Comment est structurée la société française actuelle?
Publié le 16/01/2026
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Chapitre 6: Comment est structurée la
société française actuelle?
I/ Quels sont les facteurs qui structurent l’espace social?
A/ Les individus sont classés selon leur catégorie socioprofessionnelle
La société française est structurée en groupes professionnels hiérarchisés.
Pour les étudier, les
sociologues utilisent la classification des professions et catégories socioprofessionnelles,
appelée PCS.
Créée par l’INSEE dans les années 1980, elle a remplacé l’ancienne
classification CSP afin de mieux refléter les transformations du monde du travail.Les critères
pris en compte sont le métier exercé, le statut (salarié ou indépendant), le niveau de
qualification, la position dans l’entreprise, la taille de l’établissement et le fait de travailler dans
le public ou le privé.
On peut représenter cette hiérarchie sous forme de pyramide sociale.
En
haut, on trouve les cadres, les chefs d’entreprise et les professions intellectuelles supérieures.
Au milieu se trouvent les professions intermédiaires comme les techniciens ou les infirmiers.
En
bas, les employés et les ouvriers constituent la majorité de la population active.
Les ouvriers et
les employés obéissent à un supérieur, ont peu d’autonomie et pas de fonction d’encadrement,
mais leurs métiers sont différents : l’ouvrier travaille de ses mains, souvent dans un atelier ou un
chantier, l’employé dans les services, comme l’accueil ou l’administration.
Cette hiérarchie n’est
pas figée : la société française permet une certaine mobilité sociale, contrairement à des
systèmes plus rigides comme celui des castes en Inde.
B/ La position dans la stratification sociale depend du niveau de vie, du sexe de l’individu et de
sa position dans le cycle de vie.
1/ Du niveau de vie
2/ Du sexe
3/ Le cycle de vie
Le niveau de vie mesure ce que peut consommer un ménage selon sa taille.
Il correspond au
revenu disponible divisé par le nombre d’unités de consommation.
Une personne seule compte
pour 1, un adulte en plus pour 0,5, un enfant pour 0,3.
À revenu égal, une famille nombreuse vit
donc moins confortablement qu’un célibataire.
Cela montre que la composition du foyer pèse
sur les inégalités.
Le sexe influence aussi la position sociale.
Les femmes gagnent moins que les hommes, même
à poste égal.
Elles occupent moins souvent les postes de direction, interrompent plus souvent
leur carrière, travaillent plus souvent à temps partiel, et assurent encore l’essentiel des tâches
domestiques.
Elles sont aussi moins visibles dans la vie publique.
Le sexe reste donc un facteur
d’inégalité.
Le cycle de vie joue un rôle.
Les jeunes adultes sont plus souvent précaires et au chômage.
Les
personnes âgées sont souvent propriétaires et protégées par leur retraite.
L’âge influence
l’accès aux ressources, mais ses effets varient selon le sexe et les revenus.
C/ D’autres facteurs structurent et hiérarchisent la société.
L’origine perçue peut influencer la place sociale d’un individu.
Des études montrent que, même
avec un bon CV, une personne perçue comme non blanche a moins de chances d’obtenir un
entretien.
Ce type de discrimination à l’embauche a été prouvé par des expériences appelées
testings.
Bien que la loi l’interdise, ce phénomène reste fréquent, notamment pour les
personnes d’origine maghrébine ou africaine.
Ces discriminations concernent aussi l’accès au
logement ou aux responsabilités, ce qui freine la mobilité sociale.
Le lieu de résidence est un autre facteur important.
Dans les quartiers pauvres, le taux de
chômage et de pauvreté est plus élevé.
Les services publics y sont souvent moins accessibles,
et l’image du quartier peut aggraver les inégalités.
À l’inverse, les quartiers riches offrent plus
d’opportunités, de bons établissements scolaires et un meilleur réseau.
Ces séparations
géographiques entretiennent des inégalités de conditions de vie et de parcours.
