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À quoi tient la force des religions ?

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« Introduction : Les religions sont des croyances en une ou plusieurs puissances divines, qui sont fondées sur des dogmes et écritures sacrées et accompagnées de rites. Les religions, parce qu'elles sont irrationnelles, ne peuvent démontrer de vérité certaine comme peut le faire la raison. Mais si les religions n'ont donc pas de valeur de vérité, il n'en reste pas moins qu'elles disposent d'une certaine force. Quelle est donc cette force des religions si elle n'est pas une puissance théorique ? Quelle efficacité ont les religions ? A quoi tient la force des religions ? 1 ère partie : La force des religions c'est leur permanence dans toutes sociétés. La religion est universelle. Même s'il existe des athées et des agnostiques, il n'y a pas de société sans religion. Il semble donc que les religions soient naturelles aux sociétés humaines, c'est-à-dire qu'elles soient inhérentes à la nature humaine. La force des religions réside alors dans ce caractère originaire, qui fait que les religions sont premières. En effet, les religions apportent les premières réponses, sur l'origine du monde, la justification du mal, la fin de la vie humaine, etc, avant les réponses philosophiques et les réponses scientifiques. La force des religions est de se présenter comme une solution aux questionnements des hommes. La force des religions réside dans leur facilité à être adoptées. En effets elles ne font pas l'objet de raisonnements abstrus, scientifiques et compliqués. Au contraire, les religions s'adressent à tout le monde sans qu'il soit nécessaire d'être savants ou cultivé. La force des religions est donc leur popularité. Elles répondent à l'urgence des hommes à avoir des réponses à leurs questionnements et leurs craintes. - Les religions sont une force pour ceux qui y adhèrent, car elles offrent un soutien à la vie humaine, une direction de la conduite de notre existence. Les religions promettent un plus grand bien aux hommes qui y croient et dirigent toute leurs actions en vue de cette espérance dans le futur. Les religions offrent donc une ligne de conduite, une exigence qui forge les hommes et les poussent à une rigueur de vie. 2 ème partie : La force des religions réside dans la croyance qu'elles inspirent. - Les religions ont une force : elle font l'objet d'une croyance, en dépit de leur absence de rationalité. Les religions s'enracinent dans la foi du croyant, qui malgré sa raison croit en l'existence d'une divinité qu'il est impossible de prouver rationnellement. Hume explique dans le Traité de la nature humaine (3ème partie, section 5) qu'une croyance résulte de la vivacité d'une impression qui affecte l'esprit humain. La force des religions est donc de toucher les hommes par leur sensibilité et non leur raison. Pascal explique dans ses Pensées que la religion entre par le cœur et non par la raison. Il explique dans la Pensée 101 que la force de la religion est de pouvoir humilier la raison, « qui voudrait juger de tout », en nous faisant connaître une vérité non pas par des preuves et des démonstration, mais par des sentiments et intuitions. La force des religions réside donc dans ce pouvoir de persuasion qui dépasse l'entendement humain, et qui fait plier la raison qui se résout à accepter l'inintelligible de la divinité, en l'existence de laquelle le croyant est néanmoins fermement convaincu. - Les religions ont leur force dans leur caractère sacré , qui leur donne un statut à part, supérieur aux hommes. Le caractère sacré des religions est une force, car il exige le respect et l'obéissance. Le sacré, le lieu saint, commande une forme d'obéissance et implique un ordre. - Les religions sont sources de crainte : la divinité, par sa toute puissance, est terrifiante, et les hommes redoute le châtiment qu'elle peut leur infliger. La force des religions réside donc dans ce sentiment religieux, que Kierkegaard nomme dans Le sacré et le Profane « l'horror religiosus », qui renvoie à la fois aux sentiments de terreur et de fascination. Ce sentiment du sacré a été caractérisé par Rudolf Otto dans Le sacré comme « le sentiment du mysterium tremendum, du mystère qui fait frissonner » 3 ème partie : La force des religions tient de leur utilité. Utilité sociale : les religions sont fédératrices. Elles participent de la culture et de la civilisation de la société, en lui donnant des valeurs, des rites et coutumes, autours desquels tous les hommes se réunissent. Les croyants se reconnaissent comme faisant partie d'une même famille, par leur soumission à la même Divinité ils développent des liens de parenté, de solidarité, qui sont favorable à la vie sociale et à sa bonne organisation. Bergson, dans Les deux sources de la morale et de la religion, souligne que la religion a pour fonction de maintenir les hommes dans l'espace social. La religion « renforce et discipline », à travers ses pratiques, ses rites et cérémonies, qui préservent ainsi l'ordre social. Utilité morale : - Les religions soulagent les craintes des hommes, car elles les rassurent en leur promettant un bonheur dans une vie future par delà la mort. Freud explique dans L'avenir d'une illusion que le « secret » de la force des « illusions religieuses » tient à la force des désirs frustrés de l'homme dans la société. La religion a une fonction consolante parce qu'elle offre la perspective d'un au-delà dans lequel le désir trouvera sa satisfaction. Ainsi pour Freud, la religion est une illusion puissante engendrée par le désir et c'est de l'image paternelle que provient l'idée de Dieu. - Les religions, parce qu'elles imposent des lois (les dix commandements de l'Ancien Testament, par exemple), sont prescriptives. Elles imposent une morale qui détermine la conduite pratique des croyants. Les religions ont alors une fonction régulatrice et normative utile à la société. Selon Nietzsche, l'absence de religion donnerait lieu à la dévalorisation des valeurs, et à l'anarchie et la dissension sociale. C'est pourquoi, même les athées doivent « réinventer des dieux » explique Nietzsche dans le Gai savoir. C'est ainsi que les révolutionnaires français ont éprouvé le besoin de fonder une « religion civile » pour rétablir l'ordre social grâce au culte d'un Être suprême. Hume explique dans la section XI de L'enquête sur l'entendement humain que la force des religions, même si elle sont des croyances infondée, réside dans leur conséquences pratiques. En effet, elles ont le pouvoir d'endiguer les passions humaines et de contraindre les hommes à obéir aux lois. Conclusion : Les religions ne tirent pas leur force de leur valeur de vérité, mais tout d'abord, de la nécessité de leur existence. De tout temps et en tout lieu ont existé les religions, qui sont propres à la nature humaine, qui les alimentent et s'en sert comme soutien. Les religions ont le pouvoir de soulager les craintes des hommes, de répondre à leurs questionnements et de donner un sens à leur vie. La force des religions c'est aussi leur faculté à être objet de croyance, et à affecter les hommes en les touchant par les sentiments, et non pas par la raison. La force des religions, c'est enfin leur utilité morale et sociale, car elles fédèrent les hommes autour de valeurs communes, et favorise l'organisation sociale, et le respect de l'ordre et des lois. »

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