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Cicéron

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La société et l'union entre les hommes se conserveront d'autant mieux qu'on manifestera plus de bienveillance à ceux avec qui on a une union plus étroite. Mais il semble qu'il faut reprendre de plus haut les principes naturels de la communauté et de la société des hommes. Il en est d'abord un que l'on voit dans la société du genre humain pris dans son ensemble. Le lien de cette société, c'est la raison et le langage ; grâce à eux, on s'instruit et l'on enseigne, l'on communique, l'on discute, l'on juge, ce qui rapproche les hommes les uns des autres et les unit dans une sorte de société naturelle ; rien ne les éloigne plus de la nature des bêtes, à qui nous attribuons souvent le courage, aux chevaux par exemple ou aux lions, mais non pas la justice, l'équité ou la bonté ; c'est qu'elles ne possèdent ni raison ni langage. Cette société est largement ouverte ; elle est société des hommes avec les hommes, de tous avec tous ; en elle il faut maintenir communs tous les biens que la nature a produits à l'usage commun de l'homme ; quant à ceux qui sont distribués d'après les lois et le droit civil, qu'on les garde selon ce qui a été décidé par les lois ; quant aux autres, que l'on respecte la maxime du proverbe grec : « Entre amis, tout est commun ». [...] Ennius donne un exemple particulier qui peut s'étendre à beaucoup de cas : « L'homme qui indique aimablement son chemin à un voyageur égaré agit comme un flambeau où s'allume un autre flambeau ; il n'éclaire pas moins quand il a allumé l'autre ». Cicéron

« Cicéron Texte : La société et l'union entre les hommes se conserveront d'autant mieux qu'on manifestera plus de bienveillance à ceux avec qui on a une union plus étroite.

Mais il semble qu'il faut reprendre de plus haut les principes naturels de la communauté et de la société des hommes.

Il en est d'abord un que l'on voit dans la société du genre humain pris dans son ensemble.

Le lien de cette société, c'est la raison et le langage ; grâce à eux, on s'instruit et l'on enseigne, l'on communique, l'on discute, l'on juge, ce qui rapproche les hommes les uns des autres et les unit dans une sorte de société naturelle ; rien ne les éloigne plus de la nature des bêtes, à qui nous attribuons souvent le courage, aux chevaux par exemple ou aux lions, mais non pas la justice, l'équité ou la bonté ; c'est qu'elles ne possèdent ni raison ni langage.

Cette société est largement ouverte ; elle est société des hommes avec les hommes, de tous avec tous ; en elle il faut maintenir communs tous les biens que la nature a produits à l'usage commun de l'homme ; quant à ceux qui sont distribués d'après les lois et le droit civil, qu'on les garde selon ce qui a été décidé par les lois ; quant aux autres, que l'on respecte la maxime du proverbe grec : « Entre amis, tout est commun ».

[...] Ennius donne un exemple particulier qui peut s'étendre à beaucoup de cas : « L'homme qui indique aimablement son chemin à un voyageur égaré agit comme un flambeau où s'allume un autre flambeau ; il n'éclaire pas moins quand il a allumé l'autre ». Introduction : Ce texte de Cicéron a pour objet de définir la singularité de la société humaine par des arguments renvoyant à l’ordre naturel, et d’en tirer la définition du mode de vie commun qui lui convient.

Il faudra donc être particulièrement attentif dans le commentaire à la manière dont Cicéron lie les arguments naturels aux arguments politiques.

Ce texte peut se découper en trois parties : les trois premières lignes, jusqu’à « et de la société des hommes », constituent une introduction très générale au problème du texte, qui est de définir les « principes naturels de la communauté et de la société des hommes ».

Le second moment, qui s’étend jusqu’à « c’est qu’elles ne possèdent ni raison ni langage », mentionne le premier de ces principes, qui sera développé dans toute la suite du texte.

Ce premier principe est lié à la possession par l’homme de la raison et du langage, ce qui les différencie des bêtes.

Le troisième moment enfin, qui commence à « Cette société est largement ouvert », se concentre sur la définition de la nature de la société humaine et insiste sur la notion de communauté, en proposant une définition amicale de la société humaine, traditionnelle dans la philosophie antique.

L’intérêt du texte est double : par l’idée qu’il propose d’une part, et qui est celle d’une communauté humaine naturellement fondée par l’amitié, d’une compréhension optimiste des attributs particuliers à l’homme que sont la raison et le langage ; par le procédé qu’il suit d’autre part, par glissements d’une définition à l’autre alors même que ces définitions se situent d’emblée sur des terrains qui ne sont pas communs ? on passe ainsi, sans démarcation, des principes naturels aux principes sociaux.

Cette intrication du naturel et du social est un thème traditionnel de la philosophie antique.

Or c’est suivant ces trois moments que nous entendons rendre compte du texte. I – Préambule à la discussion a) Dès l’introduction de ce texte, Cicéron fait de l’amitié le garant de l’unité et de la cohésion de la société.

Avant même de voir l’intérêt de cette amitié, il est intéressant de remarquer la distinction que l’auteur induit entre la société et l’union.

Les deux éléments ne vont pas de soi et pourtant on ne saurait penser un société que seulement comme un élément unifié et non disparate.

Or cette distinction montre bien tout l’enjeu de cette amitié qui est justement la pérennité de la société et du tissu social.

Le but de l’amitié est dans ce cas de garantir le bon développement et la sauvegarde de la société.

Dès lors, le rôle de l’amitié est de créer ce lien qui n’est pas nécessairement naturelle entre les hommes.

Elle fonde le ciment de la société.

Celle-ci peut alors se définir comme la réunion en un même lieu d’un ensemble d’individu.

Cependant, cela forme un groupe, un agrégat mais non une union.

Il n’y a pas à proprement parler de société dans la mesure où les individus ne sont nécessairement obligés d’interagir. b) L’amitié est donc une institution social qui permet de créer des liens au-delà même de la naturalité et de la condition humaine première.

En ce sens, on peut dire que l’amitié vient pallier un déficit d’unité des hommes dans la nature.

Elle crée un lien qui n’existe pas à l’état naturelle comme cela peut être le cas chez les animaux.

C’est pourquoi Cicéron par de « société » et de « l’union entre les hommes » et non entre les animaux.

L’amitié est alors cette bienveillance, c’est-à-dire ce sentiment et cette volonté d’aider autrui.

La bienveillance vient le bien et le bonheur d’autrui.

C’est ce principe qui est à l’origine de la cohésion de la famille par exemple.

Or étendre ce principe en vue de l’amitié, c’est-à-dire vis-à-vis d’autrui qui reste un étranger c’est s’intéresser à son sort, compatir etc.

Dans ce cas, l’union se crée un vue d’un bien commun puisque l’amitié suppose cette réciprocité.

Or c’est bien de ce lien et de cette échange que la société peut émerger et se pérenniser sur des bases solides.

En effet, la notion de bien commun, c’est-à-dire de bien général pour la société peut émerger, définissant alors un intérêt général et ne concourant plus seulement à l’égoïsme, l’individualisme c’est-à-dire l’intérêt privé. Transition :. »

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