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Les mots sont-ils pour la pensée une condition ou un obstacle ?

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« Analyse. · · · · · · · Notre sujet demande une définition, en premier lieu des notions de mots et de pensée. o Les mots sont des groupes de son correspondant à un sens, entre lesquels se distribue le langage.

Le mot a deux dimensions : signifiant (le son) et signifié (le sens).

Aussi les mots ont-il pour objet la signification d'une représentation.

Ils sont les signes de ce que l'on ressent. o La pensée, elle, se définit comme étant tout ce qui affecte la conscience.

C'est une activité de l'esprit ayant pour objet la connaissance.

C'est une fonction de l'entendement, qui se manifeste dans la production de concepts et de jugements. On comprend ici que la production de concepts peut difficilement se faire sans langage.

Aussi les mots sont-ils nécessaire à cette production. Le sujet que nous avons à étudier ici porte sur le rapport des mots à la pensée.

Il nous faudrait déterminer si la pensée est aidée ou ralentie par les mots. Mais la problématique qui nous touche ici porte sur le statut de chacune de ces notions.

La pensée est plus libre que le langage.

Les mots sont finis et définis.

La pensée peut vagabonder et créer à l'infini. Comment peut-on alors lier les mots à la pensée ? Car le problème est là : si on ne peut penser sans les mots, cela peut signifier que l'on s'entrave. L'entrave se conçoit comme étant nécessaire.

Or la pensée est libre.

D'où le paradoxe suivant : o Soit on admet que la pensée n'est pas libre, mais il est alors difficile de comprendre comment elle peut être créatrice de concepts sil elle ne possède pas de liberté ; o Soit elle est libre, mais dans ce cas, li apparaît difficile de ne pouvoir penser qu'avec les mots. Le statut du langage devra donc être questionné ici.

Car si les mots ont une valeur, c'est dans le fait qu'ils définissent clairement.

Or, la pensée peut avancer et faire un usage opposé à la définition originelle de certains mots.

Comment conserver alors l'équilibre apporté par les mots pour clarifier et assurer la pensée ? Enfin, la pensée elle-même devra être définie à la foi en fonction des mots, puisque l'on ne peut se passer des mots pour penser, mais aussi en fonction de sa propre « capacité » à dépasser la barrière du langage. Problématisation. Lorsque nous pensons, nos conceptualisons.

Ce faisant, nous utilisons les mots, pour notre propre usage afin de connaitre l'objet de notre propre pensée.

Mais les mots, contrairement à la pensée, sont limités.

Comment peut-on alors penser tout en restant dans un domaine donné du langage ? Tout d'abord, les mots sont-ils le seul moyen que nous ayons pour penser ? Ensuite, quel clivage existe entre les mots et la pensée ? Enfin, les mots ont-il un statut de condition ou d'obstacle pour la pensée ? Proposition de plan. 1. Quelle est la fonction des mots pour la pensée ? · Les mots sont l'outil nécessaire à la pensée.

Le fait de penser revenant à conceptualiser, acquérir une connaissance, nous ne pouvons que reconnaitre la nécessité des mots pour ce faire. « L'usage courant de la parole est de transformer le discours mental en discours verbal, ou l'enchaînement de nos pensées en suite de mots, et cela présente deux avantages.

L'un est de nous permettre de fixer l'enchaînement de nos pensées qui, par leur aptitude à s'échapper de notre mémoire en nous faisant passer à autre chose peuvent à nouveau être rappelées grâce à tels ou tels mots qui les signalent.

» Hobbes, Léviathan. · · · · 2. Selon Hobbes, il n'y a donc pas de pensée, du moins ordonnée, sans le recours des mots. Nous voyons donc ici que le fait même de penser signifie la connaissance et la maîtrise d'un langage articulé, de mots pouvant servir de signes et repères à la pensée. La fonction des mots est donc de fixer ce qui est pensé, c'està-dire, lorsque la perception reçoit une information, nous évoquons cette perception par des mots qui permettent de définir un concept de ce qui est perçut. L'activité de pensée est mise en mouvement par une maîtrise des définitions, qui va aller jusqu'à permettre de créer de nouveaux termes, de nouvelles expressions. Quelle différence irréductible existe-t-il entre les mots et la pensée ? · · · Pourtant, il existe une différence majeure entre les mots et la pensée.

La pensée est libre, elle consiste en une faculté de détermination des informations reçue par la perception. Les mots, eux, sont déterminés, d'ores et déjà.

Ils ne peuvent s'étendre infiniment, comme peut le faire la pensée.

Ainsi, les mots ont-ils des limites que la pensée n'a pas. Ainsi, pensée et mots ont une différence insurmontable : celle de l'étendue.

Les mots sont finis, la pensée peut toujours et encore s'étendre.. »

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