khôlle sur l'exception
Publié le 20/09/2026
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«
L’exception
INTRODUCTION :
« L’exception vient toujours de la raison de la règle » écrit Joseph Joubert dans ses
carnets, comme pour signifier que l’exception nait de ce qui l’exclus.
Ce constat, l’étymologie du terme le confirme.
Du latin « exceptare », l’idée d’exclusion,
d’extraction apparaît ainsi, présupposant l’existence d’un ensemble dont on exclut un
élément, ce qui fait de celui-ci l’exception.
Mais par quelle force s’effectue alors cette
action ? Provient-elle de la nature même de l’exception ou d’une force extérieure qui
l’exclus de l’ensemble ? Comment définir justement cet ensemble ? Comment en sont
posées les règles et dans quel domaine les définir ?
Autrement dit, Est-ce donc la nature de l’exception qui fait d’elle ce qu’elle est ou est-ce
le regard que l’on porte sur l’ensemble duquel elle est exclue qui lui confère son statut ?
L’exception est-elle donc relative ou admet-elle une existence absolue ?
C’est sur ces questionnements concernant l’existence relative de l’exception que nous
nous pencherons d’abord.
Face à cela, la valeur que nous pouvons accorder à cette existence, soit-elle absolue ou
relative, devra alors être éclairée afin d’affiner ce que l’exception peut signifier pour
nous.
L’analyse de cette notion ne sera finalement complétée que lorsque la dimension
métaphysique de son existence sera éclairée.
Ces 3 axes d’analyse constitueront le squelette de notre réflexion sur cette notion.
I Est-ce donc la nature de l’exception qui fait d’elle une exception ou est-ce le
regard que l’on porte sur l’ensemble duquel elle est exclue qui lui confère son
statut ?
1) L’existence scientifique et mathématique de l’exception
Scientifiquement, l’exception ne confirme pas la règle.
En effet, une théorie
scientifique ne peut être admise comme vraie que lorsqu’elle a été suffisamment
débattue pour être finalement acceptée, par consensus, comme loi universelle de
la Nature.
Selon Karl Popper, une théorie scientifique ne peut être admise vraie que
lorsqu’aucune exception à la règle énoncée n’est observable.
De ce fait, la science a
pour but l’évincement de l’exception afin de rationaliser le monde, de le rendre
abordable par notre raison.
Cela suggèrerai alors que la raison serait incompatible avec
la notion d’exception, comme si l’effort de rationalisation se faisait ressentir de manière
prépondérante.
La science serait alors le témoin que l’exception n’existe que dans notre
compréhension du monde, attendant d’être finalement expliquée pour perdre son statut
d’exception et enfin s’incorporer dans la règle.
Ainsi, à l’état de Nature, puisque la
science est l’étude de notre monde, l’exception n’existe pas, elle ne se créer que
lorsqu’une théorie scientifique est incomplète et omet certains éléments de la réalité.
L’exception est donc création humaine et est par conséquent relative.
Mathématiquement, l’exception est un élément qui est exclus d’un ensemble.
𝑓: 𝐷−> ℝ
Prenons pour exemple la fonction 𝑓 définie par
1
, ∀𝑥 ∈ 𝐷.
𝑥 ↦ 2−𝑥
Cette fonction a pour domaine de Définition D, qui équivaut à ℝ ∖ {2}, car on ne peut
diviser par 0.
De cette manière, 2 est exclus de l’ensemble ℝ, ce qui fait de 2, par définition, une
exception.
L’exception existe donc mathématiquement.
Or, les mathématiques sont la
science des sciences, la science la plus objective qui soit, la science absolue.
Cela
voudrait alors dire que l’exception existe car les mathématiques le prouvent.
Néanmoins, les mathématiques ne prouvent pas l’existence dans la Nature, dans
l’univers d’une chose, elles prouvent seulement la possibilité de son existence.
A
l’inverse de ce que Karl Popper affirme lorsqu’il exprime sa théorie de la science,
l’exception pourrait alors exister par nature dans la Nature, sans que nous n’ayons à
interagir dans celle-ci, donnant alors son statut à l’exception par sa propre essence.
L’exception existe alors théoriquement mais dans la Nature, son existence peut ne pas
être prouvée, prouvant sa relativité.
2) L’existence politique et morale de l’exception
Sur le plan politique, l’exception, si nous la concevons de la même manière
qu’auparavant, est l’abandon temporaire de la norme établit lorsqu’il s’agit d’agir.
Pour
être plus clairs, prenons l’exemple de César Borgia, qui entre 1502 et 1503, avait la force
militaire suffisante pour éliminer ses ennemies mais a préféré user de la tromperie
tandis que l’affrontement armée était d’ordinaire le moyen utilisé pour combattre ses
ennemies.
Ici, au nom de l’efficacité, l’exception à la norme s’est avérée comme
temporairement et exceptionnellement justifiée.
