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Être libre, est-ce ne dépendre que de soi ?

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« APPROCHE: Si l'on définit la liberté par la capacité à faire ce que l'on veut, alors on peut facilement en déduire que l'homme libre l'est d'autant plus que ses désirs ne le poussent pas à faire appel à d'autres forces que les siennes. Dépendre des autres représente toujours un risque de refus, d'obstacle, de contrainte.

Mais peut-on vraiment ne dépendre que de soi? Il faut imaginer la condition d'une humanité dispersée et non socialisée pour pouvoir concevoir un homme s'en tenant toujours à ses seules forces.

Un tel individu aurait des désirs limités à ses besoins les plus élémentaires et devrait avoir la chance de vivre dans un milieu naturel hospitalier.

Ce tableau, plutôt fruste, voire animal, de la vie libre ne correspond pas à celui de l'humanité que nous connaissons qui est toujours engagée dans l'expérience sociale.

Si l'on va jusqu'à définir l'homme par le lien à l'autre, autrement dit par son caractère social et culturel, il devient impossible de concevoir qu'il puisse ne dépendre que de lui-même.

Les Anciens répètent à l'envi que l'autarcie est une condition divine et non pas humaine.

Celui qui erre «sans feu ni lieu» est soit un dieu, soit un monstre.

Ce qui lie les hommes n'est pas seulement la nécessité d'une coopération sociale en vue d'une production suffisante de richesses.

Ce n'est pas tant l'utilité que l'amour qui peut rendre un individu indispensable à un autre. Aimer, c'est précisément ne plus dépendre que de soi.

Qu'il s'agisse de l'amour de l'amant, du père ou de la mère, du patriote ou de l'ami, quand on aime, on place son bonheur sous condition.

Est-ce à dire que l'amour est asservissement? Faut-il choisir entre aimer ou être libre? ll faut se dégager de la conception commune de la liberté pour pouvoir la concilier avec l'amour.

Car s'il est vrai que la dépendance amoureuse exclut toute forme d'indépendance, en revanche ce lien arrache le sujet à une existence solitaire, centrée sur elle-même et dans laquelle il ne peut que s'enfermer.

Savoir se représenter ses intérêts, avoir la sagesse de ne désirer que ce qu'il faut, être efficace dans la conduite de ses affaires..., tout cela caractérise un individu libre de faire ce qu'il veut.

Mais dans un univers ainsi réglé et sans surprise, où rien ne résiste, où la vie coule dans le plaisir des éternelles satisfactions, quelque chose pèse: comment supporter de ne vivre que pour soi, sur soi, en l'exil intérieur d'une âme irréductiblement à distance des autres? La liberté ne surgit-elle pas quand vient à se briser le cours de cette existence solitaire, par exemple quand elle se laisse envahir par la passion? L'amour, en m'aliénant à l'autre, me libère de moi-même.

II me plonge dans le désir exacerbé d'une présence dont je ne me contente jamais et qui me tourne vers l'avenir, à force de promesses.

C'est dans la fièvre amoureuse que je découvre qu'il y a de l'autre.

Cette découverte n'est possible qu'en devenant étranger à soi-même: l'amour nous change, nous rend imprévisibles, nous fait faire ce que n'aurions jamais imaginé pouvoir faire.

C'est dans la relation à l'autre que la liberté s'éprouve, non pas comme le pouvoir abstrait de faire ce que l'on veut mais dans l'expérience intime d'une existence qui cesse d'être figée et qui s'invente de nouveaux possibles. L'élan amoureux ne nous asservit donc pas à l'être aimé.

C'est au contraire dans la tension vers l'autre, vers l'inconnu qu'il représente, que je me libère du poids de ma propre subjectivité, de mon identité et que mon existence trouve du sens et de la légèreté.

Ne dépendre que de soi, c'est se condamner à rester prisonnier de soi-même. INTRODUCTION: La liberté, ce n'est pas la licence, c'est-à-dire la faculté de réaliser, à l'envie, ses désirs particuliers.

Etre libre, ce serait donc être capable de manifester son indépendance à l'égard de soi même en tant que sujet de désir.

Nous verrons, avec Rousseau, qu'être libre, c'est en effet savoir renoncer à sa volonté particulière, à son intérêt privé.

En nous appuyant sur Kant, grand lecteur de Rousseau, nous montrerons comment la liberté, loin d'être synonyme d'indifférence, n'est en fait possible que lorsque l'autonomie de la volonté est garantie.

Toutefois, le formalisme de la pensée kantienne nous conduira à nous tourner vers une conception de la liberté en acte, dont nous verrons qu'elle consiste peut-être elle aussi, mais d'une tout autre façon, à ne dépendre que de soi. I- Etre libre, c'est savoir renoncer à sa volonté particulière. Pour le sens commun, la liberté équivaut à la possibilité de faire ce dont nous avons envie, indépendamment des contraintes sociales et morales.

Toutefois, l'adage populaire « ma liberté finit là où commence celle d'autrui », quoique imparfait, à néanmoins le mérite de nous faire sentir, négativement, que la liberté ce n'est pas la licence.

Ou alors la liberté conçue comme licence présente l'inconvénient d'entrer en conflit avec mon appartenance au corps social.

La licence, m'isole en effet du reste de la société.

Or, on peut faire l'hypothèse que le sujet n'est libre peut-être qu'en tant qu'il n'est précisément pas uniquement un sujet de désir. La philosophie politique permet de se défaire de l'opinion véhiculée par le sens commun, d'après laquelle la liberté est tributaire de la licence de l'individu, c'est-à-dire de son bon vouloir.

Dans Du Contrat social, Rousseau analyse la formation du corps social.

Selon Rousseau, le pacte social est l'origine de la société, il en est l'acte de naissance.

Ce pacte consiste, pour chacun des citoyens, à renoncer à la satisfaction de leur volonté particulière et à se soumettre à la volonté générale, laquelle exprime l'intérêt de tous.. »

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