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Emmanuel KANT: Principe universel du droit

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Principe universel du droit. « Toute action est de droit, qui permet ou dont la maxime permet au libre arbitre de chacun de s'accorder avec la liberté de tous selon une loi universelle». Si donc mon action, ou en général mon état, peut s'accorder avec la liberté de tous selon une loi universelle, celui-là attente à mon droit qui y fait obstacle; car cet obstacle (cette opposition) ne peut s'accorder avec la liberté selon des lois universelles. Il suit encore de là qu'il ne peut être exigé de moi que ce principe de toutes les maximes devienne lui-même à son tour ma propre maxime, c'est-à-dire que j'en fasse pour moi-même la maxime de mon action; car chacun peut être libre, lors même que sa liberté me serait à moi totalement indifférente ou que je voudrais, au fond de mon coeur, y porter atteinte, pourvu seulement que je n'y fasse pas tort par mon action extérieure. Me faire une maxime d'agir selon le droit, c'est là une exigence qui me vient de l'Éthique. Par conséquent, la loi universelle du droit « Agis extérieurement de telle sorte que l'usage de ton libre arbitre puisse s'accorder avec la liberté de tous selon une loi universelle» est sans doute une loi qui m'impose une obligation, mais qui n'attend absolument pas, qui exige encore moins que je doive, à cause de cette obligation, limiter ma liberté à ces conditions mêmes. Mais la raison dit seulement que cette liberté est ainsi limitée dans son idée et qu'elle peut aussi être, en fait, limitée par d'autres; et cela, elle le déclare comme un postulat qui n'est ultérieurement susceptible d'aucune preuve. — Si donc l'intention n'est pas d'enseigner la vertu, mais seulement d'exposer ce qui est de droit, on ne peut ni même on ne doit présenter cette loi du droit comme motif de l'action. Le droit est lié à la faculté de contraindre. La résistance qui s'oppose à l'entrave à une action seconde cette action et concorde avec elle. Or tout ce qui est contraire au droit est une entrave à la liberté selon des lois universelles. Mais la contrainte est elle-même une entrave ou résistance qui advient à la liberté. Par suite, si un certain usage de la liberté est lui-même une entrave à la liberté selon des lois universelles (c'est-à-dire est contraire au droit), alors la contrainte qui s'exerce contre elle, comme empêchement à une entrave à la liberté, est d'accord avec la liberté selon des lois universelles, c'est-à-dire est conforme au droit. Par conséquent, il y a, d'après le principe de contradiction, une liaison directe entre le droit et la faculté de contraindre celui qui y porte atteinte. KANT


« PRESENTATION DE "FONDEMENTS DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS" DE KANT Dans ce premier grand ouvrage consacré à la morale, Kant (1724-1804) se donne pour tâche « la recherche et l'établissement du principe suprême de la moralité » (Préface).

Son objectif n'est pas seulement spéculatif mais surtout pratique : il est nécessaire de trouver le critère permettant à chacun d'apprécier clairement la valeur morale de ses actions, car la moralité est sujette à corruption, souvent confondue avec le calcul de nos intérêts ou la satisfaction de nos inclinations.

La démarche de Kant va consister à s'affranchir de toute considération empirique (psychologie, anthropologie...) pour dégager le fondement rationnel de la moralité.

En montrant que la moralité d'une action se mesure à la soumission de la volonté à la forme universelle d'une loi a priori de la raison et qu'il faut distinguer la conduite morale de la recherche du bonheur, il propose une approche radicalement nouvelle du problème moral.

Accusé de formalisme et de rigorisme, Kant a ici le mérite de fonder une éthique rationaliste à vocation universaliste. « Principe universel du droit. « Toute action est de droit, qui permet ou dont la maxime permet au libre arbitre de chacun de s'accorder avec la liberté de tous selon une loi universelle». Si donc mon action, ou en général mon état, peut s'accorder avec la liberté de tous selon une loi universelle, celui-là attente à mon droit qui y fait obstacle; car cet obstacle (cette opposition) ne peut s'accorder avec la liberté selon des lois universelles. Il suit encore de là qu'il ne peut être exigé de moi que ce principe de toutes les maximes devienne lui-même à son tour ma propre maxime, c'est-à-dire que j'en fasse pour moi-même la maxime de mon action; car chacun peut être libre, lors même que sa liberté me serait à moi totalement indifférente ou que je voudrais, au fond de mon coeur, y porter atteinte, pourvu seulement que je n'y fasse pas tort par mon action extérieure.

