analyse lineaire l etrangerAnalyse linéaire L’étranger de Camus-l’incipit
Publié le 12/01/2026
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«
Analyse linéaire L’étranger de Camus-l’incipit
En 1942, en pleine seconde guerre mondiale, Albert Camus rédige et publie
L’Etranger.
Le contexte historique impacte considérablement la littérature de
l’époque.
On y retrouve le désarroi des écrivains et leur besoin de révolte face
aux crimes commis par l’humanité.
Camus transpose dans ce roman sa
philosophie de l'absurde selon laquelle l’existence n’aurait pas de sens et seule la
fatalité et le hasard guident nos pas.
Le récit tourne autour du personnage de
Meursault qui semble indifférent à sa vie, étranger à tout ce qui lui arrive et en
rupture avec les conventions sociales.
Notre extrait représente l'incipit du roman,
constituant le tout début du roman.
Celui-ci s’ouvre sur les pensées du narrateur
Meursault, qui relate la nouvelle de la mort de sa mère et les préparatifs de son
départ pour la veillée funèbre et l'enterrement.
Comment cet incipit permet de construire l’ambiguité (ou une image
déconcertante) du personnage principal ?
I/ L’annonce de l’intrigue : la mort de la mère du narrateur (l1à 3)
Il s’agit d’un incipit in medias res car le roman s’ouvre par la présentation de
l’élément déclencheur du récit de manière brutale.
L ’annonce d’un événement
tragique, la mort de la mère du narrateur : « Aujourd’hui, maman est morte »
est directe et crue.
Cette situation initiale particulière déstabilise le lecteur.
Les
éléments des 1eres phrases se rapprochent du genre du journal intime avec la
Narration à la première personne, l’Evocation d’un événement appartenant à la
sphère intime et la Quasi-coïncidence entre le temps de l’écriture et le temps de
l’événement rapporté comme le souligne l’utilisation du présent de l’indicatif et
des indicateurs temporels « aujourd’hui », « hier ».
Le lecteur peut donc croire
qu’il va accéder à l’intériorité du personnage-narrateur.
Et pourtant cet accès
nous est refusé car Meursault ne renseigne aucune douleur, aucune réaction : on
note une absence de lexique de l’émotion.
Son seul intérêt marqué par la
répétition de l’indice temporel « peut-être hier » (l1 et 3) semble être le
déroulement chronologique des faits ce qui crée un Contraste avec la violence de
l’évènement annoncé.
L’impression de détachement de Meursaut est renforcée
par la parataxe du style télégraphique : économie de mots, simplicité du
vocabulaire utilisé, proposition indépendante sans coordination ni subordination.
Ces phrases simples, ce style minimaliste ajoutées au substantif « maman » peut
faire penser à un enfant ou a un adulte simple d’esprit.
! Surprise et
incompréhension du lecteur s’installe.
II/ Les répercussions de cette annonce sur le narrateur et les
préparatifs du départ (l4 à 13)
Après l’annonce de la mort de sa mère, le personnage passe immédiatement à
des considérations matérielles, cherchant à organiser son emploi du temps
(transport, horaires, autorisation d’absence).
On peut remarquer l’utilisation du
futur qui permet la planification de ses actions (je prendrai, j’arriverai) ainsi que
les indicateurs spatio-temporels (Marengo, 80 km d’Alger, A deux heures,
demain soir).
La présence de ces éléments est assez traditionnelle dans un incipit
car il a vocation d’informer mais en général il doit y avoir également des détails
sur les personnages.
Or dans cet incipit, pas de description, pas de
subjectivité ni d'implication personnelle de Meursault, ce qui est
totalement contradictoire avec le point de vue interne utilisé : tout est raconté
sur le même ton ! le lecteur se sent mal à l’aise devant la froideur du
personnage.
Pourtant, Meursaut ne semble pas être insensible : il fait preuve de culpabilité
envers son patron dans la 1ere expression de ses pensées (l9) : « Je n’aurai
pas dû dire cela ».
Il fait aussi preuve de bonne volonté en se conformant aux
codes avec le vocabulaire des obsèques : « condoléances » (L.10), «
enterrement » (L.12), « deuil » (L.11).
L’indifférence du narrateur n’est peut-être
qu’une apparente indifférence, car s’il ne manifeste rien, ne montre rien,
n’exprime rien , ce n’est pas pour autant qu’il ne ressent rien.
Le lecteur peut
alors penser que Meursaut est dans le déni et ne semble pas réaliser le décès de....
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