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L'homme peut-il être heureux sachant qu'il doit mourir ?

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« QUELQUES DIRECTIONS DE RECHERCHE • Quelle appréhension de la mort (et éventuellement de ce qu'il y a « après ») doit-on avoir pour qu'il y ait antinomie entre la possibilité d'être heureux et la connaissance du fait que l'on doit mourir ? Noter par exemple qu'Epicure nie que la mort soit en soi une catégorie du vécu de la conscience (quand nous sentons, nous ne sommes pas morts, quand nous sommes morts, nous ne sentons plus).

Il ne s'agit pas pour Epicure de nier que la crainte de la mort puisse être une angoisse réelle mais d'affirmer que ce vécu de conscience provient d'une erreur.

Il s'agit pour lui de rendre à la mort sa facticité, sa pureté d'événement vide de sens et de faire de ce « vide » non un scandale pour la conscience mais l'absence de soucis. • S'interroger également sur les appréhensions possibles du bonheur : Toute conception du bonheur est-elle automatiquement liée à la quiétude, à l'absence d'angoisse ? (Cf.

le bonheur « dionysien » opposé au bonheur « appolinien »). INDICATIONS DE LECTURE • Bonheur et civilisation de Jean Cazeneuve (Idées N.R.F.), notamment le chapitre IX : Typologie du bonheur. • Lettre à Ménécée d'Epicure : « Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien relativement à nous, car tout bien et tout mal résident dans la sensation; or la mort est la privation complète de cette dernière.

Cette connaissance certaine que la mort n'est rien relativement à nous a pour conséquence que nous apprécions mieux les joies que nous offre la vie éphémère, parce qu'elle n'y ajoute pas une durée illimitée, mais nous ôte au contraire le désir d'immortalité.

En effet, il n'y a plus d'effroi dans la vie pour celui qui a réellement compris que la mort n'a rien d'effrayant.

» Analyse du sujet : Homme : Aristote donnait deux définitions de l'homme : il est un « animal rationnel », il est inscrit dans le règne de la nature mais par la raison peut parvenir à s'en extraire épisodiquement ; il est également un « animal politique » : la nature lui a donnée la raison pour lui permettre de s'entendre avec ses semblables. Bonheur/Être Heureux : Le bonheur est la satisfaction momentanée de toutes les inclinations d'un homme donné qui est, à cet instant, heureux.

Le bonheur est par ailleurs, dans la philosophie antique, la fin ultime de l'humanité, idéal de ce même bonheur dans la durée : ataraxie.

Aristote faisait de cette fin ultime la condition de l'homme vertueux, qui se consacre à la contemplation pendant toute sa vie.

Les religions monothéistes (christianisme) opposent, au bonheur terrestre et matériel (qualifié négativement), la perspective d'un bonheur éternel dans l'audelà : la béatitude.

Kant a identifié le bonheur comme un concept de l'imagination, dont les contenus sont toujours subjectifs et irrationnels, et doivent se soumettre devant l'impératif catégorique et universel, concept de la raison pratique, mais l'idée qui découle de cette définition c'est que l'homme a dans la limite de l'impératif catégorique entière liberté pour se forger son concept du bonheur, rien ne peut lui prescrire la façon dont il deviendra heureux, si ce n'est lui même. Mourir : La mort est une fatalité, une certitude, pour les hommes qui a conscience de sa finitude.

La mort est la fin de toute activité corporelle, la cessation de tout les activités vitales.

Elle est donc l'objet de la peur que Hobbes va même jusqu'à penser comme essentielle chez l'être humain.

La mort symbolise l'horizon qui privera à la fin de l'existence l'être humain de la perspective de son bonheur.

Les religions offrent une conception du bonheur qui dépasse la finitude et offre la perspective d'un bonheur après la mort, un bonheur au delà du monde fini.

Pour l'athéisme la religion se substitue ainsi à la légitimité raisonnable qui fonde chacun à se construire son concept du bonheur et les détourne par la même occasion du bonheur terrestre. Problématisation : Nous nous interrogeons sur le bonheur et son rapport à la certitude humaine de la mort.

L'homme peut-il être heureux sachant qu'il doit mourir ? En effet, hanté par la perspective de sa finitude comment l'homme pourrait-il connaître la paix intérieure, la félicité qui caractérise le bonheur ? De plus le concept du bonheur n'implique-t-il pas la durée que la finitude et la mort menacent ou au moins inquiètent ? Dès lors ne faudrait-il admettre que l'homme ne peut être heureux e sachant qu'il va mourir parce que cette perspective ne peut manquer de dévaluer chacun des instants de bonheur qu'il aurait put connaître ? Pour autant, ne pourrait on considérer que, justement cette finitude essentielle de l'homme, donne un prix inestimable au moindre instant de bonheur et de plaisir ? L'homme n'est-il pas d'autant plus heureux quand il est heureux parce qu'il a parfaitement conscience que le temps de son existence est précieux puisqu'il est limité, et qu'il ne faut pas le perdre ? Dans cette optique l'homme serait d'autant plus heureux pendant ses instants de bonheur parce qu'il aurait le sentiment de la valeur de ses instants si rares dans une vie menacée et si courte, bien que ces instants soient eux-aussi éphémères.

Mais plus profondément, ne pourrait-on envisager un moyen pour l'homme de se libérer de sa crainte de la mort sans pour autant tomber dans. »

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