Me faire une maxime d'agir selon le droit, c'est là une exigence qui me vient de l'Éthique. Par conséquent, la loi universelle du droit « Agis extérieurement de telle sorte que l'usage de ton libre arbitre puisse s'accorder avec la liberté de tous selon une loi universelle» est sans doute une loi qui m'impose une obligation, mais qui n'attend absolument pas, qui exige encore moins que je doive, à cause de cette obligation, limiter ma liberté à ces conditions mêmes.

Mais la raison dit seulement que cette liberté est ainsi limitée dans son idée et qu'elle peut aussi être, en fait, limitée par d'autres; et cela, elle le déclare comme un postulat qui n'est ultérieurement susceptible d'aucune preuve.

— Si donc l'intention n'est pas d'enseigner la vertu, mais seulement d'exposer ce qui est de droit, on ne peut ni même on ne doit présenter cette loi du droit comme motif de l'action. Le droit est lié à la faculté de contraindre. La résistance qui s'oppose à l'entrave à une action seconde cette action et concorde avec elle.

Or tout ce qui est contraire au droit est une entrave à la liberté selon des lois universelles.

Mais la contrainte est ellemême une entrave ou résistance qui advient à la liberté.

Par suite, si un certain usage de la liberté est luimême une entrave à la liberté selon des lois universelles (c'est-à-dire est contraire au droit), alors la contrainte qui s'exerce contre elle, comme empêchement à une entrave à la liberté, est d'accord avec la liberté selon des lois universelles, c'est-à-dire est conforme au droit.

Par conséquent, il y a, d'après le principe de contradiction, une liaison directe entre le droit et la faculté de contraindre celui qui y porte atteinte.» KANT. L'idée rationnelle du droit Les Fondements de la métaphysique des moeurs (1783) et la Critique de la Raison pratique (1788) ont établi le principe fondamental de la moralité, la loi du devoir.

Reste à construire le système des devoirs : c'est l'objet de la métaphysique des moeurs qui fait succéder la doctrine à la critique.

Kant entend par métaphysique un système de connaissances a priori fondées uniquement sur des concepts.

La métaphysique des moeurs doit donc tirer exclusivement ses principes de la raison, c'est-à-dire que la morale ne peut être induite de l'expérience.

En particulier, la philosophie pratique ne saurait être une doctrine du bonheur.

Quel est donc, de façon précise, l'objet de cette science? Dans toute législation pratique, la loi prescrit comme objectivement nécessaire l'action qui doit être accomplie.

Mais le mobile qui détermine le sujet à agir peut ne viser que le simple accomplissement matériel de cette action et n'obéir qu'à certaines inclinations et surtout à certaines aversions de notre nature sensible.

Ou bien le mobile emprunte à la considération exclusive du respect de la loi le principe qui détermine la volonté, l'idée du devoir étant en même temps le mobile de son accomplissement.

Dans le premier cas, la législation est extérieure : c'est la législation juridique; dans le second cas, la législation est intérieure : c'est la législation morale.

Pour qu'une action soit juridiquement légale, il suffit, quel qu'en soit le mobile, qu'elle soit extérieurement conforme à la loi.

Pour qu'une action soit morale, il faut qu'elle ait pour mobile le respect du devoir et de la loi qui le prescrit.

La législation juridique et la législation morale commandent souvent les mêmes actions, mais elles diffèrent par le mode d'obligation qui les impose.

C'est à la législation proprement morale que Kant réserve le nom d'éthique. La métaphysique des moeurs comprend donc deux parties, la doctrine du droit, qui contient l'ensemble des devoirs faisant l'objet d'une législation extérieure, et la doctrine de la vertu, qui ressortit de la législation intérieure et à. »

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