C’est ce que Machiavel remarque et
théorise dans sa conception de la politique, « l’arte dello stato », d’abord dans ses
Ghiribizzi al Soderini en 1506 et plus tard dans Le Prince, en 1513.
Selon Machiavel,
l’arte dello stato impose à celui qui gouverne de s’écarter momentanément de la norme,
qu’il doit néanmoins respecter en temps normal, afin d’accomplir ses buts d’Homme
d’Etat.
Ce qui retient l’Homme politique de ne pas user de moyens contrevenant à la
norme est qu’il serait alors face à un mécontentement du peuple si grand que son
pouvoir en serait questionné.
Il n’y a alors aucun risque que l’exception ne deviennent
plus une exception.
L’exception politique existe alors, lorsque la situation l’exige.
L’exception admet alors un caractère relatif en fonction du temps et de la situation.
Moralement, l’exception intervient lorsqu’une action contrevient à la règle morale
admise.
Encore faut-il pouvoir définir cet ensemble de règles et de normes.
Kant
introduit dans les Fondements de la métaphysique des mœurs, en 1785, la notion
« d’impératif catégorique ».
Il qualifie par cette appellation tout acte qui obéit aux règles
morales admises, c’est-à-dire tout acte qui n’est pas une exception aux normes.
Comment Kant défini alors cette règle ? « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté
puisse à tout moment s’appliquer également comme principe de législation générale »
écris Kant, pour définir l’impératif catégorique.
Au travers de cette formulation, le
philosophe établit que la norme morale ne peut être résumée que par une unique règle
qui englobe chaque acte qui a pour but de faire le Bon, le Bien ou le Beau sans attendre
une récompense ou un remerciement.
L’exception morale serait alors un acte qui n’a
pas pour fin le Bon, le Bien ou le Beau mais l’inverse ou une espérance de gain.
Or, il est
de la liberté de chacun de suivre cet impératif catégorique, à l’instar de ce qu’établit la
pensée d’Estaunié qui établit que « Rien n'empêche absolument de faire exception à des
règles habituelles » rendant l’exception possible et non nécessaire.
De ce fait,
l’exception aux règles morales établies dépend des individus.
Tandis que certains
individus peuvent choisir de n’agir que selon leurs impératifs catégoriques, annihilant
ainsi l’exception, d’autres peuvent se soustraire à cet impératif et créer par leurs actions
l’exception.
La dimension morale semble alors établir une certaine relativité de
l’exception en fonction des individus.
L’exception n’admet alors d’existence qu’exceptionnellement relativement à notre
définition des règles, de l’observation dans la Nature, de la nécessité, du temps et du
libre-arbitre de chacun.
L’exception existe donc.
Mais quelles en sont les conséquences ? Quelles en sont les
manifestations et comment peuvent-elles nous impacter ? Est-elle bonne pour nous ou
à l’inverse contribue-t-elle à un certain malheur ?
II C’est ainsi que la valeur que nous pouvons accorder à cette existence, soit-elle
absolue ou relative, devra alors être éclairée afin d’affiner ce que l’exception peut
signifier pour nous.
1)L’exception permet, en science et en mathématique, de nous imposer à mieux
comprendre le monde, lui accordant alors une grande valeur.
Le constat préalablement établit était que l’exception, a contrario de ce que le
proverbe affirme, infirme la règle.
En effet, si une exception apparaît lors de la
formulation d’une théorie scientifique, donc lors de l’énonciation de règles, c’est que
celles-ci ne sont pas universelles.
La théorie n’est alors pas vérifiée.
En conséquence,
aucune théorie achevée n’est alors établie et la nécessité d’en rechercher une nouvelle,
jusqu’à ce que l’exception soit totalement annihilé, arrive alors à l’esprit du scientifique
car une théorie ne peut être acceptée que lorsqu’elle ne peut être réfutée, comme ce
que Karl Pepper établi.
La motivation profonde du scientifique est donc de détruire cette
exception qui dérange par son rôle.
L’exception est donc le moteur de la recherche de
vérité absolue et indubitable, c’est-à-dire de lois universelles.
Cette recherche de
théories toujours plus explicatives de la réalité et toujours plus précises contribue ainsi
à accentuer notre compréhension du monde pour le faire tendre vers un monde, in fine,
ou l’exception sera abolie au profit d’une compréhension parfaite de l’univers.
Le moteur
de notre soif de compréhension de notre monde, ce qui provoque l’amélioration
perpétuelle de la science, c’est alors la force du rôle de l’exception, par son existence.
Das le domaine purement mathématique, en s’éloignant des sciences de la
nature, des sciences empiriques, l’exception permet de supprimer des problèmes et
analyser sans problème certains cas.
Si nous reprenons le même exemple qu’à
l’instant, l’exception que représente la valeur 2 permet de souligner des facteurs
importants.
Grace à cette mise en évidence d’une valeur, l’attention du mathématicien
est alors portée vers ce point d’exception qui admet alors un
comportement remarquable.
L’exception permet alors en
mathématiques de focaliser l’attention de celui....
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