AL Mme de Sévigné, Lettre à M. de Pomponne
Publié le 27/04/2026
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1er Objet d’Etude, la Littérature d’Idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Analyse linéaire 1 : Lettre de Madame de Sévigné à Monsieur de Pomponne, Mme
de Sévigné (1664)
Parcours associé : La comédie sociale
Introduction : En 1671, la fille aînée de Madame de Sévigné, Françoise-Marguerite,
part rejoindre son époux dans le Midi.
Etant très attachée à sa fille, cette séparation
fut pour Mme de Sévigné un véritable déchirement.
Toutefois, cette rupture fut
l'occasion d'une correspondance célèbre entre la mère et la fille, ininterrompue de
1671 à 1696.
L’entièreté de ses lettres ne sont cependant pas seulement destinée à
son héritière.
En effet, l’épistolière s’adresse également dans ses lettres à d'autres
destinataires.
Les quelques 764 lettres qu’elle a écrites représentent un témoignage
savoureux des mœurs de son époque.
Observatrice perspicace, véritable
chroniqueuse de la vie de cour, Mme de Sévigné relate les événements marquants
qui ont eu lieu à Paris et à Versailles.
Ainsi, dans cette lettre adressée au ministre
des Affaires étrangères, M.
de Pomponne, l'épistolière met en scène une anecdote
illustrant l'état d'esprit qui règne dans l'entourage de Louis XIV.
Cette anecdote est
présentée sous la forme d'un récit et d'un dialogue et s'apparente au théâtre par la
mise en situation, la rapidité de la scène et la tonalité comique qui la traverse.
L'intérêt majeur de cette lettre réside dans la mise en scène du roi qui met à
l'épreuve la sincérité d'un courtisan.
C’est dans cet élan que nous pouvons nous
demander comment Mme de Sévigné, en relatant une “historiette”, démasque
l’hypocrisie courtisane.
Nous allons tout d’abord étudier un premier mouvement qui,
de la première à la troisième ligne, va poser le contexte de la lettre.
Nous
poursuivrons par découvrir la fameuse anecdote de la ligne 3 à 16 et terminerons
enfin par analyser le jugement de Madame de Sévigné sur les faits rapportés de la
ligne 16 jusqu’à la fin de l’extrait.
I.
Contexte de la lettre
L1 : Dès l’ouverture de la lettre, la situation d’énonciation est exposée.
En effet, on
comprend par la première expression « il faut » que l’épistolière a un devoir à
accomplir.
A la suite de cela, on retrouve le champ lexical de la narration : “je vous
conte”, “historiette”.
Ainsi la double fonction de l’auteur de la lettre apparaît : celle de
l’expéditeur (celle qui écrit) et du narrateur (celle qui raconte une histoire).
On
assiste à une lettre privée, qui est censé être lu uniquement par son destinataire.
Dès le début de la lettre, Madame de Sévigné emploie un ton désinvolte, léger.
On
remarque cela par un double pléonasme :
1.
“petite historiette” ; le suffixe “iette” indique déjà le fait que l’histoire sera
courte donc l’emploie de l’adjectif « petite » est redondant.
2.
“très vraie” ; la vérité ne peut pas être "plus ou moins", donc dire "très vraie"
est une exagération ironique, une hyperbole illustrant un effet d’insistance sur
la véracité de l’histoire.
Au sein de la proposition subordonnée relative explicative de la première phrase,
Madame de Sévigné indique déjà la finalité de son histoire qui est d’instruire, c’est à
dire d’enseigner quelque chose de “très vraie” et de divertir, faisant alors écho à la
devise classique “Plaire et Instruire.
L2 : locution adverbiale de temps : « depuis peu » : il n’y a pas de date précise, c’est
une occupation récente et on peut supposer que c’est une passion éphémère.
Métonymie : “faire des vers” désigne la poésie.
Il y a dans cette expression une
connotation péjoratif.
Le narrateur montre la relation étroite entre le Roi Louis XVI et
l’Art à l’époque mais souligne tout de même le fait que la poésie ne lui corresponde
pas :
- Le verbe pronominal “se mêle” a pour but de montrer que la poésie
n’appartient pas au rôle du Roi.
On retrouve donc un point de tension entre la
noblesse du rang social royal en début de phrase et son échec pour la poésie.
Saint-Aignan et Dangeau sont présentés comme des mentors en poésie, ce qui
ridiculise un peu la situation : un Roi, tout-puissant, a besoin de professeurs pour
exceller dans un domaine.
II.
La découverte de l’anecdote
L3 : Emploi du passé simple qui exprime l’action courte “il fit” souligne une action
brève et ponctuelle, ce qui met en évidence le caractère presque anodin de la
création du poème, tout en suggérant qu’il s’agit d’un événement léger, sans
importance artistique réelle.
Dans la proposition subordonnée relative explicative de la phrase, on y retrouve la
sincérité du Roi qui avoue la médiocrité de son poème grâce :
- aux mots composés “lui-même”
- à l’emploi de la négation
- à l’association de l’assonance en « a » et l’allitération en « t » qui forme une
harmonie imitative.
Cette association imite en effet le poème qui à l’ouïe ne sonne
“pas trop jolie”.
- De plus, la formulation en litote ("ne trouva pas trop joli") adoucit la critique,
tout en laissant entendre que le poème est clairement raté.
L4 : Le narrateur dans cette phrase généralise le cadre temporel par l’emploi du
groupe nominal “un matin”.
Ainsi il donne une dimension universelle au récit.
Par ailleurs, le discours direct apparaît donnant à la scène une certaine vivacité et
un aspect théâtral.
Dans ce discours direct, le Roi s’adresse au Maréchal de
Gramont (au plus haut rang de la noblesse de France).
On y retrouve l’empreinte de
la courtoisie et du vouvoiement : “Monsieur”, “je vous prie”.
Ainsi, Madame de Sévigné donne des informations sur le langage et les relations à
la Cour.
De plus, on peut souligner un point de tension entre le rang social élevé des
personnages et la discussion qui porte sur un sujet futile.
Cela rejoint entre autres
l’idée de la lettre, c’est à dire le fait que Madame de Sévigné s’adresse à un ministre
du royaume pour une simple “historiette”.
Dans sa demande au Maréchal, le Roi expose le jugement qu’il attend de celui-ci
sur le madrigal à travers une négation restrictive : “et voyez si vous n'en avez jamais
vu un si impertinent.” C’est donc une demande rhétorique, puisqu’il oriente la
réponse à sa question.
L5 : Le Roi se justifie par la subordonnée de cause “parce qu’on”.
Cette phrase
montre la figure centrale du Roi à la Cour :
- On connaît les goûts du Roi et l’on se hâte de lui faire plaisir et on le fait juge de
ce qui est bon.
- Par ailleurs, la présence des pronoms de la première personne “j’” et “m’” appuie le
fait que tout se rapporte au Roi.
L6 : Le Maréchal....
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