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Comment dépasser l'opposition entre l'esprit et la matière ?

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« Définition des termes du sujet : Dépasser, c'est aller plus loin que, c'est voir plus loin que, c'est passer outre quelque chose pour éventuellement faire avancer et changer la vision qu'on en a. Que s'agit-il ici de dépasser ? L'opposition entre l'esprit et la matière, c'est-à-dire une certaine relation d'exclusion mutuelle posée entre deux objets, deux concepts.

La matière, c'est ce que nous pouvons toucher, voir, etc., dans le monde qui nous entoure, c'est ce que nos sens nous permettent de percevoir, c'est la réalité physique du monde. L'esprit a été considéré par toute une tradition philosophique comme le contraire de la matière : il est souvent défini comme le principe immatériel à l'oeuvre en nous ou dans le monde, et on le considère comme l'élément premier dans l'ordre de la connaissance comme dans l'ordre de l'essence, pour reléguer la matière à un rang inférieur.

La question posée ici est celle des moyens de dépassement de cette opposition traditionnelle (on présuppose que ce dépassement est possible). Chercher les moyens de dépasser l'opposition entre l'esprit et la matière suppose que l'on ait au préalable compris cette opposition.

Pourquoi opposer l'esprit et la matière ? Faut-il comprendre cette opposition comme une contradiction, comme une exclusivité mutuelle ? L'esprit et la matière coexistent, faut-il pourtant considérer que l'un entrave l'autre ? Faut-il considérer une supériorité de l'un sur l'autre ? L'histoire de la philosophie répond par l'affirmative, en posant traditionnellement l'esprit comme supérieur à la matière. Pourtant, cela condamne une part importante du réel à rester dans l'ombre : comment corriger ce défaut ? Cela passe par un dépassement de l'opposition entre esprit et matière.

Comment opérer ce dépassement ? On peut choisir de donner une importance égale à l'esprit et à la matière, et considérer qu'elles sont non pas opposées mais complémentaires.

Ou encore, position plus radicale qui est développée actuellement par la branche matérialiste de la philosophie de l'esprit, on peut considérer que l'esprit n'est qu'un jeu de la matière, par exemple, que nos pensées ne sont rien d'autre que des combinaisons de substances chimiques qui s'opèrent dans notre cerveau.

L'opposition est alors réduite en une identité. Références utiles : Platon, Timée. Bergson, Matière et mémoire Textes à utiliser : Paul M.

Churchland, extrait de l'article "Is Determinism self-refuting ?” (Churchland est l'un des principaux représentants actuels de la branche matérialiste de la philosophie de l'esprit). « Le matérialisme éliminativiste (= la théorie qui considère que nos états mentaux ne sont que des combinaisons chimiques) est la thèse suivant laquelle notre conception commune des phénomènes psychologiques constitue une théorie radicalement fausse, à ce point déficiente que ses principes et son ontologie seront un jour non pas réduits en douceur mais remplacés par les neurosciences (= les sciences qui étudient les fonctionnements physiques du cerveau) parvenues à maturité.

» Épicure, Lettre à Hérodote. « Il faut considérer, en se référant aux sensations et aux affections – car c'est ainsi que l'on obtiendra la certitude la plus ferme – que l'âme est un corps composé de fines parties, répandu à travers tout l'agrégat, ressemblant fort à un souffle mélangé à une certaine proportion de chaleur, tantôt semblable à l'un tantôt à l'autre ; mais il y a la partie qui diffère grandement de ces mêmes éléments par la finesse de ses parties, et qui, pour cette raison, est d'autant plus en co-affection avec le reste de l'agrégat.

C'est tout cela que manifestent les facultés de l'âme, aussi bien les affections que l'aisance à se mouvoir, les pensées et tout ce dont la privation nous fait mourir.

» [L'esprit est un tout transcendant, extérieur à la matière.

L'esprit, s'il existe, est une entité distincte du corps et de la matière.

C'est à travers lui que nous percevons le monde et que nous pouvons avoir une connaissance des choses.] Le monde des sens nous trompe, l'âme nous le rend intelligible. »

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