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Faire preuve d'ouverture d'esprit, est-ce tout accepter ?

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« Introduction : On dit de quelqu'un qu'il est « ouvert d'esprit » lorsqu'il est à l'écoute des opinions de chacun et ne cherche pas à imposer ses propres idées, lorsqu'il est enclin à se laisser convaincre, qu'il n'est pas fermement assis sur des principes inébranlables.

L'ouverture d'esprit s'oppose ainsi au dogmatisme, c'est une attitude qui émerge sur le fond de la versatilité du monde.

Etre « ouvert d'esprit » est considéré comme une qualité, à laquelle s'annexent la tolérance, le respect, la curiosité, l'humanisme et la modernité.

Cependant, « l'ouverture d'esprit » peut aussi être critiquée pour son caractère parfois déraisonné, qui entraîne au relativisme ou à l'excentricité.

En effet, on peut penser à juste titre que faire preuve d'ouverture d'esprit serait tout accepter, et l'on est en droit de penser que certaines choses doivent demeurer inacceptables.

En outre, si l'on accepte tout, alors nous sommes portés à la contradiction, en étant forcés d'accepter à la fois une opinion et son contraire.

Il s'agit alors de donner un autre sens au terme « accepter », qui rendrait à l'ouverture d'esprit sa légitimité et sa raison d'être. 1ère partie : Faire preuve d'ouverture d'esprit c'est d'abord constater (=accepter un état de fait) - Etre ouvert d'esprit, c'est d'abord témoigner de sa présence au monde, et de sa conscience de n'y être pas seul. Nous ne sommes pas indépendants du monde qui nous entoure, et à ce titre, nous avons à vivre au sein d'un monde donné, qui se présente sous la forme d'un milieu géographique, d'un contexte politique et social, d'un cadre culturel. Ouvrir son esprit semble alors un minimum requis pour comprendre notre environnement et savoir s'y adapter. L'ouverture d'esprit est donc en premier lieu une condition de la vie pratique, dans la mesure où l'homme est un être sociable qui ne vit pas seul et isolé.

En ce sens, faire preuve d'ouverture d'esprit, c'est accepter son état et celui du monde, c'est être disposé à vivre en adéquation avec notre entourage. - Une ouverture d'esprit qui ne serait réduite qu'à considérer seules les choses qui nous importent pour notre vie serait toutefois très restrictive.

L'ouverture d'esprit, au sens fort, c'est au contraire une « largesse d'esprit », c'està-dire un regard étendu sur tout ce qui existe au-delà de ce qui nous concerne directement.

En ce sens, faire preuve d'ouverture d'esprit, c'est alors prendre acte de la diversité des opinions et des modes d'êtres dans le monde.

L'ouverture d'esprit s'oppose dans cette définition minimale à l'aveuglement, au replis sur soi, au refus de ce qui se distingue de nous.

Donc on peut dire qu'être ouvert d'esprit consiste à tout accepter, dans la mesure où l'on ne nie pas l'existence de cette diversité, où l'on ne refuse pas de voir les distinctions qui existent chez chacun. 2ème partie : Faire preuve d'ouverture d'esprit, c'est aussi tolérer (= accepter les différences) - Faire preuve d'ouverture d'esprit, c'est aussi refuser d'émettre un jugement sur les opinions et les comportements de chacun.

Ce n'est alors plus seulement une acceptation de fait, un constat d'existence, mais une validation, un accord donné.

L'ouverture d'esprit rejoint alors la tolérance, puisqu'elle est cette attitude qui consiste à accepter que tout le monde ne pense pas de la même façon, et qu'il peut y avoir des avis différents sur une même chose. - L'ouverture d'esprit empêche l'ethnocentrisme qui consiste à prendre pour critère du vrai sa vision du monde, et à comparer ainsi les différences à la lumière de sa propre pensée.

Par contraste, l'ouverture d'esprit semble donc bien l'acceptation de tout puisqu'elle se refuse à un tel dogmatisme, et laisse la porte ouverte à toutes opinions, même adverses.

L'ouverture d'esprit nous fait alors basculer dans la sphère du relativisme, où aucune idée n'est supérieure à l'autre, mais où « tout se vaut ». 3ème partie : L'ouverture d'esprit doit être un moyen d'accéder à la vérité, et non la voie vers un relativisme. - Pourtant, une telle attitude « idéale » est intenable, car elle signifierait qu'en acceptant tout, l'on accepte par conséquent des thèses contradictoires.

Faire preuve d'ouverture d'esprit ne peut donc pas être tout accepter, mais plutôt tout considérer comme possible vérité.

C'est une attitude propédeutique (= préparatoire) à la recherche de la vérité, car elle met à l'épreuve chaque opinion en la prenant au sérieux et en la passant au crible de la critique, par la voie de la raison et non de nos opinions acquises et préjugés. - Pour Socrate, si les hommes ne vivent pas bien ensemble c'est car ils ne savent pas ce qu'ils veulent, qu'ils ne se connaissent pas eux-mêmes, et ne connaissent pas leur vrai bien et leur vrai désir.

Socrate lui-même ne prétend pas en savoir plus que les autres.

« Je ne sais qu'une seule chose, c'est que je ne sais rien », clame-t-il.

Se sachant ignorant, Socrate essaie d'élucider le sens des mots et des discours.

Pour lui la seule voie est la discussion, le dialogue, les confrontations d'opinion.

En d'autres termes, le philosophe grec préconise de faire preuve d'ouverture d'esprit, en mettant en commun les différentes opinions, pour tenter de découvrir la meilleure.

C'est donc en réfléchissant ensemble que les hommes peuvent découvrir petit à petit la vérité, s'apprendre mutuellement, car chacun apporte son jugement et corrige autrui.

Ce n'est qu'à ce prix que l'on peut espérer que les hommes dans la cité se comprendront et, se comprenant, s'entendront sur ce qu'ils veulent, sur leur morale, et deviendront sages. Conclusion : Faire preuve d'ouverture d'esprit ne peut être en aucun cas tout accepter au sens de tout prendre pour vrai. L'ouverture d'esprit n'anéantit pas notre bon sens, et bien au contraire, lorsqu'elle est bien mise en œuvre, elle éveille notre conscience, attise notre intelligence, met en branle notre raison qui a besoin de s'alimenter de toutes idées pour progresser vers la vérité.

L'ouverture d'esprit nous invite non pas à noyer nos idées dans celles des autres, mais bien au contraire, à les mettre à l'épreuve des autres, et nous aide à critiquer les opinions admises par la confrontation des idées, et ainsi, à s'améliorer toujours davantage, que ce soit d'un point de vue théorétique (dans le domaine de la connaissance) ou pratique (dans la conduite de notre vie).. »

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