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L'existence est-elle absurde?

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« Analyse du sujet : Dans son acception commune, l'existence désigne la manière dont les choses sont présentes effectivement : ce qui est réel existe et ce qui n'est pas réel n'existe pas. Il faut encore, parmi ce qui n'est pas réel, distinguer ce qui n'est absolument rien du tout de ce qui est tout de même quelque chose mais n'existe pas.

Ainsi l'existence s'oppose-t-elle premièrement au pur néant, et deuxièmement à la simple possibilité. L'existence n'est pas non plus l'essence : lorsque nous disons ce qu'une chose est, nous tentons de définir son essence (par exemple : « la fleur est rouge »).

En revanche, si nous simplement d'une chose qu'elle est, nous voulons dire qu'elle existe effectivement, réellement (par exemple : « la fleur est »). L'existence désigne encore, d'une part l'existence humaine en générale, c'est-à-dire le simple fait pour nous d'être là ; d'autre part notre existence individuelle, particulière, c'est-à-dire notre vie dans toute sa singularité. Le deuxième concept qui nous intéresse est celui de sens (ou signification), puisque ce qui est absurde est précisément ce qui est dénué de sens. Le sens (ou signification) est d'abord celui des mots et des phrases qui en sont composés : le sens est ce que nous voulons dire et comprenons lorsque nous les utilisons.

En comprenant ce qu'un mot ou une phrase signifie, nous savons à quoi ils renvoient, ce qu'ils désignent : une chose, une action, une idée, etc.

Les mots et phrases font donc signe vers quelque chose.

C'est en tant que signes que précisément ils signifient. Mais le sens des mots et des phrases varie en fonction des contextes, à partir desquels seuls il nous est possible de déterminer ce à quoi les mots et phrases renvoient.

Aussi ne renvoient-ils pas en eux-mêmes à des idées ou choses, mais n'existent qu'en tant qu'ils appartiennent à un système organisé. Problématisation : Si l'existence d'une chose désigne pour elle le fait d'être là, et si de plus l'essence de cette chose n'apprend rien sur son existence, alors déterminer le sens de son existence, c'est seulement dire pourquoi elle est là, bien réelle plutôt qu'absente.

C'est donc répondre à la question « pourquoi une chose existe-t-elle ? », qui peut être interprétée de deux manières : la question « pourquoi » invite à fournir ou bien une raison, ou bien une destination (« pour quoi ? »).

Par exemple, je peux dire que je suis ici pour faire telle ou telle chose ou alors parce qu'on m'y a envoyé...

Il nous faut donc envisager deux problèmes : I – Pour quelle raison quelque chose existe-t-il ? II – En vue de quoi quelque chose existe-t-il ? Proposition de plan : I – Pour quelle raison quelque chose existe-t-il ? La question est de savoir pour quelle raison il y a quelque chose plutôt que rien.

Pourquoi y a-t-il un monde, des plantes, des hommes, plutôt qu'un pur néant ? Nous pourrions d'emblée répondre qu'une chose existe parce qu'une cause à produit son existence.

Si la cause permet de répondre à la question « pourquoi ? » et si la question « pourquoi ? » est la question du sens de l'existence, alors le sens de toute existence, c'est sa cause.

Un problème se pose assez rapidement : nous pouvons bien dire d'une chose particulière qu'elle a été causée par une autre, par exemple que l'existence de ce livre a été causée par un ensemble de machines servants à l'édition.

La question qui se pose alors est celle de l'existence de ces machines.

Nous dirons qu'elles ont été causées par l'assemblage mécanique de pièces, dont l'existence est elle-même causée par un usinage de pièces par d'autres machines dirigées par des hommes, etc.

Si nous poursuivons cette régression causale se pose alors le problème de la cause première : quelle est sa cause ? Si une autre cause explique son existence, alors cette cause n'était pas première et la question se repose à l'infinie.

Si à l'inverse, aucune cause n'explique l'existence de cette première cause, alors cette existence n'a pas de sens puisque nous ne pouvons pas répondre à la question « pourquoi existe-t-elle ? ». II – L'existence de la première cause a-t-elle un sens ? Spinoza, dans l'Ethique, assimile Dieu à la nature : « Deus sive natura ».

Dieu est l'unique substance existante qui est cause d'elle-même (« causa sui »).

Les choses particulières comme les objets et les hommes ne sont que des affections de la substance, ce qu'il appelle des modes de la substance.

Dans cette perspective, la nature tout entière (ou Dieu) est cause d'elle-même, ce qui signifie d'après Spinoza que « son essence enveloppe son existence ».

Autrement dit, d'après la définition de l'essence de la substance, celle-ci ne peut pas ne pas exister. Mais pourtant nous avons dit que l'essence et l'existence s'opposaient.

Serait-ce que pour Dieu ou la nature, il faudrait faire une exception ? Kant montre dans la Critique de la raison pure qu'il est impossible de démontrer d'une quelconque manière l'existence de Dieu.

Il s'agit de critiquer les preuves dites « ontologique », c'est-à-dire celles qui déduisent l'existence à partir de l'essence, auxquelles Kant montre que toute preuve de l'existence de Dieu se ramène.

L'argument est le suivant : entre l'essence d'une chose seulement possible et l'essence d'une chose réellement existante, il n'y a aucune différence, et pourtant la seconde existe alors que la première n'existe pas.

Par conséquent, l'existence n'apporte absolument rien à l'essence de la chose.

Il prend l'exemple de cent Thalers (c'est une monnaie de l'époque). »

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