TERMINALE COURS CHAPITRE 9 : Quelles mutations du travail et de l'emploi ?
Publié le 28/04/2026
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TERMINALE – COURS – CHAPITRE 9 - Quelles mutations du travail et de l’emploi ?
Chapitre 9
Quelles mutations du travail et de l’emploi ?
Pour une bonne compréhension du Chapitre, il est nécessaire de le compléter avec le cours en classe
et le manuel scolaire
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TERMINALE – COURS – CHAPITRE 9 - Quelles mutations du travail et de l’emploi ?
Objectifs d’apprentissage
Objectif 1 : Savoir distinguer les notions de travail, activité, statut d’emploi (salarié, non-salarié),
chômage ; comprendre que les évolutions des formes d’emploi rendent plus incertaines les frontières
entre emploi, chômage et inactivité.
Objectif 2 : Comprendre les principales caractéristiques des modèles d’organisation taylorien (division
du travail horizontale et verticale, relation hiérarchique stricte) et post-taylorien (flexibilité,
recomposition des tâches, management participatif) ; comprendre les effets positifs et négatifs de
l’évolution des formes de l’organisation du travail sur les conditions de travail.
Objectif 3 : Connaître les principaux descripteurs de la qualité des emplois (conditions de travail, niveau
de salaire, sécurité économique, horizon de carrière, potentiel de formation, variété des tâches).
Objectif 4 : Comprendre comment le numérique brouille les frontières du travail (télétravail, travail /
hors travail), transforme les relations d’emploi et accroît les risques de polarisation des emplois
Objectif 5 : Comprendre que le travail est source d’intégration sociale et que certaines évolutions de
l’emploi (précarisation, taux persistant de chômage élevé, polarisation de la qualité des emplois)
peuvent affaiblir ce pouvoir intégrateur
Pour une bonne compréhension du Chapitre, il est nécessaire de le compléter avec le cours en classe
et le manuel scolaire
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TERMINALE – COURS – CHAPITRE 9 - Quelles mutations du travail et de l’emploi ?
Objectif 1 — Distinguer travail, activité, statut d’emploi et chômage ; comprendre le brouillage des
frontières entre emploi, chômage et inactivité
Les mutations du travail et de l’emploi commencent par une distinction essentielle entre plusieurs
notions proches, mais qui ne se confondent pas : travail, activité, emploi, statut d’emploi, chômage et
inactivité.
Cette distinction est indispensable, car une grande partie des débats sur le marché du travail
vient justement du fait que, dans la réalité sociale, les situations sont moins nettes qu’en théorie.
La mesure statistique du chômage suppose de classer les individus dans des catégories précises, mais
que ce classement rencontre des difficultés croissantes.
1.
Le travail ne se confond pas avec l’emploi
Le travail désigne une activité de production de biens ou de services, rémunérée ou non.
Autrement
dit, on peut travailler sans occuper un emploi.
Une personne qui élève ses enfants, accomplit des tâches
domestiques, fait du bénévolat dans une association ou aide un proche dépendant réalise bien un
travail au sens large, car elle produit une utilité sociale, mais elle n’occupe pas forcément un emploi.
L’emploi, lui, désigne une activité de travail reconnue et encadrée sur le marché du travail, le plus
souvent rémunérée.
Avoir un emploi, c’est donc occuper une position dans l’appareil productif, avec
un statut juridique et social.
Cette distinction est importante : tout emploi est un travail, mais tout
travail n’est pas un emploi.
L’activité, en statistique, renvoie à la participation au marché du travail.
La population active comprend
ainsi les personnes qui ont un emploi et celles qui sont au chômage.
À l’inverse, les inactifs sont les
personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage.
La mesure du chômage suppose d’abord de distinguer population active et population inactive.
2.
Les statuts d’emploi : salarié et non-salarié
Lorsqu’une personne occupe un emploi, elle peut relever de deux grands statuts d’emploi.
Le salarié travaille pour le compte d’un employeur, dans le cadre d’un contrat de travail, en échange
d’une rémunération.
Il existe entre le salarié et l’employeur un lien de subordination juridique :
l’employeur peut fixer les tâches, les horaires, les conditions d’exécution du travail.
Le non-salarié, au contraire, travaille à son compte.
Il peut s’agir d’un artisan, d’un commerçant, d’un
agriculteur, d’une profession libérale ou d’un travailleur indépendant.
Il n’est pas placé sous l’autorité
directe d’un employeur.
Son revenu dépend davantage de son activité propre.
Cette distinction reste essentielle, mais elle devient aujourd’hui moins évidente dans certains cas.
Par
exemple, certains travailleurs des plateformes numériques sont juridiquement indépendants, donc
non-salariés, tout en subissant des contraintes très fortes sur les tarifs, les délais ou les conditions de
réalisation du travail.
