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Autrui représente-t-il une menace pour le sujet ?

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« VOCABULAIRE: AUTRE / AUTRUI : 1) Comme Adjectif, différent, dissemblable. 2) comme Nom, toute conscience qui n'est pas moi. 3) Autrui: Tout homme par rapport à moi, alter ego: "Autrui, c'est l'autre, c'est-à-dire ce moi (ego) qui n'est pas moi (alter)." (Sartre). Les autres hommes, mon prochain. C'est à la fois l'autre et le même (mon semblable, un moi autre, une personne). SUJET: Du latin subjectum, « substance », « matière », « thème ». 1) En logique, l'être dont on affirme ou nie quelque chose. 2) L'esprit qui connaît, par opposition à la chose connue (l'objet). 3) En politique, l'individu soumis à l'autorité du pouvoir souverain. • Dans le jugement suivant : «Socrate est mortel », Socrate est le sujet, mortel le prédicat, est, la copule • Chez Aristote, le sujet est identifié à la substance, support des attributs et des accidents : mortel est un attribut de la substance Socrate. • Descartes est considéré comme le père des philosophies du sujet. Il est en effet le premier à affirmer que la vérité ne se fonde ni dans la tradition ni dans les autorités reconnues, mais dans le sujet conscient de ses propres actes de pensée. (cf. le cogito cartésien. Introduction : Autrui est le terme par lequel un sujet désigne un sujet qui n'est pas lui. Selon le philosophe Levinas, "autrui en tant qu'autrui n'est pas seulement un alter ego. Il est ce que moi je ne suis pas." En effet, autrui est à la fois semblable au sujet qui le désigne et différent de lui, car il n'est pas lui. Cette altérité absolue d'autrui constitue-t-elle une menace pour le sujet ? Quel danger peut représenter la présence d'un être supposé identique au sujet et pourtant expérimentalement incomparable ? Cette interrogation soulève de multiples enjeux : un enjeu logique interrogeant la possibilité d'une coexistence possible entre un sujet et autrui, un enjeu anthropologique questionnant la relation du sujet à autrui, un enjeu épistémique relatif à notre connaissance d'autrui. 1ère partie : Si autrui est méconnaissable pour le sujet, alors il peut en représenter une menace. - Autrui, parce qu'il n'est pas le sujet qui le désigne, n'a rien à voir avec lui. Par conséquent, on peut penser qu'autrui étant distinct du sujet, il n'y a pas de rapport entre eux. Plus précisément, s'il y a un rapport possible entre le sujet et autrui, alors, il n'est pas évident, ou nécessairement impliqué dans la définition du sujet. L'expérience du cogito cartésien (Méditations métaphysiques) nous enseigne en effet que je me pense moi-même comme sujet par réflexion de ma propre conscience sur elle-même. Nous avons donc une conscience solitaire avant même de considérer autrui, de sorte que « Je » n'implique nullement autrui. Chez Descartes, la vérité première, qui résiste à tous les efforts du doute, c'est le cogito, le « je pense donc je suis ». Puisque je ne suis assuré que de la propre existence de ma conscience, alors il est possible qu'autrui n'existe pas, et que les hommes que je vois ne soient que des « spectres ou des hommes feints », c'est-à-dire une apparence trompeuse. Dans cette perspective, la non certitude de l'existence d'autrui peut apparaître comme une menace, du moins à la certitude de notre connaissance. - Il semble que l'on ne puisse connaître autrui que par projection de ses propres qualités et sentiments dans l'autre. Notre connaissance d'autrui n'est donc qu'une connaissance par « conjecture », selon l'expression de Malebranche (De la recherche de la vérité). La connaissance de la pensée d'autrui ne peut nous parvenir selon Malebranche que dans une réduction phénoménologique, c'est-à-dire en tant qu'objet extérieur à nous. On ne peut donc accéder de l'intérieur à la pensée d'autrui, on ne peut entrer dans sa subjectivité, et avoir une connaissance interne d'autrui comme on en a une de nous même, et nous sommes alors réduit à formuler des conjectures, c'est-à-dire des hypothèses, suppositions, sur l'intériorité d'autrui. Il constate ainsi un premier échec de la raison à connaître les autres hommes, et sa seule connaissance, par conjecture, est reléguée à l'ordre du probable, du possible. Par conséquent, il se peut que le sujet se fasse une idée fausse de ce qu'est réellement autrui, et c'est pourquoi autrui, qui ne peut jamais être connu avec certitude, représente toujours une menace. En effet, on peut imaginer que je me trompe sur les intentions d'autrui à mon égard, et qu'il me veuille du mal, quand bien même à sa place je n'aurais pas cette réaction. 2ème partie : Autrui peut représenter une menace pour un sujet solitaire, hors de la société. - Autrui peut représenter une menace effective dans une situation où l'homme vit en solitaire. C'est « l'état de nature », imaginé par Hobbes puis Rousseau pour décrire un état originaire antérieur à la constitution de la société »

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