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Etre un sujet, est-ce être autonome ?

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« VOCABULAIRE: AUTONOMIE : N'obéir volontairement qu'à la loi (nomos) que l'on se donne à soi-même (auto), par notre raison. L'hétéronomie, au contraire, c'est l'obéissance à la loi d'une autorité extérieure ou à une pression sensible non dominée. ÊTRE: Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là.

En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel).

2) Nom : ce qui est, l'étant.

3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant).

4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme).

5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu. SUJET: Du latin subjectum, « substance », « matière », « thème ». 1) En logique, l'être dont on affirme ou nie quelque chose.

2) L'esprit qui connaît, par opposition à la chose connue (l'objet).

3) En politique, l'individu soumis à l'autorité du pouvoir souverain. • Dans le jugement suivant : «Socrate est mortel », Socrate est le sujet, mortel le prédicat, est, la copule • Chez Aristote, le sujet est identifié à la substance, support des attributs et des accidents : mortel est un attribut de la substance Socrate. • Descartes est considéré comme le père des philosophies du sujet.

Il est en effet le premier à affirmer que la vérité ne se fonde ni dans la tradition ni dans les autorités reconnues, mais dans le sujet conscient de ses propres actes de pensée.

(cf.

le cogito cartésien. 1.

La conception religieuse du sujet : l'assujettissement à Dieu. Dans la conception religieuse, le sujet n'est pas autonome: sans Dieu, son autonomie n'est qu'illusion et ce n'est que dans la soumission à Dieu qu'il peut trouver une forme de liberté.

Ainsi le déclare Saint Augustin après sa conversion au christianisme. «Qu'étais-je moi, et quel étais-je ? Quelle malice n'ai-je pas mise dans mes actes; ou sinon dans mes actes, dans mes paroles; ou sinon dans mes paroles, dans ma volonté? Mais vous Seigneur, bon et miséricordieux, mesurant du regard la profondeur de ma mort, vous avez de votre main épuisé au fond de mon coeur un abîme de corruption.

Et cela revenait à ne plus rien vouloir de ce que je voulais, et à vouloir ce que vous vouliez.

Mais où était mon libre arbitre pendant cette longue suite d'années? De quelle secrète et mystérieuse retraite fut-il tiré en un instant, pour que j'inclinasse mon cou sous votre joug de douceur, mes épaules sous votre fardeau léger [...

] ?» Saint Augustin, Confessions (400 après J.-C.), livre IX. 2.

Difficulté à définir le sujet. Définir le sujet indépendamment de ses attributs n'est pas une évidence: y a-t-il vraiment un point fixe qui constitue l'identité du moi par-delà ses transformations? Le sujet humain a-t-il une existence propre véritable, ou bien n'y a-t-il que Dieu qui soit un «sujet» constitué comme tel? Pascal pose le problème dans un texte célèbre: Qu'est-ce que le moi ? «Un homme qui se met à la fenêtre pourvoir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir? Non, car il ne pense pas à moi en particulier.

Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il? Non, car la petite vérole qui tuera la beauté sans tuer la personne fera qu'il ne l'aimera plus.

Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-ton, moi? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même.

Où est donc ce moi s'il n'est ni dans le corps ni dans l'âme? Et comment aimer le corps ou l'âme sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le moi puisqu'elles sont périssables? Car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement et quelques qualités qui y fussent? Cela ne se peut et serait injuste.

On n'aime donc jamais personne mais seulement des qualités. Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées.

» Pascal, Pensées (1670, oeuvre posthume), 306. Avez-vous compris l'essentiel ? 1 Suis-je mon corps ? 2 Aimer quelqu'un pour son âme plutôt que pour son corps, est-ce une garantie d'aimer réellement la personne ? 3 Quelle définition du moi implique ce texte ? Réponses:. »

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