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La vérité a-t-elle une histoire ?

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« Analyse du sujet : Le sujet prend la forme d'une question fermée, à laquelle il s'agira de répondre par « oui » ou « non » en conclusion avec les nuances qui s'imposent, au terme d'une argumentation documentée. La vérité s'oppose premièrement à la fausseté. Elle est universelle et ne se limite donc pas à une opinion. Elle est avant tout une caractéristique du discours. Elle se distingue donc du fait qui n'est par lui-même ni vrai, ni faux. Une proposition, par exemple : « il pleut » peut être dite vraie ou fausse, selon que dans les faits, il pleuve ou non. La proposition n'est cependant pas vraie par elle-même : c'est son adéquation avec le fait dont elle rend compte qui constitue le critère de sa vérité. Elle pourra très bien être fausse demain, si pour reprendre notre exemple, il ne pleut pas demain. On pourrait se demander si la proposition « 2 + 2 = 4 » n'est pas vraie par elle-même, contrairement à ce qu'on vient de dire. Elle n'est en fait vraie que sous certaines conditions : en base 3 par exemple, 2 + 2 = 1 donc la proposition « 2 + 2 = 4 » est fausse. Dans ce cas, c'est le contexte qui permet de déterminer s'il y a adéquation ou non. Dans son emploi courant, la vérité semble également être une propriété des objets : elle est alors synonyme d'authenticité, par exemple lorsque nous parlons d'un vrai tableau, pour manifester le fait qu'il n'est pas une copie. La vérité s'oppose enfin au mensonge. Elle est une valeur positive L'histoire désigne ou bien la succession des événements, ou bien la discipline historique, c'est-à-dire l'historiographie. Dans les deux cas, elle suppose une temporalité et est tournée vers le passé. Problématisation : Une première interprétation du sujet inviterait à ce demander s'il y a une Histoire, au sens d'une historiographie, de la vérité. Cela signifierait que l'histoire comme cours des événements dévoilerait peu à peu la vérité dont on pourrait alors faire l'Histoire. Plus exactement, l'Histoire de la vérité serait celle de sa découverte, de sa mise au jour progressive. La première question est donc : I – y a-t-il un progrès de l'histoire vers la vérité ? La seconde interprétation possible de l'historicité de la vérité remet immédiatement en question la première : il s'agit cette fois d'entendre l'historicité au sens strict d'une temporalité, d'une évolution dans le temps. Si justement la vérité n'est pas égale à elle-même, si son essence même est historique, alors toute idée de dévoilement d'une unique vérité perd son sens. II – La vérité est-elle temporelle ? Proposition de plan : I – y a-t-il un progrès de l'histoire vers la vérité ? Référence : Hegel, La Raison dans l'histoire « Le trésor de raison consciente d'elle-même qui nous appartient, qui appartient à l'époque contemporaine, ne s'est pas produit de manière immédiate, n'est pas sorti du sol du temps présent, mais pour lui c'est essentiellement un héritage, plus précisément le résultat du travail, et à vrai dire, du travail de toutes les générations antérieures du genre humain. De même que les arts de la vie extérieure, la quantité de moyens et procédés habiles, les dispositions et les habitudes de la vie sociales et politiques sont un résultats de la réflexion, de l'invention, des besoins, de la nécessité et du malheur, de la volonté et de la réalisation de l'histoire qui précède notre époque, de même ce que nous sommes en fait de sciences et plus particulièrement de philosophie nous le devons à la tradition qui enlace tout ce qui est passager et qui est par suite passé, pareille à une chaîne sacrée, ... et qui nous a conservé et transmis tout ce qu'a créé le temps passé. Or, cette tradition n'est pas seulement une vieille ménagère qui se contente de garder fidèlement ce qu'elle a reçu et le transmet sans changement aux successeurs, elle n'est pas une immobile statue de pierre, mais elle est vivante et grossit comme un fleuve puissant qui s'amplifie à mesure qu'il s'éloigne de sa source. » Selon Hegel, l'histoire est « auto déploiement dialectique de l'absolu ». Cela signifie premièrement que l'histoire se déploie d'elle-même, que les hommes ne produisent pas l'histoire mais aident ou travaillent à un déploiement qui est immanent à l'histoire lorsque leurs actions, et en particulier celles des grands hommes, coïncident avec le mouvement immanent de l'histoire. Deuxièmement, ce qui plus précisément se déploie est l'absolu, synonyme de raison ou d'esprit. Autrement dit, l'histoire qui se déploie vise un but (un telos) : elle est téléologique et donc progresse, elle progresse vers une totalité, un absolu. C'est la raison pour laquelle Hegel peut affirmer que la »

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