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Les difficultés de l'autonomie ?

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« VOCABULAIRE: Difficulté: Nous éprouvons une difficulté quand, réalisant une tâche, nous devons faire un effort et que nous rencontrons des obstacles.

Au contraire, quand il n'y a pas d'obstacle et peu d'effort, quand il y a une aisance, règle la facilité. AUTONOMIE : N'obéir volontairement qu'à la loi (nomos) que l'on se donne à soi-même (auto), par notre raison. L'hétéronomie, au contraire, c'est l'obéissance à la loi d'une autorité extérieure ou à une pression sensible non dominée. Travail et hétéronomie • Marx montre que dans le mode de production capitaliste, le travail place les salariés, qui disposent de leur seule force de travail, sous le pouvoir de ceux à qui appartiennent les matières premières et les outils de production.

Dès lors, le salarié ne décide ni de l'organisation du travail, ni de la façon dont on usera de ces richesses. • Placé sous le pouvoir d'autrui, simple rouage d'un mode de production, il semble dépossédé de cette capacité humaine à se conduire et à décider pour son propre compte : l'autonomie.

Devons-nous conclure de cette analyse du travail que notre liberté est illusoire ? Une liberté irréductible • Dans L'existentialisme est un humanisme, Sartre montre, d'un point de vue athée, que tous les objets fabriqués sont déterminés en leur essence avant d'être réalisés : on a l'idée de ce que doit être un objet pour remplir tel ou tel usage.

Puis il ajoute que, contrairement aux objets, aucune essence humaine ne détermine l'homme avant qu'il n'existe.

Alors qu'un coupe-papier est déterminé à être un coupe-papier et à remplir une tâche précise, un homme se détermine – être lâche, responsable...

– en fonction de la manière dont il existe. • Sartre en conclut que l'homme est « condamné à être libre ».

Et c'est cette conscience de notre liberté première vis-à-vis de toute détermination qui se manifeste chaque fois que nous proclamons être autre chose, valoir mieux que le travail qui nous incombe.

En dépit des difficultés que l'homme éprouve à être autonome, le travail est donc compatible avec la liberté dans la mesure où il ne peut la supprimer en venant à bout de l'indétermination première de l'homme. « L'HOMME EST CONDAMNÉ À ÊTRE LIBRE.

» SARTRE. Sartre doit son immense notoriété à la vogue de l'existentialisme (philosophie de la liberté et de la responsabilité), dont il fut considéré comme le fondateur, même si la lecture de la « Phénoménologie » de Husserl et de « L'Etre et le Temps » de Heidegger l'a profondément influencé.

Deux formules pourraient résumer sa conception de la liberté.

La première, que l'on trouve dans « Saint Genet » (1952): « L'important n'est pas ce qu'on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous.

» La seconde, qui figure dans un opuscule intitulé « L'Existentialisme est un humanisme » (Nagel) où Sartre répond à diverses objections formulées notamment, par les catholiques et les marxistes à sa conception existentialiste de l'homme: « L'homme est condamné à libre.

» Qu'est-ce que l'existentialisme ? C'est l'affirmation que, chez l'homme, l'existence précède l'essence.

Autrement dit, rien n'est donné d'avance à l'homme.

N'ayant pas d'essence préalable, l'homme se trouve condamné à choisir librement son essence : « Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit d'abord.

L'homme tel que le conçoit l'existentialiste, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien.

il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait.

» L'homme n'est ni ceci ni cela.

Son existence n'est d'abord soutenue par rien.

C'est précisément parce que l'homme n'est d'abord rien qu'il se distingue de toute autre réalité et que son existence est liberté, ne peut qu'être liberté.

La chose qui est ceci ou cela, qui n'est que ce queue est, ne saurait être libre.

Un arbre ne peut jamais être que l'arbre qu'il est.

Un objet n'a pas à être : un coupe-papier, par exemple, est.

Tout objet matériel est.

L'homme n'est pas.

Il n'est pas d'avance ceci ou cela, ce qu'il va devenir n'est pas décidé d'avance.

L'homme est ce qu'il se fait: « Ainsi il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.

» Et si l'homme n'est d'abord rien et doit librement choisir son essence, cela signifie qu'il est pure subjectivité, projet : « C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité.

et que l'on nous reproche sous ce nom même.

Mais que dire par là,. »

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