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Le langage nous rend-il maîtres des choses ?

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« Termes du sujet: MAÎTRE: Du latin magister, «celui qui est plus » (sous-entendu « que les autres »), « le maître ». Personne qui exerce une autorité, une domination (notamment sur un esclave), un pouvoir.

Chez Hegel, la conscience qui, dans la lutte à mort qui l'oppose à une autre conscience, préfère la liberté à la vie et s'affirme dans l'indépendance à l'égard d'autrui (dialectique du maître et de l'esclave).

Chez Nietzsche, l'homme vaillant et sans scrupule, qui se moque de la morale du ressentiment. LANGAGE : 1) Faculté de parler ou d'utiliser une langue.

2) Tout système de signes, tout système signifiant, toute communication par signes (verbaux ou non verbaux).

Le langage désigne aussi la totalité des langues humaines. CHOSE (n.

f.) 1.

— Désigne la réalité (res en latin : chose) en gén.

; cf.

DESCARTES : « chose pensante » (âme), « chose étendue » (matière). 2.

— Désigne la réalité, envisagée comme déterminée et statique, existant hors de la représentation ; en ce sens, KANT utilise l'expression « chose en soi ». 3.

— (Par ext.) À partir du sens 2, désigne la réalité inanimée, hors de son rapport à la pensée (le monde des choses).

Rem.

: la chose se distingue de l'objet en ce que ce dernier est construit ; cela n'implique pas que la chose soit chose en soi ; ce qui est chose se constitue comme ce qui est maniable, ce qui est disponible ; autrement dit, l'objet se réfère à la pensée, la chose à l'action ; le monde des choses, c'est le monde qui se détermine dans la pratique, et y résiste ; à partir du sens 3, le réaliste confond volontiers la chose et l'objet (cf.

DURKHEIM : « Il faut considérer les faits sociaux comme des choses »).

4.

— Chosisme : attitude qui consiste à considérer la réalité comme une chose au sens 2. Parler, c'est dire quelque chose, à quelqu'un, et sur quelque chose.

Reste à préciser quelle est la nature du lien entre les mots et les choses qu'ils nomment.

A en croire le récit biblique de la Genèse (II, 19-20), le premier homme, Adam, aurait procédé juste après la Création à une rigoureuse dénomination de toutes choses vivantes : « Yahvé [...] les amena à l'homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacune devrait porter le nom que l'homme lui aurait donné ».

De ce fait, le langage adamique passe pour un modèle d'univocité, aux yeux, par exemple, des modernes promoteurs du projet d'une langue universelle.

Il ne va pas de soi néanmoins que les choses puissent être soumises par le langage — en l'occurrence par le moyen d'une dénomination exacte originaire — à la puissance de l'homme.

Certes, dans le Cratyle de Platon, le personnage d'Hermogène soutient que chacun est maître d'appeler toute chose du nom qu'il lui plaît.

Cependant, si je décide d'appeler « cheval » l'être que les autres nomment « homme », la possibilité de communiquer et de nous entendre disparaîtra.

Contre Hermogène, Cratyle soutient donc l'existence d'un rapport naturel de similitude entre noms et choses nommées.

A ce compte, les noms, pourvu qu'ils soient correctement compris, nous donneraient connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes.

Peut-être, pour Platon, les noms ne seraient-ils cependant capables de manifester la nature des choses que dans la mesure où ils seraient à l'image, non pas de ces choses, mais des Idées, ou Formes intelligibles, qui sont les prototypes des objets sensibles.

Pour autant, on peut douter que les mots auraient à eux seuls le pouvoir de faire apparaître ces réalités suprasensibles. 1) Le langage comme puissance d'action. On peut d'un certain point de vue, penser que le langage nous rend maître des choses quand l'acte même de langage constitue à lui seul une action, quand le fait même de prononcer une phrase suscite une action.

Dans son ouvrage intitulé Quand dire, c'est faire (Paris, 1972).

Les énoncés performatifs ne peuvent être caractérisés comme vrais ou faux ; ce sont par exemple les promesses, les serments, les énoncés par lesquels on se porte garant de quelqu'un, par lesquels on « baptise » un bateau, on ouvre ou lève une séance ; par eux le locuteur, qui doit répondre à certaines conditions, et être « autorisé » à les prononcer, accomplit un acte et ne le raconte pas.

Pour pertinente qu'elle soit, cette distinction n'est pas toujours facile à maintenir.

Ainsi « Je vous avertis qu'un train entre en gare » contient à la fois un avertissement et une constatation, tandis que « La France est hexagonale » n'est ni vrai ni faux, c'est tout au plus une description approximative.

Pour remplacer cette distinction, Austin introduit la théorie des forces illocutionnaires.

Celui qui parle accomplit un certain nombre d'actes : phonétique, en ce qu'il émet certains sons ; phatique, en ce qu'il prononce des mots ordonnés en accord avec la grammaire ; locutionnaire, en ce qu'il utilise des expressions ayant sens et référence ; illocutionnaire, en ce que dans (in) l'acte locutionnaire il accomplit un autre acte (exclamation, promesse, etc.) ; perlocutionnaire, en ce qu'au moyen de l'acte illocutionnaire il peut par exemple agir sur autrui (ordre, prière, etc.).

Austin s'est attaché ensuite à distinguer parmi les actes illocutionnaires ceux qui ont force « expositive » (affirmer, décrire, reporter, témoigner, raconter), ou « commissive » (promettre, parier, consacrer), ou « verdictive » (prononcer un diagnostic), ou « behabitive » (s'excuser, remercier, injurier). 2)Le langage comme monde autonome ? Benveniste le rappelle : « Le langage représente la forme la plus haute d'une faculté qui est inhérente à la condition humaine, la faculté de symboliser.

Entendons par là, très largement, la faculté de représenter le réel par un « signe » et de comprendre le « signe » comme représentant le réel, donc d'établir un rapport de « signification » entre quelque chose et quelque chose d'autre » (Problèmes de linguistique générale).

Et « Qu'un pareil système de symboles existe nous dévoile une des données essentielles, la plus profonde peut-être de la condition humaine : c'est qu'il n'y a pas de relation naturelle, immédiate et directe entre l'homme et le monde, ni entre l'homme et. »

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