mots repères
Publié le 23/01/2026
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Mots repères philo (HK ; 24-25)
Absolu / Relatif
Absolu: ce qui ne dépend que de soi-même pour exister, ce qui dans la pensée comme
dans la réalité ne dépend d'aucune autre chose et porte en soi-même sa raison d'être.
Relatif : ce qui dépend d'un autre terme en l'absence duquel ce dont il s'agit serait
inintelligible, impossible ou incorrect.
Exemples : Dieu est absolu (il est sa propre raison d'être).
Un pouvoir peut être absolu s'il
ne dépend de rien au sens où il est sans partage et sans contrepoids.
La créature est relative au créateur (sans lui, elle n'existerait pas)
Abstrait / Concret
Abstrait : l'abstraction est une opération de l'esprit qui consiste à séparer ce que nos
sens présentent comme non séparés.
Concret : l'objet concret est l'objet global, le tout.
Une idée peut être concrète si elle
considère une réalité dans sa globalité.
Exemples : rouge est une abstraction car une couleur ne se présente jamais seule à ma
vue.
Je vois une pomme rouge, une tomate rouge mais jamais du rouge seul.
Analyse / Synthèse
Analyse : opération de l'esprit qui consiste à décomposer un phénomène ou un concept
en ses parties en montrant comment elles s'enchaînent.
Analyser, c'est expliquer.
Synthèse : organisation dans un nouvel ensemble d'éléments jusque là séparés ou
associés di éremment.
La synthèse permet de comprendre.
Exemples : quand je lui fais faire une analyse de sang, le biologiste décompose mon sang
en ses di érents constituants : plasma, globules rouges, globules blancs etc.
Expliquer un phénomène, c'est en chercher les causes.
Par exemple Durkheim explique
le suicide en cherchant les faits sociaux qui conduisent à une conduite de suicide.
Comprendre suppose au contraire une saisie globale des phénomènes, par exemple en
saisissant le sens du suicide en tant qu'il est parcouru par une intention.
Cause / Fin
Cause : la notion de cause est liée à celle d'e et.
La cause est ce qui entraîne de façon
nécessaire un e et.
Par exemple, l'attraction terrestre est cause du fait que chaque fois
qu'un corps est lâché il tombe vers le sol.
L'attraction est la cause et la chute est l'e et.
Fin : but.
Chercher la n, c'est se poser la question du pourquoi.
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Exemple, « pourquoi punit-on ? » signi e « quelle est la n, quel est le but poursuivi
lorsqu'on punit, quelle est la raison pour laquelle on punit ? » On pourra répondre que
c'est pour faire un exemple ou pour rétablir le droit.
On aura alors dégagé la n de la
punition.
Néanmoins, la théorie des quatre causes d'Aristote rend la distinction cause / n plus
complexe.
Pour Aristote en e et est cause tout ce qui est mis en jeu dans la production
d'un e et.
Par exemple, la production d'une statue met en jeu quatre causes :
La cause matérielle : le marbre dont est fait par exemple la statue
La cause e ciente : le sculpteur qui a modelé la statue
La cause formelle qui renvoie à la con guration extérieure de la statue (une statue de
Zeus n'a pas la même forme qu'une statue d'Athéna)
La cause nale : ce à quoi est destinée la statue (par exemple à être mise dans un temple)
La n est donc une des quatre causes aristotéliciennes.
Elle est néanmoins privilégiée car
il y a chez Aristote un primat des causes nales.
Celui qui connaît l'utilisation d'un objet le
connaît mieux que celui qui le fabrique.
Porter des chaussures conduit à mieux connaître
la chaussure que le cordonnier.
Contingent / Nécessaire / Possible
Contingent : ce qui pourrait ne pas être.
Nécessaire : ce qui ne peut pas ne pas être.
Possible : ce qui peut être c'est-à-dire qui n'est ni nécessaire ni impossible.
Le réel est
un cas particulier du possible.
L'impossible est ce qui ne peut être, soit parce qu'il est irréalisable, soit parce qu'il est
contradictoire avec les lois de la nature.
Exemples : il est possible que j'aille au cinéma demain (ce n'est pas contradictoire) mais il
est contingent que j'y aille e ectivement puisque je peux librement décider de ne pas y
aller.
Tel est le cas tout au moins si existe le libre arbitre car s'il n'existe pas alors je peux
penser que le fait d'aller au cinéma est une conséquence nécessaire de l'état actuel du
monde et de ce que je suis.
Croire / Savoir
Croire: c'est être persuadé de la vérité d'une proposition sans preuve, sans
démonstration.
Savoir: c'est a rmer avec la certitude de celui qui peut avancer des preuves.
Savoir,
c'est être capable de rendre raison de ce qu'on a rme.
Exemple: La foi (croyance en une proposition qui n'est ni évidente ni démontrable) est un
cas particulier de croyance.
On peut en e et croire en une proposition dont certes on
ignore la démonstration mais qui, néanmoins, est démontrable.
Essentiel / Accidentel
Essentiel : ce qui relève de l'essence c'est-à-dire de la dé nition.
Appartient à l'essence
d'une chose ce qui ne peut être ôté d'une chose sans faire disparaître en même temps la
chose.
Accidentel : on appelle accidentelle toute qualité fortuite d'un objet qu'on pourrait lui
retirer sans le modi er fondamentalement.
Exemple : il fait partie de l'essence de l'homme d'être bipède ou d'être doué de raison.
En revanche avoir les yeux bleus est un accident.
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En fait / En droit
Le fait: est ce qui est.
Le droit: est ce qui est légitime, ce qui devrait être.
Exemples : le viol est un fait mais non un droit.
Vérité de fait : vérité qui dépend d'un événement.
Par exemple, Balzac est mort en 1850.
Vérité de droit : vérité qui ne dépend pas des évènements.
Exemple : 2 + 2 = 4
Formel / Matériel
En logique on distingue la vérité formelle de la vérité matérielle.
Vérité formelle : la logique formelle étudie les relations entre les propositions
indépendamment du contenu (ou de la matière) de ces propositions.
Si un raisonnement
est cohérent, sans contradiction, il sera vrai formellement.
Mais pour qu'il soit vrai matériellement il faudra en plus que son contenu corresponde,
soit adéquat à une réalité.
Exemple: Chez Aristote, la matière est ce en quoi les choses sont faites (par exemple, la
statue est faite en marbre ; le marbre est donc matière de la statue) mais pour que les
choses soient e ectivement il faut que la matière reçoive une forme (ici la con guration
extérieure de la statue).
Genre / Espèce / Individu
Genre : catégorie de réalités ou d'idées que leurs caractéristiques communes
essentielles autorisent à regrouper sous la même dénomination générale.
En biologie,
ensemble d'individus de la même famille biologique que l'on peut subdiviser en autant
d'espèces qu'il y a de sous-groupes distincts.
Un genre est donc une catégorie générale,
une classe.
Espèce : en biologie, ensemble d'individus possédant des caractères propres
transmissibles héréditairement.
Des individus d'espèces di érentes ne peuvent, en
principe, procéder à des croisements du moins durables.
Individu : membres de l'espèce, tous di érents, mais dont les di érences restent
accidentelles alors que ce qu'ils ont essentiellement en commun les font membres de la
même espèce.
Exemples : on parle de genre animal, d'espèce humaine.
Pierre Dupond, lui, est un
individu.
Idéal / Réel
Idéal : ce qui n'existe qu'à titre d'idée, que dans et par la pensée.
Réel : ce qui est par opposition à l'apparence.
Mais exister à titre d'idée est, d'une certaine....
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