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Le langage est-il un ensemble de mécanismes ?

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« Le langage est-il un ensemble de mécanismes? On a considéré le langage comme un certain stock d' « images verbales ». Les images verbales seraient les mots, et ils seraient engagés dans de multiples associations. Cette conception empiriste du langage s'appuyait sur deux séries de faits : les uns psychologiques, les autres pathologiques. — I — Le mot est un schème moteur (articulation) et un certain nombre d'associations représentatives dont l'ensemble constitue la « signification » du mot. L'associationnisme est sous-jacent à la théorie de l'image verbale, type particulier d'image mentale, comme atome neuro-psychologique. On retrouve cette théorie dans la conception du langage comme « second système de signalisation » (Pavlov). Dans le langage écouté et parlé, cependant, les mécanismes mis en branle sont bien d'ordre moteur et associatif : la formation chez l'enfant du langage écouté, parlé, écrit, lu, consiste bien en l'acquisition de schèmes dynamiques de la prononciation et d'images ou de perceptions associées régulièrement à ces sons. — II — Des observations sur les structures verbales faites entre 1860 et 1910 par Broca, Wernicke et Charcot, montraient d'autre part que le langage était constitué par un nombre déterminé de mécanismes anatomiquement distincts, normalement associés mais dissociés dans la maladie. De là partirent les fameuses localisations cérébrales. Ces « centres d'images » pouvaient être atteints séparément ; on distingua : — l'aphasie motrice (le malade a une seule syllabe pour tout exprimer) ; — l'amnésie verbale (le malade emploie les mots sans en saisir le sens) ; — la surdité verbale (les mots se réduisent à des sons qui ont perdu leur sens) ; — la cécité verbale (trouble de la lecture, mots lus non compris) ; — l'agraphie (trouble de l'écriture). On « localisa » ces centres. C'est ainsi que Broca localisa le centre du langage articulé, dans le pied de la 3e circonvolution frontale gauche (circonvolution de Broca). Conséquence de cette théorie : « pas de pensée sans image » c'est-à-dire pas de pensée sans langage. La conception empiriste se dispense de l'hypothèse d'un sujet pensant et de celle d'une pensée pure. »

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