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L'art est-il matière ou esprit ?

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 L'immatérialité, l'effacement de la matière dans l'oeuvre de Giacometti, les mobiles de Calder. De même, le constructivisme russe de Tatline avec ses constructions mêlant architecture et sculpture, répudie la distinction de la forme et du fond. L'art doit donc être avant tout un art fonctionnel, directement lié à la production et à la construction. Il faut abolir la différence traditionnelle de la forme et du contenu, puisque la matière elle-même est à la fois forme et contenu. C'est le concept qui présiderait à la beauté de l'art. De la même façon, Pour Malévitch, est la peinture est « un phénomène purement pictural... » (Des nouveaux systèmes dans l'art, 1919). 

 

  • 1) Le pur sensible, comme négation de l'art ? 
  • 2) L'expression du divin dans le sensible ?
  • 3) La mort de l'art, la disparition de la matière ?

 

« L'art est-il matière ou esprit ? Ce sujet sous-entend les thèses hégéliennes suivant lesquelles l'art serait la spiritualisation de la matière et la matérialisation de l'esprit.

L'art ne pourrait être que la rencontre d'une matière et d'esprit.

Aussi, il semble difficile de concevoir qui ne se trouve à être exprimé dans une forme matérielle ou sensible.

Hegel lui-même avait théorisé la mort de l'art, après que son contenu spirituel ne trouve plus la matière adéquate pour s'exprimer.

L'art laisserait place à la religion et à la philosophie.

La fin de la figuration, la naissance de l'abstraction, la disparition au fond de toute forme d'art sensible donnerait-il raison à Hegel et à sa théorie ? 1) Le pur sensible, comme négation de l'art ? Pour Hegel, reproduire la nature est un travail superflu.

C'est un travail inutile et présomptueux car l'homme n'est pas Dieu.

Ce genre de peinture n'est qu'une caricature du réel.

C'est une fin pour l'art que de vouloir tromper un public naïf.

Et cela risque de provoquer l'ennui et le dégoût.

Une peinture parfaite de la réalité ne sera jamais un chef d'oeuvre.

L'art est au milieu du sensible immédiat et de la pensée pure.

Le sensible de l'art n'intéresse que nos sens intellectuels.

Nos sens intellectualisés sont la vue et l'ouïe, tandis que le goût, le toucher, l'odorat s'occupent des choses plus matériels.

Donc dans l'art, le sensible est spiritualisé.

L'esprit est dans le sensible.

Il échappe donc a un examen rigoureux de la pensée.

On pourrait penser que le travail de l'artiste tue la vie de la nature par la pensée.

Il est vrai que l'art est plus proche de l'esprit que de la nature.

L'esprit ne s'aliène pas dans le sensible.

Il appréhende ce qui est autre que lui et pourtant lui.

Cette appréhension n'est pas inutile.

L'art a pour but que l'artiste et l'homme se reconnaissent dans ce qui est autre que lui.

L'homme doit marquer du sceau de l'intériorité ce qu'il lui est extérieur.

De lui rendre plus familier ce qui lui est étranger.

L'art dégage la vérité des apparences et la doté d'une réalité plus haute crée par l'esprit lui-même. On reproche souvent à l'art qu'il est illusion.

Au contraire, Hegel dira son Esthétique que l'apparence est essentielle à l'essence.

Il n'y aurait pas de vérité s'il n'apparaissait pas pour elle-même et pour autrui.

On a tendance a opposer le Monde Extérieur, matériel, jugé véritable et le Monde Intérieur et sensible de l'art d'illusoire.

Justement, il faut voir au-delà de la réalité pour trouver la vérité.

Ce qui est réel est pour soi et en soi.

C'est la substance de la Nature et de l'Esprit qui malgré le temps et l'espace continue d'exister en soi et pour soi.

Le monde est imparfait, chaotique. L'art dégage la vérité des apparences et la dote d'une réalité plus haute crée par l'esprit lui-même.

Aussi notre relation habituelle aux choses est de l'ordre du désir.

Quand on désire une chose, on ne laisse pas l'objet dans sa liberté.

Désirer une chose, c'est supprimer son indépendance, en faire usage et donc la détruire.

Mais l'art n'est pas de l'ordre du désir.

L'objet existe pour lui-même.

La contemplation esthétique ne satisfait que des intérêts spirituels. Pour Hegel, le véritable art donne à penser puisqu'il ouvre le domaine de la spiritualité.

Il n'est pas à confondre avec le simple plaisir des sens qui ne vise qu'à la satisfaction du désir.

L'art, milieu entre sensible et intelligible, aura ne peut satisfaire entièrement l'esprit, la présentation de l'intelligible y sera toujours défectueuse, et l'esprit ne sera pleinement satisfait que dans la religion car l'absolu ne pourra être présentée que dans la pensée pure. L'art a pour objet la présentation sensible de la vérité comme identité du fini et de l'infini.

L'objet est de médiatiser l'intelligible et le sensible.

Hegel différencie ces modes de médiatisation, et en fera une hiérarchie, d'une part des grandes formes d'art comme le symbolisme, le classicisme, le romantisme.

Et les arts particulier comme architecture, sculpture, peinture, musique, poésie) qu'il inclura dans un système des beaux-arts.

Mais l'art ne pouvant s'évader du sensible, la présentation de la vérité y sera toujours défectueuse.

Après la réforme protestante, l'absolu se déplace de l'objectivité de l'art vers l'intériorité du sujet.

L'art progresse vers la religion.

L'absolu s'exprime dans l'intériorité de la conscience religieuse.

Celle-ci demeure dans l'élément de représentation.

Mais Dieu continue à être posé hors de la conscience.

L'absolu ne peut s'exprimer que dans la pensée pure.

Seule la philosophie spéculative peut concilier art et religion.

Elle seule comprend que l'infini se réalise par le fini.

Hegel veut entamer une grande réconciliation des oppositions produites par l'entendement fini qui, nécessairement, en voyant deux entités les opposent.

L'art ne donne plus satisfaction.

Notre époque (ici le XIX siècle) n'est pas propice à l'art.

Notre époque est figée par des règles abstraites et générales qui ne laissent plus place aux sentiments et à la vie. »

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