Cela montre que le statut juridique ne dit pas toujours tout de la réalité du travail.
3.
Le chômage : une catégorie statistique précise
Dans le langage courant, on dit souvent qu’est au chômage toute personne sans travail.
En réalité, les
statisticiens utilisent une définition beaucoup plus stricte.
L’INSEE utilise la définition du BIT.
Un
chômeur est une personne en âge de travailler qui remplit simultanément trois conditions : être sans
emploi, être disponible rapidement pour travailler et chercher activement un emploi ou en avoir trouvé
un qui commence prochainement.
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Cette définition est importante, car elle montre qu’on ne peut pas assimiler automatiquement “ne pas
travailler” et “être chômeur”.
Une personne qui ne travaille pas mais ne recherche pas d’emploi n’est
pas comptée comme chômeuse au sens du BIT : elle est classée parmi les inactifs.
De même, une
personne ayant travaillé ne serait-ce qu’une heure pendant la semaine de référence est considérée
comme en emploi, et non comme chômeuse.
4.
L’inactivité : une catégorie plus diverse qu’il n’y paraît
Les inactifs sont les personnes qui ne sont ni en emploi ni au chômage.
On y trouve par exemple les
retraités, certains étudiants, des personnes au foyer ou encore des individus qui souhaiteraient
travailler mais ne recherchent plus activement un emploi.
La distinction entre activité et inactivité pose problème, car les catégories statistiques peuvent entrer
en décalage avec les représentations ordinaires.
Une personne peut se dire “inactive” alors qu’elle
effectue un travail domestique important ; inversement, une autre peut se dire “au chômage” alors
qu’elle n’entre pas dans la définition statistique retenue.
Autrement dit, les catégories statistiques sont nécessaires pour mesurer le marché du travail, mais elles
simplifient parfois des situations sociales plus complexes.
5.
Pourquoi les frontières entre emploi, chômage et inactivité deviennent-elles plus floues ?
Les évolutions récentes des formes d’emploi rendent les frontières entre emploi, chômage et inactivité
plus incertaines.
C’est un point central.
Ce brouillage est lié au développement des formes particulières d’emploi, à l’essor du sous-emploi et à
l’élargissement du halo du chômage.
D’abord, les formes d’emploi se sont diversifiées.
Le modèle de référence du CDI à temps plein,
longtemps considéré comme la norme, reste dominant en stock, mais il l’est moins lorsqu’on observe
les nouvelles embauches.
Le développement des CDD, de l’intérim, de l’apprentissage ou d’autres
formes d’emploi plus instables rend la situation professionnelle de nombreux actifs plus incertaine.
Les
formes particulières d’emploi correspondent à des statuts autres que le CDI et sont associées à une
plus forte précarité.
Ensuite, certaines personnes sont officiellement en emploi, mais dans un emploi si réduit ou si
discontinu qu’elles se situent à la frontière du chômage.
C’est le cas du sous-emploi, par exemple pour
une personne à temps partiel subi qui souhaiterait travailler davantage.
Enfin, il existe un halo du chômage : ce sont des personnes proches du chômage, mais non
comptabilisées comme chômeuses au sens du BIT.
Par exemple, une personne qui souhaite travailler
mais n’a pas effectué de recherche active récemment, ou n’est pas immédiatement disponible, ne sera
pas comptée comme chômeuse.
Le Collège de France montre bien que cet élargissement du halo du
chômage rend les frontières entre emploi, chômage et inactivité de plus en plus floues.
6.
Des catégories aussi façonnées par les politiques publiques
Les frontières entre emploi, chômage et inactivité ne dépendent pas seulement de l’économie ; elles
sont aussi influencées par les politiques publiques.
Les règles encadrant les contrats, les dispositifs
d’aide à l’emploi, les politiques de temps partiel ou la réglementation du marché du travail modifient
concrètement la manière dont les individus passent d’une catégorie à l’autre.
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C’est une idée importante : les catégories du marché du travail ne sont pas purement “naturelles”.
Elles
sont aussi construites socialement, juridiquement et statistiquement.
Sociologues à retenir
Christian Topalov
La notion de chômage n’a pas toujours existé sous sa forme actuelle : elle a été historiquement
construite.
Topalov montre ainsi que le chômage n’est pas seulement une situation économique, mais
aussi une catégorie sociale et statistique construite pour distinguer plusieurs types de pauvreté et
d’absence d’emploi.
Être chômeur devient progressivement un statut assorti de droits et d’obligations.
Michel Lallemant
Selon Michel Lallemant les frontières entre emploi, chômage et inactivité sont devenues de plus....
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