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La beauté est-elle dans le regard plutôt que dans l'objet regardé ?

Extrait du document

« [Je peux trouver belle une personne qui ne correspond pas aux canons de la beauté en vigueur.

Un objet ou une scène banale devient belle sous le regard d'un artiste. La sensibilité à la beauté n'est pas innée, elle s'apprend.] Le gout est subjectif Je trouve belle la personne que j'aime, quoi qu'en pensent mes amis.

A l'inverse, tel top-model, telle actrice ou tel acteur qui fait la couverture de tous les magazines me semble insipide et même laid; je ne comprends pas ce que les autres lui trouvent.

C'est bien la preuve que la beauté est dans le regard, non dans l'objet. Je ne suis pas toujours d'accord avec les autres quand il s'agit de juger de la beauté, que ce soit celle d'un être humain, d'un paysage ou d'une oeuvre d'art ; on peut même dire sans doute que je ne partage jamais complètement les goûts de quelqu'un : le goût est une marque de ma singularité. C'est que juger du beau fait appel à ma subjectivité, au domaine intime de mes sentiments ; ne dit-on pas couramment « aimer » pour dire : « trouver beau » ? On pourra bien me donner l'ordre de trouver beau ce que je n'aime pas, jamais on ne m'en convaincra intimement ; seul, je puis savoir ce que je ressens. Enfin, je juge de la beauté de quelque chose à la lumière de mon expérience personnelle, qui n'est jamais la même que celle des autres ; ce que j'ai vu et entendu modèle ce que j'apprécie.

Mes souvenirs m'appartiennent et individualisent mon jugement de goût par le prisme de ma culture. Le regard se cultive Depuis le XIXe siècle, on a abandonné l'idée qu'il puisse y avoir une beauté objective en art.

Les premiers impressionnistes ont exposé leurs tableaux sous les moqueries de la critique et du public.

Encore aujourd'hui, certains trouvent les oeuvres de Picasso laides.

Et pourtant, lorsqu'on apprend à les regarder, leur beauté apparaît.

Il faut cultiver son regard pour être sensible à certains types de beauté. Une scène banale est belle en peinture une vieille paire de chaussures dans une chambre miséreuse ou une carcasse de boeuf suspendue à un crochet de boucher sont des objets qui, en eux-mêmes, ne suscitent aucun intérêt.

Pourtant, lorsqu'ils sont peints sur une toile par Van Gogh ou par Rembrandt, ils deviennent beaux.

C'est bien la preuve que la beauté est dans le regard - dans le cas présent, celui de l'artiste -, non dans l'objet. [La beauté est une qualité objective que l'on peut définir en termes de proportions, de symétrie.

Un objet est beau en vertu d'une harmonie interne qui fait que tout le monde le trouvera beau.] On peut définir la beauté Pour les philosophes grecs, la beauté est une essence, une qualité objective, au même titre que le Bien ou le Vrai.

Platon pense qu'elle est la face sensible du Bien.

Les stoïciens définissent la beauté par la symétrie et la régularité.

Quant à Aristote, il considère que la beauté est l'unité dans la variété. Nos jugements de goût sont contradictoires puisque à la fois nous disons: « c'est beau », et renvoyons le jugement à la subjectivité de chacun.

Et, de fait les jugements sont divers et il semble impossible de les ramener à l'unité.

Mais, considérons les choses de plus près.

Le consensus n'est-il pas étonnant ? Après tout n'y a-t-il pas moins de désaccord sur la grandeur de Sophocle, sur la beauté du ciel étoilé que sur la théorie. »

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