère réel de la personne. Elle est donc à l'origine d'un pouvoir arbitraire, fondé sur une illusion, car il s'agit bien d'un pouvoir imaginaire. Pascal affirme ainsi : « Qui dispense la réputation ? Qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux lois, aux grands, sinon cette faculté imaginante ? » Pascal fait ainsi apparaître l'imagination comme la cause essentielle d'un malheur de l'homme : malheur lié à ses illusions ; malheur lié à sa condition sociale et politique. Mais d'un autre point de vue, l'imagination n'apporte-t-elle pas des remèdes à ce malheur ? 2. L'imagination comme remède au malheur A. La satisfaction imaginaire En effet, si l'imagination porte à se détourner de la réalité, elle permet aussi la satisfaction imaginaire de désirs que la réalité ne permet pas d'accomplir. Ainsi Freud montre-t-il qu'un désir, refoulé parce qu'incompatible avec la réalité (ex. : inceste), trouve une satisfaction « hallucinatoire » dans le rêve ou la névrose. Le détour par l'imagination est donc ici une solution au conflit entre le désir et la réalité. Parce que l'imagination éloigne de la réalité, elle est aussi une solution pour échapper à ses impératifs contraignants. L'imagination permet ainsi de remédier à la condition malheureuse de l'homme, qui implique nécessairement le refoulement d'un certain nombre de désirs contredisant les normes sociales. B. L'imagination comme consolation »

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