II/ Quelles évolutions la structure socioprofessionnelle a-t-elle connues en France
depuis 1950 ?
A/ L’essor de la salarisation et de la tertiarisation
1/ La salarisation
2/ La tertiarisation
Depuis 1950, deux grandes évolutions ont transformé le monde du travail en France :
la salarisation et la tertiarisation.
La salarisation désigne la montée du travail salarié, c’est-à-dire le fait de travailler pour un
employeur contre rémunération.
Au début du XXe siècle, beaucoup de Français étaient
indépendants, surtout dans l’agriculture.
Avec l’industrialisation et l’exode rural, le
salariat s’est imposé comme la norme.
Il apporte un revenu stable, mais aussi des droits
comme la retraite, l’assurance chômage ou la sécurité sociale.
Aujourd’hui, environ 9 actifs
sur 10 sont salariés.
La tertiarisation désigne la hausse du nombre d’emplois dans les services (santé, éducation,
commerce, administration…) et la baisse dans l’industrie et l’agriculture.
En 1962, 40 %
des actifs étaient ouvriers ; ils ne sont plus que 19 % en 2023.
Les cadres, eux, sont passés
de 5,6 % à 20 %.
Cette transformation est liée à la modernisation de l’économie, à la
montée des qualifications, aux nouvelles technologies et à la progression de l’éducation.
Ces deux évolutions ont profondément modifié la structure sociale française.
B/ L’élévation du niveau de qualification
C/ La polarisation de l’emploi
D/ La féminisation de l’emploi
Depuis quelques années, beaucoup de métiers de qualification moyenne disparaissent.
À la place, on voit surtout des emplois très qualifiés, comme ceux des ingénieurs ou des
cadres, et des emplois peu qualifiés, comme ceux dans le nettoyage ou l’aide à la personne.
Cela crée ce qu’on appelle une polarisation de l’emploi.
Certains jeunes très diplômés ne
trouvent pas de travail à la hauteur de leurs études.
Ils doivent accepter des postes peu
valorisés.
Cela provoque du déclassement, c’est-à-dire un écart entre le niveau d’étude et le
métier occupé.
Les femmes travaillent de plus en plus, surtout depuis les années 1960.
Elles sont très
présentes dans les métiers du soin, de l’éducation ou du social.
Ces métiers sont utiles, mais
souvent mal payés, car ils sont associés à des qualités considérées comme naturelles.
Même
si les femmes sont aujourd’hui nombreuses à faire des études longues, elles sont encore peu
représentées dans les postes de pouvoir.
On parle de plafond de verre pour désigner les
obstacles invisibles qui les empêchent de progresser.
Cela peut être le manque de soutien
après une maternité, des stéréotypes ou l’organisation du travail.
Même dans les
professions très qualifiées comme la médecine ou l’université, elles restent souvent moins
bien payées ou moins visibles dans les postes prestigieux.
III/ Quelles sont les théories des classes et de la stratification sociale ?
A/ Selon Marx et Weber
1/ Karl Marx (1818–1883) – Analyse du capitalisme
Karl Marx est un penseur du XIXe siècle.
Il analyse la société à partir des rapports
économiques entre les groupes sociaux.
Pour lui, une société est structurée autour d’un
conflit entre deux grandes classes : ceux qui possèdent les moyens de production (la
bourgeoisie) et ceux qui ne possèdent que leur force de travail (le prolétariat).
Ce conflit
repose sur l’exploitation : les capitalistes paient les travailleurs moins que ce qu’ils
produisent, et gardent la différence sous forme de profit.
C’est ce que Marx appelle la plusvalue.
Pour Marx, les classes sociales ne sont pas des catégories inventées pour faire des
statistiques.
Elles existent réellement et s’opposent dans leurs intérêts.
Tant que les
travailleurs vivent cette situation sans en prendre conscience, ils forment une classe « en soi
».
Mais lorsqu’ils se regroupent pour défendre leurs....
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